« Je l’aime à mentir » sur M6 : « Je cherchais un rôle pour revenir à mes premières amours, la comédie », confie Julie de Bona

INTERVIEW Dans la comédie romantique « Je l'aime à mentir » ce mardi sur M6, Julie de Bona campe la pétulante Zoé

Propos recueillis par Anne Demoulin
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Julie de Bona et Samir Boitard dans « Je l'aime à mentir ».
Julie de Bona et Samir Boitard dans « Je l'aime à mentir ». — Natacha GONZALEZ/Scarlett prod/M6
  • Julie de Bona est l’héroïne de Je l’aime à mentir, minisérie en deux volets diffusée ce mardi.
  • A cette occasion, la star nous parle de son « coup de coeur » pour Zoé, son personnage.
  • L'actrice évoque également son amour pour les comédies romantiques. 

Après de nombreuses fictions dramatiques (Plan B, Le Bazar de la charité, ou Apprendre à t'aimer), Julie de Bona revient dans une comédie romantique, un genre dans lequel elle évolue comme un poisson dans l’eau. Dans Je l’aime à mentir, minisérie en deux parties diffusées ce mardi à 21h05, l’actrice incarne la pétulante Zoé, qui rencontre via une application l’homme de sa vie, Robinson (Samir Boitard), papa de deux enfants en bas âge.

Leur idylle dure quelques heures, avant que Robinson ne sombre dans le coma à la suite d’une crise d’épilepsie. A l’hôpital, la déjantée Zoé prétend être sa petite amie et se retrouve à prendre en charge les deux enfants d’un homme qu’elle connaît à peine. Que se passera-t-il au réveil de Robinson ? Rencontre Julie de Bona, qui pétille dans cette comédie romantique rafraîchissante.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet de « Je l’aime à mentir » ?

Je cherchais un rôle pour revenir à mes premières amours, la comédie. C’est assez rare d’avoir une bonne comédie, bien rythmée, intéressante et originale ! J’ai eu un coup de cœur pour le personnage et pour cette histoire inattendue, originale et un peu cocasse. Ces derniers temps, j’ai fait beaucoup de drames et c’est exactement ce que je voulais faire pour changer de registre, m’amuser et m’alléger le cœur !

La comédie romantique se fait rare sur les écrans, pourquoi selon vous ?

Je crois que c’est très dur à écrire ! C’est un travail minutieux sur le timing et la structure du scénario. Dans les comédies romantiques, il y a des codes et il faut trouver des ressorts pour surprendre le spectateur. Ces codes sont des obstacles, ce qui fait qu’on tourne parfois en rond. Le fait que dans Je l’aime à mentir, le protagoniste soit dans le coma la majorité du temps, je trouvais cela original. C’était osé, pas du tout attendu.

Comment décririez-vous Zoé ?

Cette fille, c’est un bonbon acidulé. C’est la meilleure amie qu’on rêve d’avoir parce qu’elle embellit le quotidien, dédramatise et a le pouvoir magique de rendre les gens heureux, joyeux. On ne s’ennuie pas avec elle, elle tue l’ennui pour le rendre merveilleux.

Zoé a quelque chose d’enfantin…

Zoé est extraordinaire parce qu’avec elle rien n’est grave et la vie est un terrain de jeu. Avec elle, c’est le monde du merveilleux, de la fantaisie. Elle rend le quotidien drôle et fantasque. Zoé est une « adulescente ». Elle n’a pas le sens des responsabilités, ni celui de l’engagement. Elle approche de la quarantaine et se dit qu’il va falloir qu’elle grandisse et qu’elle construise une histoire. Elle m’a séduite parce qu’on a tous ce fantasme que la vie soit un terrain de jeu, que rien ne soit grave. Elle est légère et inspirante, on a envie d’être sa meilleure amie.

Zoé a aussi un look bien à elle…

Là encore, c’est un jeu. Elle met ce qu’elle veut, comme une chemise à fleurs et un gros pull coloré, son manteau qui vient de la fripe, qu’elle ne lâche pas… Il y a quelque chose de l’enfance et du déguisement. Elle n’a pas lâché cela.

Zoé a été abandonnée par son père et tombe éperdument amoureuse d’un papa célibataire…

J’ai construit tout mon personnage là-dessus ! Certains me disent qu’elle est érotomane, pour moi, il s’agit d’une vraie histoire d’amour. L’abandon de son papa, à l’âge de 7 ans, fait qu’elle est bloquée dans l’enfance. Elle attend toujours qu’il revienne et reste joyeuse, enfantine. C’est son mode de survie. Quand elle rencontre cet homme, qui s’est fait abandonner par sa femme et qui n’a pas lâché ses responsabilités et est resté auprès de ses deux enfants, pour elle, cela comble quelque chose de très fort. L’homme de sa vie, c’est lui. C’est très sincère ! Pour elle qui a peur que le mec parte, tomber amoureuse d’un mec qui tombe dans le coma, c’est génial. Il ne va pas partir et cela la rassure.

Et Robinson, pourquoi tombe-t-il sous le charme de Zoé ?

Il a besoin de légèreté, de quelqu’un qui ramène de la fantaisie dans sa vie, parce qu’il est trop sérieux.

