« Nona et ses filles » : « Je joue une femme de 70 ans qui tombe enceinte », s’amuse Miou-Miou

INTERVIEW Dans « Nona et ses filles », minisérie mise en ligne ce jeudi sur Arte.tv, Miou-Miou joue une militante féministe de 70 ans qui tombe soudainement enceinte

Propos recueillis par Anne Demoulin
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Miou-Miou dans la série «Nona et ses filles».
Miou-Miou dans la série «Nona et ses filles». — Manuel Moutier

Une fable lunaire, drôle et tendre ! Dans Nona et ses filles, minisérie créée par Valérie Donzelli et mise en ligne ce jeudi sur Arte.tv, Miou-Miou campe Nona, une septuagénaire qui vit sa vie à plein tube au cœur de la Goutte d’Or, entre le planning familial qu’elle gère et son amoureux André (Michel Vuillermoz).

Alors qu’elle s’apprête à célébrer les 44 ans de ses triplées Gabrielle (Clotilde Hesme), Emmanuelle (Virginie Ledoyen) et George (Valérie Donzelli), elle apprend qu’elle est enceinte à 70 ans ! Rencontre à Séries Mania avec Miou-Miou, qui campe cette attachante militante féministe.

A part une apparition dans un épisode de « l’Art du crime », il s’agit de votre première série. Est-ce différent que lorsqu’on tourne un film ?

Non, c’est comme une longue histoire ! Je me suis rendu compte que c’était une série en la voyant. Sur le tournage, on ne s’en rend pas du tout compte.

Comment avez-vous réagi quand Valérie Donzelli vous a pitché la folle histoire de Nona et ses filles, et vous a dit que vous alliez jouer le rôle d’une femme de 70 ans, enceinte ?

J’ai beaucoup aimé, parce que dès le premier épisode, la situation est posée clairement. Je joue une femme de 70 ans qui tombe enceinte, son amoureux n’est pas le géniteur alors qu’elle ne l’a jamais trompé, elle ne peut pas avorter alors que c’est son désir et on apprend qu’elle a eu des triplées il y a quarante-quatre ans. Avoir une telle situation irrationnelle et qu’on y croit, c’est d’une force incroyable. Ce socle est juste énorme !

Comment décririez-vous la série ? Comme une fable surréaliste, un conte féministe, une comédie poétique ?

Je crois qu’on ne peut pas vraiment la définir ! C’est bon signe. Je crois que c’est un peu tout cela à la fois. Chez Valérie Donzelli, il y a une liberté énorme.

Vous incarnez Nona, une femme libre. Vous représentiez l’idée de femme libre à une époque où ce n’était pas courant. Ce rôle a-t-il écrit spécialement pour vous ?

Ce n’est pas moi, c’est la période ! J’avais 18 ans en 1968. La période et l’opportunité de faire Les Valseuses, un film qui a choqué à un point infini, de tourner La Dérobade, cette histoire d’une prostituée, ou encore de jouer une des premières femmes flic à l’écran a permis de diffuser des idées un peu moins en noir et blanc qu’avant…. Le rôle de Nona n’a pas du tout été écrit pour moi, Valérie Donzelli a même envisagé d’autres personnes. Il fallait que la rencontre se fasse !

Face à cette grossesse inattendue, Nona mène un combat pour rester indépendante…

Elle ne veut pas être sous surveillance constante, ni être épiée… Tout cela l’étouffe par rapport à sa liberté et tout ce qu’elle a toujours prôné. Là, cette surveillance non-stop, prendre sa tension, craindre pour sa vie, etc. Ça la gave. C’est un peu ambigu, parce qu’elle est aussi contente de voir ses filles.

Nona et ses filles parle de filiation…

Cela parle de ce qu’on en fait, de comment on fait par rapport à la filiation. Elles sont intéressantes, ses filles, parce qu’elles ont des métiers très différents : une sexologue, une intello et une mère de famille… Quelque chose de très défini et ça commence à se mélanger, à se fluidifier, à se changer de case. C’est très intéressant de voir ces êtres humains se déplacer et chercher leur place.

Cela parle aussi de la maternité…

Cela parle du choix. La série parle de l’état d’être enceinte, mais pas trop de donner la vie.

Un mot sur le couple que vous formez à l’écran avec Michel Vuillermoz ?

Merveilleux ! C’est du jamais vu. Cela fait très peur aux décideurs qui doivent trouver cela dégueulasse de voir un couple de 70 ans, s’aimer comme cela, batifoler au lit, s’amuser et s’aimer autant charnellement ! J’ai trouvé cela passionnant. C’était léger !