« Bienvenue à Schitt’s Creek » : Pourquoi faut-il prendre le temps de s’installer à Schitt’s Creek ?

COMEDIE « Bienvenue à Schitt’s Creek », la sitcom qui a fait une razzia historique aux derniers Emmy Awards, débarque ce samedi sur Canal+

Anne Demoulin
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La famille Rose dans la sitcom « Bienvenue à Schitt's Creek ».
La famille Rose dans la sitcom « Bienvenue à Schitt's Creek ». — 2015 Not a Real Company productions INC. for CBC/POP
  • « Bienvenue à Schitt’s Creek », la sitcom qui a fait une razzia historique aux derniers Emmy Awards, débarque ce samedi sur Canal+ et myCanal.
  • Tout comme la petite bourgade fictive de Schitt’s Creek, le charme loufoque de la sitcom – combinaison gagnante de l’esprit caustique de ses personnages et d’authentique bienveillance, ne saute pas immédiatement aux yeux dès le premier épisode.
  • Pourquoi faut-il prendre le temps de s’installer à Schitt’s Creek ?

Bienvenue à Schitt’s Creek ! Longtemps passée sous les radars, il aura fallu six saisons, un bouche-à-oreille enthousiaste et une razzia historique aux derniers Emmy Awards pour que la série Bienvenue à Schitt’s Creek (Schitt’s Creek en version originale) se taille une renommée mondiale. Alors que cette pépite s’est achevée après six saisons au sommet de sa gloire en avril 2020, la sitcom canadienne débarque enfin sur les écrans français ce samedi à 17h55 sur Canal+ et en intégralité sur myCanal. Pourquoi faut-il prendre le temps de s’installer à Schitt’s Creek ?

Un point de départ trompeur

Tout comme la petite bourgade fictive de Schitt’s Creek, le charme loufoque de la sitcom – combinaison gagnante de l’esprit caustique de ses personnages et d’authentique bienveillance, ne saute pas immédiatement aux yeux dès le premier épisode.

Le point de départ de Bienvenue à Schitt’s Creek est trompeur. La série débute lorsqu’une richissime famille, les Rose, perd du jour au lendemain toute sa fortune à la suite d’une escroquerie. Ruinés, les quatre membres du clan Rose sont contraints d’aller vivre dans une petite ville, appelée Schitt’s Creek, achetée par le père pour faire une mauvaise blague au fiston en guise de cadeau d’anniversaire en 1991.

La famille de privilégiés déchus est condamnée à vivre dans ce bled dans le motel miteux du coin. L’humour de la série ne repose qu’en partie sur le choc entre ces vaniteux habitués au luxe et les habitants de la petite bourgade, pas vraiment glamour.

Oubliez la vanne crasseuse du titre. Dépassez votre première impression, celle d’une comédie lourdingue en mode parodie d’une téléréalité intitulée « la famille Kardashian chez les ploucs ». Au fil des épisodes, Schitt’s Creek dévoile ses trésors de drôlerie et son cocon de personnages profondément attachants.

Oubliez le point de départ, Schitt’s Creek raconte en réalité avec humanité comment les membres de cette famille vont redécouvrir leur humanité au contact des chaleureux habitants de Schitt’s Creek.

Des personnages terriblement attachants

Et ce, sans une once de condescendance parce que Schitt’s Creek est toujours bienveillante avec ses personnages. Au fil des saisons, le spectateur va apprendre à connaître et à aimer les Rose. Johnny (Eugene Levy), le père, l’ex-magnat des vidéoclubs, va ravaler ses ambitions et mettre à profit son expérience de businessman, pour développer le petit motel miteux. Moira (Catherine O’Hara), la mère, ancienne star de soap opera, va rester une drama queen tout en s’impliquant dans la vie de la bourgade. Alexis, it girl insipide et fille à papa égocentrique, va découvrir le sens du mot compassion perchés sur ses talons de 12 cm. David (Daniel Levy), le fils prétentieux, va apprendre à montrer ses sentiments.

Plutôt que de les enfermer dans des stéréotypes, Schitt’s Creek s’attache à faire évoluer les Rose au contact des habitants de la ville, et vice-versa. De Roland Schitt (Chris Elliott), le maire inénarrable du hameau à Stevie (Emily Hampshire), l’employée pince-sans-rire du motel, en passant par l’adorable et étrange Twyla (Sarah Levy), la serveuse de l’unique restaurant de la ville, tous les habitants de la ville ont un délicieux point commun : ils semblent imperméables à toute forme d’intolérance.

Schitt’s Creek est aussi une série phare pour la communauté LGBTQ parce qu’elle met en scène David, l’un des rares personnages pansexuels de la télévision, et présente une communauté idyllique dépourvue d’homophobie et autres préjugés.

Une histoire de famille émouvante

En son cœur, Schitt’s Creek montre surtout comment une famille désunie peut retisser des liens. Et si elle sait si bien le faire, c’est peut-être parce que cette sitcom est avant tout une histoire de famille. Daniel Levy, son créateur, tient l’un des rôles principaux, celui de David Rose, aux côtés de son père, à la ville comme à l’écran, Eugene Levy (Johnny Rose, donc), mais donne aussi la réplique à sa sœur, Sarah Levy, l’interprète de Twyla, la gérante du Tropical.

Diffusée sur la chaîne canadienne CBC et sur la chaîne américaine payante Pop à son lancement, en 2015, la série n’avait guère qu’un public d’aficionados, mais son audience a connu une hausse régulière chaque saison en raison du bouche-à-oreille boosté par une stratégie promotionnelle primée aux Webby Award consistant à inonder les médias sociaux de Gifs Schitt’s Creek. Ce n’est que lorsque Netflix a commencé à diffuser les saisons en streaming que la série a commencé à faire parler d’elle et s’est fait repérer par les Emmy Awards.

Comme les Roses qui ont eu du mal à s’acclimater à Schitt’s Creek, comme cette sitcom qui a mis du temps à se faire repérer en pleine ère de la Peak TV, il faut quelques épisodes au spectateur pour dépasser la façade faussement kitsch de Schitt’s Creek, entrer dans son univers, et succomber au charme des différentes comédies romantiques qu’elle abrite. Mais, promis, une fois que c’est fait, vous ne voudrez plus jamais partir !