« J’achète des fringues sur Vinted à Morgane Alvaro », confie Audrey Fleurot, l’héroïne de « HPI »

CARTON FRANÇAIS (6/7) Chaque jour de cette semaine, « 20 Minutes » revient sur les grands succès français des séries françaises qui ont jalonné l’année 2020-2021

Anne Demoulin
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Audrey Fleurot incarne Morgane Alvaro, l'héroïne de « HPI ».
Audrey Fleurot incarne Morgane Alvaro, l'héroïne de « HPI ». — MANUELLE TOUSSAINT / SEPTEMBRE PRODUCTION / TF1
  • De Lupin à HPI en passant par En thérapie, les séries françaises ont fait un tabac en 2020-2021.
  • « La dernière décennie a vu l’évolution de la "nouvelle vague française" à la télévision », estime la BBC.
  • 20 Minutes revient chaque jour de la semaine sur les grands succès français qui ont jalonnés l’année 2020-2021.
 

Une série française qui bat tous les records ! HPI, joyeuse série policière portée par Audrey Fleurot, a réalisé le meilleur lancement pour une série française depuis Dolmen en 2005. Chaque épisode des aventures de la surdouée et gouailleuse Morgane Alvaro, mère célibataire et femme de ménage devenue consultante de police et, a totalisé 11,5 millions de téléspectateurs en moyenne sur TF1. Après les succès de Kaamelott, Un Village Français, Engrenages et Le Bazar de la charité, HPI sacre Audrey Fleurot comme l’actrice la plus bankable des séries françaises. La comédienne est revenue sur sa carrière lors d’une table ronde au Festival de télévision de Monte-Carlo. Morceaux choisis.

L’année 2020-2021 a été bien chargée pour Audrey Fleurot. « J’ai eu la chance de beaucoup travailler pendant le COVID. J’ai dû tourner 300 jours sur 365. Mais, je me sens très, très, très chanceuse d’être sur des beaux projets très différents à chaque fois », lance d’emblée la comédienne. « J’ai la chance que les gens m’attendent. Du coup, j’ai réussi à décaler un peu les projets pour pouvoir tout faire. Et je suis passé d’un long-métrage, à une comédie, à un thriller, à un film de genre et là, une série d’époque. Donc en termes de panel, c’est assez exceptionnel », se réjouit-elle.

Audrey Fleurot « n’aime pas la fin » d’« Engrenages »

Celle qui a incarné Joséphine durant les huit saisons d’Engrenages n’a pas vraiment apprécié le sort réservé à l’avocate. « Je ne vais pas être très corporate mais je n’aime pas cette fin », confesse-t-elle. Et d’expliquer : « Ce qui m’a toujours attiré dans le personnage de Joséphine, c’est qu’elle ne ressemblait pas aux personnages féminins que je pouvais voir à la télé. C’est un personnage féminin avec des caractéristiques plutôt masculines, en tout cas, à l’époque, il y a quinze ans. »

L’actrice n’a pas aimé qu’elle finisse par tomber dans les bras de maître Éric Edelman. « Quelque chose d’aussi normatif qu’une histoire d’amour avec ce mec, qu’elle à côté d’elle depuis tellement longtemps. Je trouve cela un petit peu déceptif. Je ne suis absolument pas censé vous le dire… » Audrey Fleurot aurait préféré que Joséphine passe du « côté obscur ».

« J’aurais préféré qu’elle quitte le barreau et qu’elle devienne la reine des mafieuses. En tout cas, je trouve que c’était plus dans l’ADN de la série qu’elle bascule de l’autre côté, vu qu’elle a toujours eu cette tendance, un peu borderline, et qu’elle aura été jusqu’au bout d’essayer de défendre la veuve et l’orphelin et face à tant d’échecs, j’aurais trouvé ça assez fort qu’elle rende la robe. » Et de relativiser : « Quand vous faites partie d’une série chorale, vous faites partie d’une grande histoire. Il y a forcément des déceptions »

Audrey Fleurot avait « peur comme jamais » pour « HPI »

Audrey Fleurot s’est énormément investie dans HPI. « Quand j’ai lu le scénario de HPI, qui était très loin du résultat final parce que ce n’était pas une comédie, le personnage m’est resté en tête longtemps. Et je me suis dit : "Elle reste quand même dans un coin de ma tête, donc cela veut dire quelque chose." Je sentais que le ton n’était pas le bon et qu’à partir du moment où on aurait trouvé le ton, il se passerait quelque chose », explique-t-elle. L’actrice a mis tellement d’elle-même dans Morgane Alvaro qu’elle s’est dit : « Si le personnage ne rencontre pas son public, c’est dur... C’est dur professionnellement et même humainement. J’avais peur comme jamais ! »

