« Brand New Cherry Flavor » : La série « la moins Netflix » de Netflix a le potentiel pour vous rendre accro

VOUS AVEZ DIT BIZARRE ? Ajoutée en toute discrétion vendredi sur Netflix, la série « Brand New Cherry Flavor » est la curiosité de l'été, loin des standards de la plateforme et proche des trips « lynchiens »

Vincent Julé
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« Je ne sais pas ce que je regarde mais c'est fascinant », se diront également les spectateurs et spectatrices devant « Brand New Cherry Flavor » sur Netflix
« Je ne sais pas ce que je regarde mais c'est fascinant », se diront également les spectateurs et spectatrices devant « Brand New Cherry Flavor » sur Netflix — Sergei Bachlakov / Netflix
  • Personne n'était au courant, mais Netflix a ajouté vendredi une série iconoclaste, «autre», Brand New Cherry Flavor, qui pourrait bien jouir d'un bon bouche à oreille.
  • Si la série démarre dans le Hollywood des années 1990, le spectateur se retrouve vite perdu entre monstres et malaise, David Cronenberg et David Lynch
  • L'actrice Rosa Salazar y est épatante et hypnotique, on la suivrait partout

Alors que la fin de l’été approche (désolé), vous avez déjà terminé The White Lotus sur OCS, bingé Cruel Summer sur Prime Video comme notre collègue Fabien, tenté Disparu à jamais sur Netflix… Il vous reste donc un peu de temps pour une nouvelle série ? Mise en ligne sans fard ni trompette, la mini-série en huit épisodes Brand New Cherry Flavor est disponible depuis vendredi sur Netflix, et elle est la curiosité de l’été. Peut-être même la série « la moins Netflix » de Netflix. Explications.

Adaptée du roman éponyme de Todd Grimson, Brand New Cherry Flavor suit l’arrivée de la jeune réalisatrice Lisa Nova (Rosa Salazar) dans le Hollywood des années 1990. Son court métrage a tapé dans l’oeil du producteur Lou Burke (Eric Lange), qui veut en faire la nouvelle étoile montante du cinéma. Et la mettre dans son lit. Face à son refus, ce Weinstein en puissance lui vole son film. Lisa se tourne alors vers l’étrange gourou Boro (Catherine Keener) pour se venger, et… vomit des chatons. Ambiance.

Sur les routes mentales de David Lynch

Il ne faut pas, voire il est impossible d’en dévoiler plus, mais sachez que la série est la plus iconoclaste du catalogue Netflix, avec The OA. Ce qui explique peut-être pourquoi la plateforme ne savait pas trop quoi en faire. Le récit emprunte très vite des chemins de traverse, et invoque autant les zombies de George A. Romero que la body horror de David Cronenberg, en passant, bien sûr, par les routes mentales du David Lynch de Mulholland Drive et Lost Highway. Âmes sensibles et cartésiennes s’abstenir.

Ces références servent de repères mais pas de limites. Car Brand New Cherry Flavor verse autant dans le cinéma que dans l’occulte, lie même les deux, et rappelle ainsi un autre roman des années 1990, La Conspiration des ténèbres (Flicker en VO) de Theodore Roszak, réputé inadaptable – Darren Aronofsky s’y est cassé les dents - et inspiration pour l’épisode La Fin absolue du monde de John Carpenter dans Masters of Horror.

Nick Antosca, un futur « master of horror » ?

« Au cinéma comme à la télévision, on vit une période très intéressante pour les auteurs et réalisateurs de genre. Même s’il ne s’agit pas d’histoires originales, ils trouvent un moyen de se les réapproprier, et d’apporter une vision unique », expliquait le scénariste Nick Antosca à propos de Channel Zero, sa série précédente série adaptée des creepy pastas, et déjà à l’époque « la meilleure série horrifique que que vous ne regardez pas ». Ce commentaire vaut également pour Brand New Cherry Flavor, qu’il a co-créée avec Lenore Zion et qui abolit joyeusement les frontières en rêve et réalité, réalité et fiction.

Le risque pour le spectateur ou spectatrice de se perdre est, lui, bien réel, mais il y a le casting, en premier lieu duquel Rosa Salazar, vue dans Alita : Battle Angel et Le Labyrinthe, et épatante et hypnotique en Lisa Nova. On la suivrait n’importe où. C’est le cas de le dire.