« Caïd » sur Netflix : Casting, bande-originale… Comment le rap s’invite dans la série

MUSIQUE Des morceaux ont été créés spécialement pour la série, qui cache également un titre inédit du rappeur Naps

Clio Weickert

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Rappeur et acteur, Abdramane Diakité tient le rôle de Tony dans la série
Rappeur et acteur, Abdramane Diakité tient le rôle de Tony dans la série — Mika Cotellon/Netflix
  • « Caïd » est disponible sur Netflix.
  • La série se déroule sur le tournage d’un clip de rap dans une cité du sud de la France, où tout va basculer.
  • Si le rap n’est pas le sujet principal, il s’invite tout de même à de nombreuses reprises dans la série.

Si Caïd est avant tout une histoire de guerre de gangs, c’est aussi une histoire de rap. Disponible depuis mercredi sur Netflix, la série française d’Ange Basterga et Nicolas Lopez, coécrite avec Nicolas Peufaillit, a pour point de départ le tournage d’un clip, qui ne se passe pas comme prévu. Pour cause, Tony, le rappeur que suivent les réalisateurs de cette vidéo, est aussi à la tête d’un trafic de drogue, et il se voit rattraper par l’appétit d’un caïd rival.

Mais le lien avec la musique ne s’arrête pas là. Que ce soit dans son casting, sa réalisation ou sa bande originale, la série fait la part belle au rap français. Il s’invite dès le générique de début et rythme chacun des épisodes, où créations originales et tubes préexistants se mêlent. Et il est aussi à l’origine de la rencontre de l’acteur principal et de l’un des réalisateurs.

Du clip à la série

Avant ce projet pour Netflix, Nicolas Lopez, originaire de Martigues (où la série a été tournée en partie), réalisait des courts-métrages et beaucoup de clips de rap, plus de 200. « C’est comme ça que j’ai appris mon métier », explique-t-il à 20 Minutes. Il a notamment travaillé avec Lacrim, ou encore avec Soso Maness, dont il est proche. « J’ai démarré ma carrière de réalisateur avec lui, le premier clip que j’ai fait c’est le sien », précise-t-il. Plusieurs de ses titres figurent d’ailleurs dans la BO, comme A la muerte ou Sadio Maness.

C’est également sur un tournage de clip que Nicolas Lopez a fait la connaissance d’Abdramane Diakité, de son nom de scène KID, qui tient le rôle de Tony dans la série. Le réalisateur a donné au rappeur le rôle principal de ce caïd qui tente de s’évader par le rap, et lui a aussi confié une partie de la bande originale. Cinq titres ont ainsi été écrits et interprétés par lui pour la série.

Une série avec du rap, mais pas sur le rap

A ces créations originales s’ajoutent des titres préexistants comme le culte Belsunce Breakdown de Bouga, ou le morceau R.A.C. de SCH, dont le clip peut faire écho à certaines scènes de Caïd. On y retrouve également un inédit de Naps, Le petit Marseillais, qui apparaît dans l’épisode 2 en plein enregistrement en studio. Si la bande-son est très marseillaise, des parisiens y sont également présents, comme Ninho, Maes ou encore Niro, qui font eux aussi partie de la playlist perso du réalisateur. « C’étaient des morceaux qu’on a mis parce qu’ils nous plaisaient, des morceaux que j’aimais bien écouter », explique Nicolas Lopez. Une musique qui imprègne véritablement la série, et qui y joue un rôle aussi. « On a fait en sorte d’avoir des musiques intégrées aux séquences, elle est vraiment dans la scène, elle peut sortir d’une fenêtre d’un appartement, d’une voiture qui passe… C’était pour souligner le côté réaliste qu’on a voulu apporter ».

Malgré son omniprésence, il ne faut toutefois pas voir dans Caïd une série sur le rap et son industrie, comme a pu l’être Validé de Franck Gastambide pour Canal +. La musique est l’un des éléments, mais reste secondaire. « Le rap est un plus. Notre point de vue c’est Tony, il veut sortir de sa condition et se servir de son talent de rappeur pour s’en sortir. À la base c’est une série sur un caïd de cité, un trafiquant de drogue », affirme Nicolas Lopez. Un personnage inspiré de la réalité ? « C’est une invention, ce sont surtout des choses qui me touchent. J’ai grandi dans ces cités-là, je voulais dépeindre une réalité, montrer que trafiquant de drogues, ce n’est pas une belle vie. Ce sont des choses que je connais bien donc je me sentais légitime de raconter à l’écran. »