« Confronting a serial killer » : Comment Sam Little, le pire tueur en série des Etats-Unis, a-t-il pu faire autant de victimes ?

DOCUMENTAIRE Diffusée à partir de ce dimanche sur Starzplay, la série de documentaires « Confronting a serial killer » revient sur le cas Samuel Little, suspecté d'avoir tué 93 femmes au cours de sa vie

Laure Beaudonnet

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L'affiche de la série de documentaires Confronting a serial killer
L'affiche de la série de documentaires Confronting a serial killer — STARZPLAY
  • Plus de 60 affaires, liées aux confessions de Samuel Little, ont pu être résolues. Ce dernier est mort en décembre 2020, après six ans de prison sur plusieurs peines à perpétuité.
  • Confronting a serial killer se penche sur le tueur en série à travers sa relation avec sa dernière victime, Jillian Lauren.

« Selon les enquêteurs, Samuel Little aurait tué plus de gens que les tueurs en série Ted Bundy, John Wayne Gacy et Jeffrey Dahmer réunis », apprend-on dès le générique introductif de Confronting a serial killer, diffusée à partir de ce dimanche sur Starzplay. Ça pose le décor. La série de documentaires réalisée par Joe Berlinger, déjà derrière Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile sur Ted Bundy, revient sur le tueur en série Samuel Little, suspecté d’avoir tué 93 femmes au cours de sa vie.

Pour situer le personnage, Samuel Little, également connu sous l’identité de Samuel McDowell, a été condamné en 2014 pour les meurtres de trois femmes à Los Angeles entre 1987 et 1989. Des traces d’ADN ont permis aux autorités de faire le rapprochement avec trois affaires non résolues. Toutes les trois avaient été battues et étranglées. Mais son voyage meurtrier est loin de s’arrêter là. A la suite de son incarcération, il a revendiqué des dizaines d’autres crimes. Une question se pose tout le long des cinq épisodes : comment a-t-il réussi à tuer autant de personnes, jetant les corps dans des poubelles, des décharges ou des aires d’autoroutes, sans jamais être attrapé par la police ?

Dans la tête d’un psychopathe

Confronting a serial killer n’épargne ni le système judiciaire américain ni la société patriarcale et misogyne. Ce que prouve le cas Samuel Little, selon la journaliste Jillian Lauren, au cœur de la série documentaire, c’est qu’aux yeux de la société américaine, certaines victimes « valent moins » que d’autres. Le tueur en série et ancien boxeur le dit clairement : il choisissait des jeunes femmes isolées, précaires, la plupart du temps des prostituées ou des droguées, que personne n’irait chercher. Et, apparemment, il a touché juste. Il a tué toute sa vie, parcourant les Etats-Unis en voiture, sans être arrêté pendant des décennies. Beaucoup de ces décès ont été classés comme des overdoses ou des morts accidentelles, même lorsque le corps portait des traces de strangulation.

Les cinq épisodes de la série s’intéressent à la dernière victime de Samuel Little : Jillian Lauren. L’autrice est prise au piège par le prisonnier. Il a accepté de se confier à elle à condition qu’elle continue de lui parler jusqu’à sa mort (en décembre 2020). Elle se lance ainsi dans une course contre la montre : retrouver le plus de victimes de Samuel Little possible avant qu’il ne soit trop tard. Un pacte d’autant plus engageant pour cette mère de famille qu’elle n’en sort pas indemne psychologiquement. Elle est vampirisée par le vieillard qui rêve d’une chose derrière ses mots doux : l’étrangler elle aussi.

Les confessions du psychopathe sont d’une violence inouïe. Chaque jour, Jillian Lauren écoute cet homme décrire une à une ses victimes, détailler son goût pour la strangulation qui remonte à l’enfance. A travers ces nombreuses discussions, la psychologie du psychopathe apparaît clairement. Samuel Little ne ressent rien, ni compassion pour ses victimes, ni remords pour les actes atroces qu’il a commis. Il décrit l’étranglement comme il décrirait un acte d’amour. Ses mots laissent entendre sa soif de possession et sa rancœur pour la gent féminine qui s’est détournée de lui au cours de sa vie. Des années après, le souvenir de ses forfaits reste vif. Il donne de nombreux détails sur les lieux, le physique des femmes, leurs prénoms parfois…

Des portraits de ses victimes

Les images de ses crimes sont si saisissantes qu’il dessine des dizaines de portraits de ses victimes pour la journaliste. Une pièce entière de sa maison est tapissée de dessins de femmes aux yeux pigmentés de sang (pour rappeler l’étranglement), comme on imagine un mur recouvert d’indices d’une enquête de police. Une façon pour elle de donner de l’importance à toutes ces femmes non identifiées et abandonnées par le système judiciaire. Ils lui permettent aussi de rechercher des proches des victimes, de retracer leur vie et de leur rendre leur dignité. Et ce travail éprouvant permet à la journaliste d’aider les forces de l’ordre à résoudre une cinquantaine d’affaires.

Pour les amateurs de true crimes, Confronting a serial killer vaut le détour. Il est rare d’entendre les confessions d’un tueur en série. A la différence d’un Ted Bundy, par exemple, Samuel Little avoue ses crimes. Mais, malgré cela, jamais la série de documentaires ne tombe dans la complaisance. Au contraire, en adoptant le point de vue de sa dernière victime, Jillian Lauren, la série dévoile toute la monstruosité du psychopathe, sa façon de penser et d’appréhender le monde.