« J’ai menti » sur France 2 : Camille Lou sur les traces d’un tueur en série

POLAR Dans « J’ai menti », mini-série en six épisodes lancée ce mercredi soir sur France 2, Camille Lou campe Audrey, la rescapée d’un serial killer, à deux époques de sa vie

Anne Demoulin
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Camille Lou campe Audrey dans « J'ai menti ».
Camille Lou campe Audrey dans « J'ai menti ». — Thierry Langro - FTV
  • Camille Lou est l’héroïne de J’ai menti, un polar en six épisodes, diffusé à partir de ce mercredi à 21h05 sur France 2.
  • Dans cette mini-série, elle incarne Audrey, une jeune femme de 19 ans agressée par un serial killer.
  • Elle joue aussi Audrey seize ans après l’agression, devenue une femme en quête de rédemption parce qu’elle a menti.

Un polar qui nous balade adroitement entre deux époques ! Dans J’ai menti, minisérie en six épisodes de 52 minutes réalisée par Frédéric Berthe et diffusée dès ce mercredi à 21h05 sur France 2, Camille Lou campe Audrey Barreyre à deux moments de sa vie. D’abord, lorsque, en 2003, âgée de 19 ans, elle échappe à un tueur en série ; puis, seize ans plus tard, lorsque, à 35 ans, elle part sur les traces de son agresseur.

« J’aimais l’idée d’une double temporalité. Je voulais absolument trouver une comédienne qui fasse les deux. La transformation, cela va avec le mensonge, les masques, etc. , lance la productrice Karine Evrard que 20 Minutes a rencontré au Festival de la Fiction TV de La Rochelle. La difficulté était de marquer ces deux époques qui ne sont pas si différentes visuellement. »

Camille Lou « hyperempathique »

« Camille Lou était l’une des rares actrices qui pouvait incarner Audrey à deux périodes de sa vie. Quand elle a accepté, c’était un gros soulagement », confie Bénédicte Charles, qui a créé la série avec Olivier Pouponneau.

« J’ai commencé à lire le scénario et je n’ai pas pu m’arrêter, on entre dans le vif du sujet tout de suite avec l’agression », se réjouit Camille Lou. « Quand elle joue Audrey à 19 ans, elle a ce corps d’une adolescente qui ne sait pas quoi faire de ses bras, qui est un peu embarrassée par ses jambes, etc. Quand elle a 35 ans, elle est plus posée, plus sûre d’elle », salue la productrice.

« Je suis hyperempathique. J’enfile un costume, une perruque et je me dis que je suis une adolescente. Je me rappelle de choses que j’ai vécu, de moments où je n’avais pas du tout confiance en moi mais où j’avais trop envie de donner le change… Et c’est instantané », raconte la comédienne. Traverser les époques avec son personnage n’est pas une première pour cette dernière. Dans Je te promets, le remake français de This is Us, diffusé en début d’année sur TF1, elle campe une femme à plusieurs âges de sa vie.

« Faire quelque chose sur un serial killer qui s’arrête de tuer »

L’intrigue de J’ai menti commence donc en 2003. Le petit copain d’Audrey incite la jeune femme à s’introduire par effraction dans une luxueuse villa de la côte basque. Un incendie interrompt leur virée. Dans la confusion, Audrey embarque un collier de valeur et se retrouve seule dans la lande. Un inconnu tente de la tuer mais Audrey parvient à s’enfuir.

« Au départ, [pour construire le personnage], on a pensé à Elisabeth Ortega, la seule rescapée de Guy Georges. Au moment du procès, elle a exprimé cette culpabilité que ressentent les rescapés. Mais Elisabeth Ortega n’a jamais menti. On a ajouté un vrai sentiment de culpabilité [à la protagoniste de la fiction]. Notre héroïne a de quoi se sentir coupable parce qu’elle n’a pas tout dit sur ce qui s’est passé cette nuit-là », avance Bénédicte Charles. « Avec le mensonge, la victime devient coupable », abonde Camille Lou.

Afin de protéger son petit copain, Audrey ment donc aux enquêteurs, notamment au commandant Joseph Layrac (Thierry Neuvic), persuadé que la jeune rescapée est celle qui pourra le mener vers Itsas, le tueur en série qui sévit dans la région. « « J’ai abordé Audrey comme une jeune fille pas méchante du tout, qui a été au mauvais endroit au mauvais moment, puis s’est retrouvée à mentir et à se noyer complètement sans que personne ne lui tende la main », décrit Camille Lou.

« Une femme rongée par la culpabilité »

En 2019, Audrey vit à Paris, désormais avocate, mariée et maman. « A 35 ans, elle est rongée par la culpabilité, elle est dans une très jolie histoire avec son mari qui l’aide beaucoup grâce à son humour, mais elle est dans le mensonge : il ne sait absolument pas qui elle est et il va le découvrir », détaille Bénédicte Charles.

Elle est ramenée à son passé lorsqu’elle découvre que le cadavre de Maialen, 17 ans, vient d’être retrouvé près de Biarritz avec, à son cou, le collier de valeur qu’Audrey a perdu seize ans plus tôt. « On voulait faire quelque chose sur un serial killer qui s’arrête de tuer. Normalement, un tueur en série cesse quand il se fait arrêter ou quand il meurt. Là, on ne sait pas pourquoi », poursuit la scénariste.

J’ai menti mélange les codes du polar, du slasher, mais aussi ceux du thriller psychologique. « Son mensonge a eu des conséquences funestes. Audrey va enfin pouvoir se reconstruire en retournant là-bas. C’est une histoire de rédemption » , conclut Camille Lou.