Plateformes de streaming : Les abonnés y consacrent 15 euros par mois

SVOD Les Français abonnés aux plateformes de streaming vidéo y consacrent 15 euros par mois, un budget qui reste stable face à la multiplication des offres

20 Minutes avec AFP
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Les Français abonnés aux plateformes de streaming vidéo y consacrent 15 euros par mois, selon un rapport du CSA et d'Hadopi publié le 8 mars 2021.
Les Français abonnés aux plateformes de streaming vidéo y consacrent 15 euros par mois, selon un rapport du CSA et d'Hadopi publié le 8 mars 2021. — Jenny Kane/AP/SIPA

Netflix, Amazon Prime Video, Salto, Disney +, MyCanal, Apple TV +, à l’heure où les streamers se multiplient, quel budget les Français consacrent aux plateformes de streaming vidéo ? Selon un rapport du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi) publié ce mardi, les Français abonnés aux plateformes de streaming vidéo y consacrent 15 euros par mois. Un budget qui reste stable face à la multiplication des offres ou aux variations des prix des abonnements.

Près d’un internaute sur deux est abonné à un service de SVOD

Depuis l’arrivée en France de Netflix en 2014, la consommation de ces plateformes suit « une tendance à la hausse », accélérée par les confinements et couvre-feux liés à la crise. Il y a désormais 8,3 millions d’utilisateurs quotidiens de services de « vidéo à la demande » en France, contre seulement 4,5 millions en 2019

Au printemps 2020, 46 % des internautes français avaient accès à au moins une offre légale au sein de leur foyer (contre 36 % en 2019), soit plus de 22 millions de Français.

Autre preuve de leur succès, le chiffre d’affaires des plateformes SVOD a été multiplié par 10 depuis 2015 pour atteindre 851 millions d’euros en 2019, selon des données du Centre national du cinéma (CNC), et dépasserait « 1,2 milliard d’euros en 2020 ». Un chiffre cependant « nettement inférieur » à celui de la télévision payante, de « 2,9 milliards d’euros en 2018 ».

Un budget « constant » malgré la multiplication des plateformes

Le nombre de services disponibles est passé de 63 en 2017 à 78 en 2020, avec notamment le lancement d'Apple TV + en novembre 2019 et de Disney + en avril 2020.

La dépense mensuelle moyenne des abonnés à un service de SVOD s’élève à un peu plus de 15 euros, avec en moyenne 1,7 abonnement de SVOD ou de télévision payante

Selon divers scénarios de multiplication des offres ou de variation des prix testés pour le rapport, les abonnés à des offres de cinéma et de séries se présentent « peu sensibles » à de tels changements, avec une part d’abonnés et des dépenses variant « dans de faibles proportions ».

La tendance au partage de comptes

Preuve que le consommateur de fiction « s’adapte » de « manière à garder constant » son budget, notamment grâce à la possibilité de se désabonner facilement et au partage de comptes. « Ce dernier phénomène méritera qu’on s’y intéresse proprement, pour faire la part entre pratiques autorisées, tolérées et celles qui doivent être endiguées », a souligné lors d’une visioconférence Monique Zerbib, la présidente par intérim de l’Hadopi.

De même, « les pratiques illicites variant peu selon le nombre d’offres », reflet d’une « satisfaction avancée à l’égard des offres légales », selon le rapport.

Un budget plus flexible pour les offres de sport

A l’inverse, l’impact serait plus fort chez les abonnés à des offres de sport, des prix à la hausse entraînant par exemple une diminution du nombre d’abonnés mais une augmentation des dépenses, les spectateurs les plus passionnés étant prêts à mettre le prix pour suivre les compétitions.

« La conquête du marché va se faire en nombre d’abonnés plus qu’en nombre d’abonnements par abonné », a prédit Hervé Godechot, membre du collège du CSA.

Une nouvelle autorité de régulation en projet

Le président du CSA, Roch-Olivier Maistre, a profité de cette étude conjointe pour rappeler la « pertinence du rapprochement entre le CSA et l’Hadopi » au sein d’une nouvelle autorité de régulation, l’Arcom, qui doit figurer dans une nouvelle loi audiovisuelle attendue « en conseil des ministres en avril » et « peut-être » au « Parlement en mai ».

Il en a en outre indiqué que le CSA rendrait « très prochainement » son avis sur le projet de décret précisant les obligations de financement à la création française qui seront bientôt soumises aux plateformes internationales.