« Superman & Lois » : Encore une série sur Superman ? Sauf qu'elle parle de Clark Kent

ALTER EGO Après ses nombreuses incarnations sur le petit et grand écran, le monde avait-il besoin d'une nouvelle série Superman ? 

Vincent Julé

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Après des apparitions dans le Arrowverse, Taylor Hoechlin  et Elizabeth Tulloch reprennent leurs rôles respectifs de Superman et Lois dans leur propre série éponyme
Après des apparitions dans le Arrowverse, Taylor Hoechlin et Elizabeth Tulloch reprennent leurs rôles respectifs de Superman et Lois dans leur propre série éponyme — The CW
  • Lancée mercredi sur la chaîne américaine CW, la série Superman & Lois fait partie du Arrowverse, mais elle reste encore inédite en France.
  • Entre le boyscout de l’Amérique des comics et le Dieu parmi les vivants de Zack Snyder, la série explore une voie originale et s’intéresse à Clark Kent, le père et mari.
  • Déjà apparu dans Supergirl, Taylor Hoechlin est parfait dans le costume.

A la fin de Kill Bill 2, Bill se lançait dans un monologue dont  Quentin Tarantino a le secret, une réflexion sur la nature des super-héros, et plus particulièrement de Superman. Selon lui, Superman  est différent de Spider-Man ou Batman, car ce n’est pas Clark Kent qui devient Superman, mais l’inverse, Superman, ou Kal-El, qui enfile lunettes et costard, son « costume » de Clark Kent. Il va même plus loin en affirmant que Clark Kent renvoie l’image que Supes a de l’humanité, à savoir faible, maladroite, lâche. Une idée critiquable, mais que Zack Snyder  revisite dans son Man of Steel, et son Dieu parmi les hommes, loin de l’image du « boyscout de l’Amérique » des débuts du comics et des films avec Christopher Reeves.

C’est là que débarque le Superman de la chaîne américaine CW et du Arrowverse, l’univers DC réunissant les séries Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow, Batgirl, Black Lightning et Supergirl. Introduit dans la saison 2 de cette dernière, puis super guest des crossovers Elseworld et Crisis on Infinite Earths, il a le droit à sa propre série depuis mercredi, Superman & Lois, avec les mêmes interprètes, respectivement Taylor Hoechlin (Teen Wolf) et Elizabeth Tulloch (Grimm). Et c’est reparti pour une énième origin story ? Oui et non.

Au croisement des différentes incarnations

Les premières minutes du pilote sont ainsi un résumé de ce que tout le monde sait plus ou moins de Superman : son arrivée bébé sur Terre, Papa et Mama Kent, la découverte des pouvoirs, le Daily Planet, la rencontre avec Lois… Tout va très vite, mais surtout plus loin : ils se marient, ont des jumeaux bientôt ados, perdent leur boulot... Ah et il faut toujours sauver le monde. Comme cette scène où il soulève une voiture verte, clin d’oeil à la couverture du premier Action Comics de 1938. De quoi faire dire aux fans que c’est cette version du personnage, solaire et positive, dont le monde a besoin, et pas l’alien christique de Zack Snyder. Sauf qu’ils se trompent, les créateurs de la série Greg Berlanti et Todd Helbing explorent une autre voie, au croisement des différentes incarnations connues et même des séries Smallville et Lois & Clark.

« Sauver le monde. Commence à la maison. »

Suite à un événement tragique mais très humain, Clark et Lois doivent revenir à Smallville pour quelques jours, et découvrent une petite ville du Kansas en train de mourir, que les derniers habitants fuient et où les groupes industriels arrivent. Ils décideront de rester, car comme le prône l’affiche américaine : « Sauver le monde. Commence à la maison. » La série se focalise ainsi plus sur les problèmes familiaux de Clark Kent que les menaces extraterrestres de Superman. Elles existent dès le pilote, à travers un mystérieux méchant, mais celui-ci reste périphérique à l’histoire et le héros lui-même ne lui accorde que peu d’importance. Il est plus occupé avec ses fils ados, Jonathan la star du lycée, et Jordan l’asocial. L’un d’eux est, bien sûr, le digne héritier de son père.

Une série terrienne et familiale

Superman & Lois se veut ainsi terrienne et familiale, et cite les séries Everwood et Friday Night Lights comme références. Mais elle s’extrait aussi du moule des autres séries du Arrowverse en offrant plus d’ampleur, de hauteur et de sérieux. Cela peut paraître contradictoire, mais c’est tout le dilemme de ce super-héros, à l’image d’un Taylor Hoechlin parfait, et un peu perdu, dans son costume. Costard ou cape.