L’immense succès de la série l’a surprise. « Je ne pouvais pas du tout imaginer ce succès », raconte-t-elle. A l’avenir, la comédienne espère « qu’on gagne évidemment un peu en liberté de ton, en insolence. » Audrey Fleurot n’est pas contre l’idée de voir davantage Morgane Alvaro dans sa vie quotidienne : « Moi, c’est mon goût personnel, mais nous sommes sur la case du policier sur TF1. J’avais même envisagé de faire un épisode par soir, avec un peu plus de temps, pour développer. Mais, là, je n’ai plus la main, cela me dépasse. On va essayer de continuer comme cela et on verra. Si cela continue à marcher, on gagnera en liberté. »

« Je lui suis très attachée parce que c’est le personnage qui est le plus proche de moi », confie-t-elle au sujet de Morgane Alvaro. « Je vis quand même toujours un peu avec elle dans un coin de ma tête, je lui achète des fringues sur Vinted. Je prends des notes. J’y suis plus attachée parce que je suis à un niveau d’investissement dans le processus qui est plus important. Ce dont je suis le plus fière et qui me touche, c’est que cela marche auprès des enfants, auprès de gens qui n’allaient pas vers ce genre de série ou même pas vers TF1. Après, c’est compliqué de satisfaire tout ce panel et on se retrouve avec une responsabilité. »

Audrey Fleurot « a retrouvé l’ambiance de la série » sur « Kaamelott »

Audrey Fleurot est actuellement à l’affiche du premier volet de la trilogie cinématographique Kaamelott. « J’ai totalement retrouvé l’ambiance de la série. On te donne le texte au maquillage comme à la grande époque. Le processus de fabrication est exactement le même, avec ce côté troupe de théâtre, on improvise un peu, de façon spontanée et à l’arrache. L’énergie est vraiment la même avec beaucoup plus de moyens donc c’est assez drôle », raconte-t-elle à propos du tournage.

« J’avais en tout et pour tout deux jours de libre », explique-t-elle. L’actrice fait donc une brève apparition et n’était même pas certaine de ne pas être coupée au montage. Avant la sortie du film, « j’ai même envoyé un petit texto à Alex [Alexandre Astier] pour lui demander : "Tu me confirmes que je suis dans le film parce que les gens m’en parlent. Je ne voudrais pas découvrir à la dernière minute que j’ai été coupée, c’est quand même toujours un peu gênant." Il m’a dit : "Non, non, pas du tout !". »

Audrey Fleurot raffole du genre « grand drame historique »

Après Le Bazar de la Charité, l’actrice sera la vedette d’un autre drame historique sur TF1, Les Combattantes.  « Ce qui m’a beaucoup plu, c’est que cela se passe pendant la guerre de 14-18, et c’est du point de vue des femmes », explique-t-elle. Et de détailler : « J’ai l’impression qu’on a beaucoup vu les hommes dans les tranchées, c’est une matière narrative qui a été beaucoup exploitée, mais essentiellement du côté masculin. Je trouve cela intéressant de voir des femmes qui se mettent à travailler à l’usine, des femmes qui se retrouvent infirmières un peu du jour au lendemain, qui allaient récupérer des hommes sur le front. Voilà, j’ai l’impression que ça, je ne l’ai pas vu. »

L’actrice raffole du genre « grand drame historique » : « Je trouve cela vraiment chouette que la télé renoue avec ce genre. Avec les costumes, on se déguise quoi. Et moi j’ai vraiment fait ce métier pour me déguiser ».

Audrey Fleurot se « réjouit de la mondialisation des séries »

L’actrice a évoqué pour 20 Minutes l’essor des séries françaises. « J’ai eu la chance d’arriver justement au moment où l’exigence a commencé à être différente. On voit bien que les acteurs de cinéma viennent de plus en plus à la télé, là où c’était totalement inconcevable il y a quinze ans. Cela vous marquait très fortement, c’était impossible pour une star de la télé d’aller faire du cinéma. J’ai bénéficié du début de l’âge d’or. J’ai eu la chance d’avoir les bons projets entre les mains et de savoir lire correctement. Mais il y a quand même une dimension de chance indéniable. »

Pour elle, « l’amélioration des séries est très liée à une mondialisation. Évidemment, les plateformes nous ont donné accès à énormément de séries des 4 coins du monde. Il y a énormément de séries, donc c’est de plus en plus compétitif et du coup, le degré d’exigence mondiale a augmenté. C’est un endroit qui génère aussi beaucoup d’argent, beaucoup d’enthousiasme, donc c’est le niveau global international des séries a monté dans tous les pays. Donc, on a juste suivi et bénéficié de ce mouvement mondial. On ne peut que se réjouir, pour une fois que la mondialisation a un intérêt, c’est peut-être celui-là ! »