« Fugueuse », la série choc de TF1 sur la prostitution des ados qui va empêcher les parents de dormir

COUP DE POING « Fugueuse », ce jeudi à 21h05 sur TF1, suit la descente aux enfers d’une adolescente sans histoires

Anne Demoulin
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Sylvie Testud, Romane Jolly et Michaël Youn sont les vedettes de la minisérie « Fugueuse ».
Sylvie Testud, Romane Jolly et Michaël Youn sont les vedettes de la minisérie « Fugueuse ». — GILLES GUSTINE/VEMA PRODUCTION/TF1
  • Sylvie Testud, Romane Jolly et Michaël Youn sont à l’affiche de la minisérie Fugueuse ce jeudi à 21h05 sur TF1.
  • Fugueuse suit Léa, une adolescente de 16 ans sans histoires va tomber dans la prostitution sous l’emprise d’un homme plus âgé.
  • « Une histoire nécessaire », selon Michaël Youn, qui joue le père de Léa.

Un pari audacieux sur un thème casse-gueule ! Fugueuse, diffusée ce jeudi à 21h05 sur TF1, minisérie en six épisodes, adaptée du téléroman canadien éponyme à succès en vingt épisodes, raconte la descente aux enfers de Léa (la révélation Romane Jolly). Cette adolescente de 16 ans sans histoires va tomber dans la prostitution sous l’emprise d’un homme plus âgé. « Il faut de l’audace pour faire cela. C’est qu’en même assez dingue de se dire que la question de la prostitution adolescente va être posée sur TF1, première chaîne française, en prime time. Je suis moi-même surpris », salue Michaël Youn, qui joue le père de Léa, que 20 Minutes a rencontré lors du dernier Festival de la Fiction TV de La Rochelle. Pourquoi Fugueuse va filer des insomnies à de nombreux parents ?

« C’est très difficile de ne pas être touché, que l’on soit parents, ados, enfants ou grand-mère par cette histoire et la façon dont elle est racontée », estime le comédien. Au début de la minisérie, Léa apparaît comme une jeune fille studieuse, passionnée par la danse, entourée par des parents (Sylvie Testud et Michaël Youn) et une grand-mère (Fanny Cottençon) attentifs et aimants. « Cela peut arriver à n’importe qui, à n’importe quelle famille. J’aimais l’idée que ce soit une famille normale, avec de l’amour, du dialogue, mais aussi une famille avec des non-dits, de la colère, des points d’achoppements », commente Michaël Youn.

« Léa se prostitue sur des sites d’escorte qui ne vérifient pas l’âge »

Au travers le parcours de Léa, la série s’intéresse aux thèmes classiques du malaise adolescent et de la difficulté de communiquer avec les parents, mais remis au goût du jour. La série aborde ainsi la question de l’accès facile aux images pornographiques et le rôle dévastateur des réseaux sociaux. Michaël Youn, père de famille à la ville comme à l’écran s’inquiète comme de nombreux parents : « Je surveille beaucoup mes enfants et les écrans. Je me suis rendu compte que ma fille de 10 ans est à trois clics de regarder du porno sans le faire exprès. Qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Dans Fugueuse, la vie Léa tourne au cauchemar lorsqu’elle rencontre Nico (Willy Cartier), un rappeur plus âgé dont elle tombe follement amoureuse. Ne réalisant pas la manipulation dont elle victime, elle va s’enfoncer dans la prostitution à peine quatre mois plus tard. Une histoire qui rappelle celle de ce  gang bruxellois, soupçonnés d’avoir « acheté » et prostitué une adolescente française de 16 ans, qui aurait été vendue pour la somme de 2000 euros par son propre petit ami, Parmi les suspects figuraient deux rappeurs de la scène bruxelloise, Le You et Aze2dine.

« Avec le numérique, rien ne disparaît. Il faut assumer tout ça lorsqu’on grandit »

Comment cette jeune fille bien sous tous rapports peut-elle sombrer ainsi ? « Il y a de plus en plus de jeunes femmes, qui vendent leurs photos de nudes sur Internet, qui sont rémunérées au clic. Il n’y a qu’un pas avant la prostitution. Et avec le numérique, rien ne disparaît. Il faut assumer tout ça lorsqu’on grandit », souligne l’acteur. Et de déplorer : « On ne s’en rend pas compte, c’est devenu tellement facile et simple. Il n’y a plus de problème de morale avec cela. »

« Léa se prostitue sur des sites d’escorte qui ne vérifient pas l’âge, qui font de l’argent avec des mineurs qui vendent leurs corps ! Avant la police arrêtait les proxénètes dans la rue, aujourd’hui, comment aller chercher quelqu’un planqué à Palo Alto qui gagne des centaines de millions en ligne ? », s’interroge Michaël Youn, qui « milite vraiment pour la fin de l’anonymat » sur Internet.

« Stéphane est nourri par comment je réagirai dans cette situation »

Pour camper Stéphane, le père de famille de Fugueuse, Michaël Youn n’est pas allé chercher l’inspiration très loin. « Il y a deux façons d’aborder un personnage, soit vous le construisez, vous lui imaginez une façon de parler, une démarche, une psychologie, un entourage familial, soit, comme c’était le cas ici, vous voyez qu’il est à 25-30 cm de vous, dans ce cas-là, on le tire vers soi », explique le comédien.

Michaël Youn a beaucoup échangé avec le réalisateur Jérôme Cornuau, avec il a déjà tourné le film La Traversée, l’histoire d’un père qui recherche sa fille disparue. « Stéphane est nourri par comment je réagirai dans cette situation », relate le comédien. Dans le scénario, il était initialement prévu que les parents allaient chercher leur fille dans un bordel à Bruxelles armés d’une bombe lacrymogène, dans la série, un fusil : « J’ai dit à Jérôme “Moi, si ma fille disparaît, je vais la chercher à Bruxelles avec un fusil de chasse pas une bombe lacrymo” », se souvient Michaël Youn.

Les deux premiers épisodes de Fugueuse sont diffusés ce jeudi dans le cadre d’une soirée spéciale présentée par Harry Roselmack, et seront suivis à 23h10 d’un documentaire inédit intitulé Prostitution : ados en danger. « J’aimerais que cette série suscite une prise de conscience », espère Michaël Youn, notamment « chez les jeunes. Cette série ne va pas changer le monde, mais elle ouvre un dialogue ». Et de conclure : « C’est rare que je sois aussi content d’avoir participé à un projet. Je suis très fier d’en parler. C’est une histoire nécessaire. »