« Le Tour du monde en 80 jours » : Comment Léonie Benesch vibre pour le personnage d’Abigail Fix ?

CREATION La série « Le Tour du monde en 80 jours », diffusée sur France 2, met en scène un personnage qui n’existe pas dans le roman, Abigail Fix

Anne Demoulin
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Leonie Benesch incarne Miss Abigail “Fix” Fortescue dans « Le Tour du monde en 80 jours ».
Leonie Benesch incarne Miss Abigail “Fix” Fortescue dans « Le Tour du monde en 80 jours ». — Tudor Cucu/ Slim 80 Days / Federation Entertainment / Peu Communications / ZDF / Be-Films / RTBF / FTV
  • La série événement Le Tour du monde en 80 jours est disponible en intégralité sur France.tv.
  • Cette adaptation libre du roman de Jules Verne met en scène un personnage féminin qui n’existe pas tout à fait dans l’œuvre d’origine.
  • A Canneseries, Léonie Benesch raconte à quel point jouer ce personnage lui tenait à cœur.

Elle était aussi nerveuse pour ce tournage que son personnage est intrépide ! Dans la série Le Tour du monde en 80 jours, diffusée sur France 2 et disponible sur   France.tv, Leonie Benesch incarne un personnage qui n’existe pas vraiment dans le chef-d’œuvre de Jules Verne. L’actrice allemande, qui vit au Royaume-Uni, est juste parfaite dans le rôle d’Abigail Fix, la journaliste suit et couvre les aventures de Phileas Fogg (  David Tennant) et de Jean Passepartout (Ibrahim Koma) autour du globe.

Pour créer la figure du détective Fix dans son roman, Jules Verne s’est visiblement inspiré, sur un ton léger, du Javert des Misérables. Dans son roman, Fix est un détective anglais qui va poursuivre Phileas Fogg dans tous les pays qu’il traverse, croyant qu’il est l’auteur d’un vol de banque.

« Nous voulions un personnage féminin fort »

Dans la série de France 2, pas de détective Fix, mais une journaliste, qui se trouve être la fille d’un des amis du club que fréquente Phileas Fogg. « Abigail Fix est notre invention. Nous voulions un personnage féminin fort. En tant que reporter, elle représente un peu le public. Quand Phileas Fogg est malpoli avec ses hôtes en Inde, elle le remet en place et lui rappelle les bonnes manières. Mettre en avant son féminisme nous sert, à la fois en tant que thème, mais aussi pour apporter de l’humour comme lorsqu’elle balance "une femme a autant besoin d’un homme qu’un poisson d’une bicyclette" », raconte à son sujet Ashley Pharoah, le scénariste et co-créateur de la série, que 20 Minutes a rencontré au festival CanneSeries.

Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Léonie Benesch ne l’a jamais lu. « A cause d’Abigail Fix ! Je sais qui était le personnage à l’origine, mais je ne l’ai pas lu parce qu’il y avait tellement d’autres choses que je voulais régler et j’étais assez terrifiée. Je voulais vraiment utiliser le scénario comme base pour construire le personnage. Je ne voulais pas avoir d’autre modèle. Mais je vais le lire, un de mes amis me l’a offert », raconte de son côté Léonie Benesch.

« Chaque fois que je commençais à y penser, j’avais envie de vomir »

L’actrice, que l’on a pu voir dans les rôles de Greta Overbeck dans Babylon Berlin sur Canal+ et de Cécile de Grèce dans The Crown sur Netflix, confie avoir ardemment désiré ce rôle : « Mais c’était le genre de rôle que je voulais tellement qu’à la fin du long processus d’audition, chaque fois que je commençais à y penser, j’avais envie de vomir. »

Si le rôle d’Abigail Fix lui tient tellement à cœur, c’est parce que la nouvelle héroïne du Tour du monde en 80 jours lui rappelle celles de son enfance. « Elle est exactement comme les personnages que j’admirais durant mon enfance en Allemagne. Je ne sais pas si vous connaissez l’autrice suédoise Astrid Lindgren, mais Fifi Brindacier et Ronya, fille de brigand étaient mes héroïnes, et Abigail Fix est la combinaison parfaite de ses filles. Abigail Fix s’inscrit dans la lignée de ces personnages de femmes fortes. Alors, oui, je voulais la jouer avec toutes les fibres de mon corps », détaille-t-elle.

« Je suis un peu jalouse de son assurance »

L’actrice apprécie notamment son intrépidité. « Je suis un peu jalouse de l’assurance avec laquelle elle se mêle à toutes les conversations. J’adore ça, même si c’est très agaçant, mais j’adore ça parce que je ne fais pas ça. J’ai tendance à m’asseoir et à écouter, si je ne connais pas un sujet, je ne dis rien, alors qu’elle se lance quand même, et je l’aime comme ça », déclare Leonie Benesch.

Abigail Fix est une sorte de Tintin au féminin, qui vibre sur le terrain de ses reportages avec beaucoup plus d’entrain. « Elle est têtue, elle y va, n’est-ce pas ? , s’amuse son interprète. Et elle découvre ce qui s’est passé et elle écrit son reportage… C’est probablement éloigné de la réalité du journalisme. » Si Leonie Benesch ne partage pas l’intrépidité de son personnage, nul doute qu’elle lui a communiqué son enthousiasme, avec lequel on se trouve immédiatement en empathie.