« Loki » : De « Seven » à « Brazil », la série de Disney+ fourmille de clins d’œil au cinéma

REFERENCES Michael Waldron, scénariste en chef, et Kate Herron, réalisatrice de « Loki » ont dévoilé à « 20 Minutes » les films qui ont inspiré l’étrange univers de la série Marvel

Anne Demoulin

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Loki (Tom Hiddleston) et Mobius (Owen Wilson) dans la série « Loki », disponible sur Disney+.
Loki (Tom Hiddleston) et Mobius (Owen Wilson) dans la série « Loki », disponible sur Disney+. — ©Marvel Studios 2021
  • Le second épisode de la nouvelle série Loki est mis en ligne ce mercredi sur Disney+.
  • Michael Waldron, scénariste en chef, et Kate Herron, réalisatrice, ont dévoilé toutes les références qui leur ont permis de créer cet étrange et captivant nouvel univers.
  • De David Fincher à Ridley Scott en passant par Spielberg, de nombreux clins d’œil au 7e art se sont glissés dans le pilote.

Une série truffée de clins d’œil au cinéma ! Après WandaVision, Disney+ a à nouveau marqué les esprits avec sa nouvelle série Marvel Studios, Loki, portée par Tom Hiddleston et Owen Wilson. Les fans du MCU ont pu découvrir, en même temps que le Dieu de la Malice, un tout nouvel univers, celui du Tribunal des Variations Anachroniques (ou TVA, Time Variance Authority en anglais), un organisme en charge de régler les anomalies temporelles. Avant la mise en ligne du second épisode ce mercredi, Michael Waldron, le scénariste en chef de Loki et Kate Herron, la réalisatrice, ont parlé à 20 Minutes de toutes les références qui leur ont permis de créer cet étrange et captivant nouvel univers.

« Brazil » de Terry Gilliam pour la comédie décalée

Le premier épisode suit l’arrivée de Loki à la TVA, une organisation qui ne rigole pas avec la bureaucratie. L’occasion pour Tom Hiddleston de nous montrer ses talents en matière de comédie et pour la réalisatrice Kate Herron de rendre un petit hommage à un chef-d’œuvre de la comédie noire de science-fiction, Brazil de Terry Gilliam. Cette dystopie mettait en scène en 1985 un monde rétrofuturiste régi par une bureaucratie kafkaïenne, aliénante et totalitaire. « J’adore ce film et je pense que je m’en suis inspirée, raconte Kate Herron. J’aime cette sorte de rétrofuturisme, cette tournure technologique. Je me suis aussi inspirée de l’époque où je travaillais dans des bureaux sur de vieux ordinateurs qui avaient besoin d’une mise à jour. Je trouvais que c’était amusant de mettre des gens contrôlant notre destin dans une technologie qui n’a pas l’aspect le plus futuriste. »

« Metropolis » de Fritz Lang pour la science-fiction

« Metropolis, Le Guide du voyageur galactique, mais aussi le dessin animé Les Jetson… J’ai puisé dans de nombreuses références de science-fiction pour créer cette nouvelle partie du MCU », poursuit la réalisatrice. La grande citée futuriste avec ses voitures volantes qu’aperçoit Loki au travers les baies vitrées du TVA évoque le classique muet de Fritz Lang de 1927, lui-même inspiré du film de science-fiction soviétique muet de Yakov Protazanov, sorti en 1924. Une esthétique urbaine que l’on retrouve aussi dans Blade Runner de Ridley Scott en 1982, ou dans Le 5e élément de Luc Besson en 1997. Les portes du temps de la TVA sont inspirées de Dune de David Lynch, sorti en 1984. La police utilisée par les ordinateurs et le logo de la TVA a été empruntée à un autre classique de la SF, Alien de Ridley Scott sorti en 1979, et plus précisément à la société Weyland-Yutani, propriétaire du fameux vaisseau spatial USCSS.

« Seven » de David Fincher pour le côté noir

Les scènes de thriller de la série doivent beaucoup à David Fincher. « Nous avons été inspirés par de nombreux films noirs. Cela se voit dans la façon dont nous avons abordé l’éclairage. Se7en a eu une influence très forte. Il y a une petite référence à Se7en dans le deuxième épisode, sous la forme d’une petite chute d’aiguille, que les fans du film vont immédiatement repérer, j’en suis sûre », annonce Kate Herron, lors de la conférence de presse. « Oui, on a pensé à Fincher, c’est certain ! Zodiac et Le Silence des agneaux sont les deux films que nous regardions beaucoup dans la salle des auteurs », renchérit Michael Waldron. Impossible de ne pas penser à Jodie Foster et Anthony Hopkins dans le long-métrage de Jonathan Demme sorti en 1991 quand on voit les scènes d’interrogatoire entre le Dieu de la Malice et Mobius. « C’est très intéressant de voir Loki interagir avec Mobius parce que ce dernier est patient avec lui comme personne ne l’a été auparavant. Et honnêtement, cela rend Loki fou. Il a pris l’habitude d’utiliser comme une arme le fait que les gens perdent leur patience avec lui. Ils sont tous les deux différents, mais ce sont des personnages très intelligents, avec une sorte de philosophie, une âme en eux. Ils se posent les grandes questions. J’aime ces scènes entre eux deux », commente Michael Waldron.

« Catch Me If You Can » de Steven Spielberg pour la malice

« J’imaginais Loki en D.B. Cooper, aussi, je gardais ça en tête », explique Michael Waldron. Dans le premier épisode, on découvre que l’homme non identifié qui a détourné un Boeing 727 pour extorquer une tonne d’argent, appelé D.B. Cooper n’était autre que Loki qui a perdu un pari contre Thor. Tandis que Loki flirte avec l’hôtesse de l’air avant de révéler qu’il est muni d’une bombe, on ne peut s’empêcher de penser à Frank Abagnale, Jr., l’escroc campé en 2002 par Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux de Steven Spielberg.

« Defending Your Life » d’Albert Brooks pour le tragicomique

Dans le premier épisode, Loki regarde sa vie défiler devant ses yeux, et lui, la TVA et le spectateur jugeons chaque instant vécu. C’est littéralement le point de départ de Defending Your Life, la tragicomédie d’Albert Brooks de 1991 sur un individu récemment décédé dont l’existence entière est jugée dans l’au-delà. S’il peut assez bien défendre la justification et la nécessité de sa vie, il se verra accorder la chance de se réincarner, et donc un nouveau départ. Alors, Loki mérite-t-il un nouveau départ ?