« Invasion » : La série d'Apple TV+ ne veut pas être une invasion extraterrestre comme les autres

SCIENCE-FICTION Lancée vendredi sur Apple TV+, la série « Invasion » suit une mystérieuse invasion extraterrestre du point de vue de plusieurs personnages dans le monde

Vincent Julé
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Dans « Invasion » sur Apple TV+, Sam Neill n'est pas confronté à des dinos mais des aliens
Dans « Invasion » sur Apple TV+, Sam Neill n'est pas confronté à des dinos mais des aliens — Apple TV+
  • La série de science-fiction Invasion débute sa diffusion vendredi sur Apple TV + avec trois épisodes d’un coup, puis un par semaine.
  • Une histoire d’invasion extraterrestre non pas racontée du point de vue américain ou militaire, mais à travers différents personnages, aux quatre coins du monde.
  • Le scénariste David Weil explique à 20 Minutes qu’il voulait adapter La Guerre de mondes de H.G. Wells, avant de créer sa propre histoire avec Simon Kinberg

La télé et le cinéma adorent les histoires d’invasion ou de contact extraterrestre, de V à Independence Day en passant par Mars Attacks ! ou La Soupe aux choux. Preuve supplémentaire et récente :  les deux adaptations en séries du classique La Guerre des mondes de H. G. Wells, après la version radio d’Orson Wells et le film de Steven Spielberg. Or, une troisième série a failli voir le jour. C’était la volonté du jeune scénariste américain David Weil ( Hunters, Solos), avant qu’il ne croise la route de l’auteur, réalisateur et producteur Simon Kinberg (X-Men) et qu’ils joignent leurs forces pour créer leur propre série, sobrement intitulée Invasion et disponible vendredi sur Apple TV+ avec les trois premiers épisodes, puis un épisode par semaine.

Une histoire globale, aux quatre coins du monde

« D’habitude, ce genre de récit SF épouse un seul point de vue, souvent occidental, explique le co-créateur David Weil. Or, nous avons voulu raconter une histoire globale, aux quatre coins du monde. » La série passe ainsi d’une astronaute japonaise, à une famille syrienne à New York, en passant par un militaire en mission en Afghanistan ou un shérif en préretraite dans l’Oklahoma. « C’était un vrai challenge d’avoir cinq personnages principaux, de leur donner le temps d’être les héros et héroïnes de leurs propres histoires, commente David Weil. J’avais l’impression d’écrire cinq pilotes de série différents. Mais, comme dans Game of Thrones, ils sont amenés à se rencontrer. » La série se permet même d’introduire de nouveaux et importants personnages au deuxième épisode, ou de se débarrasser d’autres. « Nous voulions déjouer les codes du genre et les attentes du public. »

Comment créer des « aliens » originaux ?

Une approche qui vaut également pour les vaisseaux spatiaux et les aliens eux-mêmes, qui accusent depuis plusieurs années et films une esthétique de plus en plus générique. « C’est en effet difficile de créer quelque chose de nouveau, cela nous a pris, avec les équipes créatives et des effets spéciaux, plus d’un an. Nous sommes partis de nos cauchemars d’enfants mais aussi d’adultes, détaille le scénariste. Puis, nous nous sommes interrogés : Qui sont-ils ? Que font-ils ? Comment communiquent-ils ? Ont-ils des familles ? Aiment-ils ? Ces questions ont nourri leur identité, ainsi que leur esthétique. Même si je dois avouer que nous avons privilégié l’effet Dents de la mer. A savoir que moins on les voit, plus ils font peur. »

Une métaphore de la condition humaine

A l’écran, Invasion ne révolutionne pas non plus les guerres des mondes, mais elle a le temps (10 épisodes) et l’argent (200 millions de dollars de budget) pour poser son univers, explorer des chemins de traverse, travailler les mystères, voire les frustrations, et faire de cette « invasion » une métaphore de la condition humaine. « Nous pouvons tous et tous nous sentir "aliens", étrangers, d’une certaine manière. Par rapport à notre famille, notre pays, la société », réfléchit David Weil. Vous lancerez Invasion pour les vaisseaux géants et aliens belliqueux, mais resterez pour les personnages, rien que les personnages.