« The Nevers » : La série de Joss Whedon met en scène des femmes opprimées mais puissantes

STEAMPUNK OCS diffuse ce lundi « The Nevers », un drame fantastique de l’ère victorienne, crée par Joss Whedon, le papa de « Buffy »

Anne Demoulin

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Ann Skelly et Laura Donnelly sont les héroïnes de « The Nevers ».
Ann Skelly et Laura Donnelly sont les héroïnes de « The Nevers ». — HBO
  • OCS diffuse ce lundi « The Nevers », un drame fantastique de l’ère victorienne, crée par Joss Whedon, le papa de « Buffy » pour HBO.
  • Cette série met en scène des femmes aux pouvoirs extraordinaires.
  • Pourquoi les fans de Buffy vont-ils s’enticher de The Nevers ?

Après The Irregulars sur Netflix ou Carnival Row sur Amazon Prime Video, un autre ambitieux drame fantastique de l’ère victorienne débarque. Les accusations de Ray Fisher sur le comportement de Joss Whedon sur le tournage de Justice League ont jeté un voile sur la sortie de The Nevers, fiction créée, réalisée et produite par Josh Whedon pour HBO, avant de quitter la série en octobre 2020 en raison d’une « fatigue physique » provoquée par des « épreuves ».

Femmes puissantes, mystères et forces occultes… Le créateur de Buffy contre les vampires semble revenir à ses premières amours avec cette série, diffusée en France ce lundi à 20h40 sur OCS City. Pourquoi les fans de Buffy vont-ils s’enticher de The Nevers ?

Des femmes dotées de capacités surhumaines comme Buffy

Dans le Londres de l’époque victorienne, certains habitants, principalement des femmes, commencent à développer d’étranges pouvoirs. On les appelle les « touchées ». « C’est comme dans la vie, on sait qu’on est entouré de femmes et qu’elles ont des superpouvoirs », s’amuse Ben Chaplin, qui incarne l’inspecteur Frank Mundi, et que 20 Minutes a rencontré lors d’une table ronde organisée par HBO.

Ces femmes « touchées » sont rejetées et sont perçues comme une menace de l’ordre établi de la bonne société. Parmi leurs principaux détracteurs, Lord Masson. « Plus il s’efforce de contrôler et de renforcer les valeurs patriarcales, plus on se rend compte qu’il cache quelque chose », explique son interprète, Pip Torrens.

Nombreuses sont celles qui trouvent refuge au sein de l’orphelinat, un foyer financé grâce à la fortune familiale de Lavinia Bidlow (Olivia Williams). « Il y a une certaine insolence dans sa relation avec Lord Masson. Ils apprécient les duels, les jeux d’épée, les débats entre eux. Vous pouvez apprendre de quelqu’un tout en étant en désaccord avec lui », analyse Olivia Williams. Son personnage énigmatique en fauteuil roulant rappelle le professeur Xavier prenant sous son aile les mutants pour en faire des X-Men, mais semble moins altruiste qu’il n’y paraît. « La série fait allusion aux tropes classiques de la science-fiction, mais elle secoue la boîte et lance des idées nouvelles et originales, commente Olivia Williams. Certains penseront peut-être aussi à Miss Havisham dans Les Grandes Espérances de Charles Dickens. »

Des femmes battantes comme Buffy

Parmi ces femmes aux capacités extraordinaires, la téméraire Amalia True (Laura Donnelly, vue dans Outlanders), « qui pourrait mourir pour la cause et tuerait pour un verre » et Penance Adair (Ann Skelly, vue dans Vikings), « génie de l’invention », gèrent l’orphelinat et protègent les « touchées » de leurs nombreux ennemis.

Des versions modernes de Buffy ? « Je n’ai jamais vu un seul épisode de Buffy ! Je devrais me sentir gênée parce que j’entends beaucoup parler de similitudes. Quand j’ai découvert mon personnage, on m’a parlé d’une version féminine de Butch Cassidy et le Kid. J’ai vu immédiatement le côté amusant de la chose », raconte Laura Donnelly. « J’ai regardé Buffy à un âge où je n’aurais pas dû ! Il y a des similitudes entre Buffy et Amalia dans le sens où toutes deux deviennent des héroïnes involontaires avec une mission sur les épaules pour une raison quelconque. Mais c’est un style différent, parce que c’est l’époque victorienne », renchérit Ann Skelly.

« Amalia est beaucoup plus extrême que moi dans tous les domaines », rit Laura Donnelly. Comme Buffy, Amalia semble avoir des prédispositions pour le combat. « J’ai dû m’entraîner pendant six semaines avant le tournage du premier épisode », raconte l’actrice. La star du show a dû se réentrainer ainsi à de multiples reprises alors que le tournage a été interrompu par la crise sanitaire. « J’adore ça, donc c’était bien », souligne l’actrice.

« Personnellement, je remercie Dieu pour mon rôle ! Penance est plus une penseuse qu’une femme d’action. Cela me préserve de toutes ces cascades folles, et cela préserve aussi mon énergie », s’amuse Ann Skelly.

Parmi les ennemis d’Amalia, Maladie (Amy Manson), une femme instable, pervertie par le pouvoir qu’elle ne comprend pas et torturée par des médecins désireux d’en trouver la source. De son refuge souterrain, elle dirige un gang et se livre à une série de meurtres. « J’ai adoré les scènes de combat avec Amy. Nous avons beaucoup répété. Il y a peut-être eu un petit accident. Je crois que je lui ai donné un coup de coude dans la poitrine à un moment donné… mais nous n’avons eu aucune blessure en tant que telle », renchérit Laura Donnelly.

Un sous-texte féministe comme dans Buffy

« Cette histoire donne l’opportunité à tant de femmes d’être extraordinaires et c’est quelque chose en tant qu’actrice », salue Olivia Williams. Le titre The Nevers désigne « un groupe de personnes considéré comme n’ayant jamais dû être, qui ont une anomalie », explique Laura Donnelly. Ils sont une minorité, un groupe opprimé. » « The Nevers sont ceux qui n’auraient jamais dû exister. Ils ont intériorisé ce sentiment de “je n’aurais jamais dû être comme ça”, et cela induit en miroir : “comment devrais-je être ?”, “quelle est l’alternative à ce que tu es ?”», abonde Ann Skelly.

« Nous sommes plus fortes en étant unies. Un grand nombre de “touchées” ne comprennent pas leurs pouvoirs. Certaines sont plus sauvages et plus folles que d’autres. Elles joignent leurs forces pour devenir plus fortes. La métaphore, c’est qu’elles représentent une minorité », estime Amy Manson.

Et ce n’est pas hasard si HBO a confié les rênes de cette série steampunk créée par Joss Whedon à une femme, Philippa Goslett.  « J’ai vraiment apprécié de travailler avec Josh et je pense qu’après son départ, Philippa est la personne parfaite pour continuer », confie Ann Skelly. « J’ai passé un moment merveilleux sur le tournage, et la grande majorité de l’équipe reviendra pour la deuxième partie de la saison. J’ai hâte de les retrouver. Cette fois, nous serons dirigés par notre nouvelle directrice de production, Philippa Goslett. J’ai vraiment hâte de travailler avec elle et de découvrir ce qu’elle va apporter de plus », conclut Laura Donnelly.