« WandaVision » : Une ode à la sitcom dans une réalité alternative ?

MA SERIE BIEN-AIMEE Disney+ lance ce vendredi sa première série Marvel « WandaVision » et débute la phase 4 du MCU avec un plongeon dans l’histoire des sitcoms américaines

Anne Demoulin

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Elizabeth Olsen et Paul Bettany dans la série « WandaVision »
Elizabeth Olsen et Paul Bettany dans la série « WandaVision » — Marvel Studios

Après plus d’un an d’absence au cinéma, Marvel  débute sa phase 4 sur Disney+  ce vendredi avec les deux premiers épisodes de la série WandaVision (la suite sera diffusée sur la plateforme au rythme d’un épisode par semaine). De nouvelles aventures pour le couple formé par la Sorcière rouge Wanda Maximoff et le synthézoïde Vision, qui combine habilement un hommage à l’histoire des sitcoms familiales américaines, aux éléments du MCU, et à un mystère, vraisemblablement relié au prochain film Doctor Strange in the Multiverse of Madness de Sam Raimi.

Située après les événements d’Avengers: Endgame, Elizabeth Olsen et Paul Bettany y reprennent leurs rôles de super-héros de la saga. « Wanda et Vision sont vraiment, en tant que couple, les préférés des fans parce que leur histoire d’amour a été si tragique, mais aussi vraiment chaleureuse et intime, comme nous avons pu le voir dans ces magnifiques moments volés du MCU », estime Jac Schaeffer, productrice exécutive à la tête de l’écriture de la série, lors d’une conférence de presse virtuelle à laquelle 20 Minutes était convié.

WandaVision s’inspire des comics de La Vision & La Sorcière parus dans les années 1980 et de La Vision de Tom King, paru en 2016, dans lesquels le couple s’installe dans la banlieue américaine idéalisée de Westview, tout en cachant leur identité. « Wanda décrirait WandaVision comme une sitcom familiale sur deux personnes qui essaient de s’intégrer », résume Elizabeth Olsen lors d’une conférence de presse virtuelle.

« Les références clés sont les sitcoms familiales »

« Les références clés sont les sitcoms familiales », indique le réalisateur Matt Shakman. Celles qui sont « intemporelles », précise-t-il. Le premier épisode, en noir et blanc, qui revisite merveilleusement les sitcoms américaines cultes des années 1950 comme I Love Lucy emmenée par Lucille Ball et Desi Arnaz et The Dick Van Dyke Show, a été tourné en direct devant un public.

« Nous voulions être aussi authentiques que possible », explique le réalisateur Matt Shakman. « Oh mon Dieu ! C’est la première chose que nous avons tournée ! C’était tellement éprouvant nerveusement, il y avait beaucoup d’adrénaline », commente Elizabeth Olsen, qui s’est réjouie de l’ajout « du quatrième mur pour notre deuxième épisode ». « Vision est Jarvis, en partie Ultron, en partie Tony Stark, et il est omnipotent, mais il est aussi cette sorte d’ingénu naïf. J’ai compris que j’allais juste y mettre un peu de Dick Van Dyke et un peu de Hugh Laurie », commente Paul Bettany.

Au fil des épisodes, WandaVision va explorer toute l’histoire de la sitcom américaine : « Heureusement, quand on arrive aux années 1990, ils m’ont rendu si ridicule que je n’ai pas vraiment eu besoin travailler aussi dur pour faire rire », plaisante Paul Bettany. Le deuxième épisode propulse nos héros dans l’univers des sitcoms des années 1960 comme Ma Sorcière bien-aimée ou Jinny de mes rêves. Un nouveau défi pour Elizabeth Olsen : « Je ne peux pas remuer mon nez, donc nous avons dû trouver autre chose. » Le troisième épisode pastiche les sitcoms des années 1970. « Nous avons regardé une tonne de vieilles séries et avons beaucoup discuté sur la façon dont la comédie a évolué. L’approche de la comédie est vraiment différente dans les années 1950, 1960 ou 1970 », raconte Matt Shakman. Et Elizabeth Olsen d’ajouter : « Nous devions aussi nous rappeler que nous ne représentions pas la réalité des années 1960 ou 1970, mais celles des sitcoms avec régies par leurs propres règles. »

« D’un "I Love Lucy" vers une sorte de "Twilight Zone" »

Alors que Wanda et Vision traversent mystérieusement les décennies, le spectateur est amené à se poser de plus en plus de questions sur l’étrange monde qui les entourent. « Quand nous sommes dans nos sitcoms d’époque, quelque chose bascule d’un The Dick Van Dyke Show ou d’un I Love Lucy vers une sorte de Twilight Zone », évoque le président de Marvel Studios Kevin Feige. La série emprunte-t-elle aussi des éléments au comics House of M, avec une Wanda mentalement instable, qui se réfugie dans une réalité alternative plutôt que d’affronter le deuil de son frère et de Vision ? « Ces projets sur Disney+ sont aussi importants que ceux en cours au cinéma », promet Kevin Feige. Au fil des trois épisodes que 20 Minutes a pu visionner, WandaVision s’annonce comme une série atypique, mélangeant habilement les genres et les clins d’œil à l’histoire de la télévision. Bref, un régal façon Ma Sorcière bien aimée piégée dans la Quatrième dimension ou une sorte de Desperate Housewives mâtiné de Twin Peaks.