On sent une belle alchimie entre vous et Samir Boitard, que vous retrouvez après « Le Secret d’Elise »…

La rencontre entre Zoé et Robinson est rapide, il fallait que cela sonne comme une évidence. Ce n’était pas facile ! Avec Samir, on s’entend très bien, on est potes dans la vie. C’est la troisième fois qu’on tourne ensemble. Cela a été assez évident entre nous.

Aviez-vous des références en matière de comédie romantique pour jouer Zoé ?

Mes actrices préférées de comédies romantiques sont Julia Robert et Cameron Diaz. Elles maîtrisent vraiment les codes et ont cette fraîcheur, cette spontanéité… Dans Le Mariage de mon meilleur ami, le personnage de Julia Roberts fait des choses atroces, et pourtant, on l’aime quand même. Je voulais essayer d’obtenir cela avec Zoé. Ses mensonges deviennent un peu glauques et pathétiques, mais il fallait qu’on l’aime quand même.

Zoé est une déçue des applis de rencontres, quel regard portez-vous sur ces technologies ?

Je n’ai pas eu l’occasion d’être célibataire dans un monde où il est difficile de se rencontrer. Heureusement, parce que je ne sais pas ce que j’aurais fait ! Il ne faut pas les négliger, continuer à se rencontrer et à « matcher ». Je ne l’ai pas éprouvé, mais je trouve cela assez cruel, parce qu’on juge très vite sur des choses très extérieures. Mais dans un bar, on juge aussi sur le physique et les premiers mots prononcés. Les applis mettent une pression, ce n’est pas facile ! Je trouve que les applis comme On va sortir, qui rassemblent des gens sur une passion commune, sont plus malines que les applis pour matcher. Les rencontres autour d’une activité me semblent plus faciles pour discuter peut-être plus spontanément.

On va prochainement vous voir sur France 2 dans le téléfilm « Mise à nu », sur une femme victime de « revenge porn »…

Après Je l’aime à mentir, j’avais envie de m’impliquer dans un sujet de société fort. C’est très grave les effets que cela crée sur l’image de soi, l’identité. C’est un réel viol de l’image. En un clic, on peut détruire la vie d’une personne. Mise à nu, c’est préventif, c’est un sujet de société dont il faut parler. La télé permet de toucher des gens qui n’auraient pas forcément entendu parler de cela, ou compris cela de cette manière.. On est tous dans l’image aujourd’hui, c’est important et utile de faire un téléfilm sur ce thème-là. On m’a appelée très en amont du tournage. On a bien bossé avec les producteurs, les réalisateurs sur le scénario. On a pu faire des propositions. Et on m’a mis un super partenaire dans le rôle du pervers narcissique, Julien Boisselier, qui a été formidable.

Dans le biopic « Service volé », prochainement sur TF1, vous aborderez un autre thème d’actualité en jouant la joueuse de tennis Isabelle Demongeot, qui a révélé avoir subi pendant neuf ans les viols de son entraîneur de l’âge de 14 à 23 ans…

J’ai enchaîné les deux projets. Là, on aborde une question beaucoup plus violente encore et d’actualité. Au même moment, la patineuse Sarah Abitbol, les gymnastes… Toutes se sont mises à parler. Isabelle de Mongeot est la première à avoir dénoncé son entraîneur. C’est une pionnière. Il faut une sacrée force parce qu’on ne prenait pas encore conscience ni de l’omerta, ni de l’emprise des entraîneurs dans le milieu du sport. C’est facile d’avoir de l’emprise sur un enfant. Il faut absolument en parler pour que les parents se rendent compte qu’il faut être vigilant quand ils confient leurs enfants à un entraîneur. Isabelle de Mongeot se bat pour cela. C’est le combat d’une femme, admirable.

Vous avez aussi retrouvé vos partenaires du « Bazar de la charité » sur le tournage des « Combattantes » prochainement sur TF1. Pouvez-vous nous dire deux mots sur cette minisérie ?

Le Bazar de la charité était tellement une belle aventure que sur le tournage, la productrice Iris Bucher, que j’adore, m’a dit qu’il fallait qu’on refasse quelque chose, mais pas une suite. L’histoire du Bazar, c’était beau, mais bouclé. Elle a eu envie de retrouver les mêmes actrices pour parler de la place de la femme dans la société à une autre époque. Audrey [Fleurot], Camille [Lou] et moi, on a foncé. La minisérie est réalisée par le même réalisateur, Alexandre Laurent. Il a aussi réalisé Le Secret d’Elise. C’est un peu une équipe famille. L’actrice Sofia Essaïdi nous a rejointes, on était hypercontentes de l’accueillir. J’adorais son travail et j’étais ravie de la rencontrer. Ils m’ont écrit un rôle de mère supérieure qui accueille des blessés pendant la Première Guerre mondiale.  « J’ai dit "ok", vous m’avez imaginée en mère supérieure. Mais pourquoi ? » (rires). Alexandre Laurent m’a dit : « Cela va t’aller trop bien, tu vas être superbe ». Dans Le Bazar, j’avais un rôle assez étonnant de grande brûlée. Dans Les Combattantes, j’ai un très beau personnage, qui va traverser de grands doutes et remettre en question sa foi en pleine guerre.