« Sex and The City » peut-elle faire son retour sans être has been ? (et sans Samantha !)

REVIVAL La série culte des années 1990, « Sex and the City », va faire son retour sur HBO Max, mais sans Kim Cattrall

Anne Demoulin

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Elles ont incarné les héroïnes de «Sex and The City» pendant 6 saisons: Sarah Jessica Parker, Kristin Davis, Cynthia Nixon and Kim Cattrall en 2001.
Elles ont incarné les héroïnes de «Sex and The City» pendant 6 saisons: Sarah Jessica Parker, Kristin Davis, Cynthia Nixon and Kim Cattrall en 2001. — VINCE BUCCI/AFP
  • La série culte Sex and the City va faire son retour sur HBO Max, a annoncé HBO ce dimanche dans la soirée.
  • Ce redémarrage intitulé « And Just Like That… » (« Et juste comme ça ») aura dix épisodes.
  • Kim Cattrall, qui incarnait le personnage de Samantha Jones, ne fera pas partie de ce revival.
  • Sex and the City, qui révolutionné la représentation de la femme à l’écran dans les années 1990, peut-elle encore avoir quelque chose à dire dix-sept ans après son final ?

C’est officiel ! La série culte Sex and The City va faire son retour sur HBO Max, a annoncé HBO ce dimanche dans la soirée. Dix-sept ans après la diffusion du final le 22 février 2004, ce redémarrage intitulé « And Just Like That… » (« Et juste comme ça ») aura dix épisodes. Sarah Jessica Parker reprend son rôle de Carrie Bradshaw et continue d’être la narratrice de l’histoire. Cynthia Nixon et Kristin Davis campent à nouveau ses deux meilleures amies, l’avocate Miranda Hobbes et la marchande d’art Charlotte York. Seule Kim Cattrall, qui incarnait le personnage de Samantha Jones, femme libérée travaillant dans les relations publiques, manque à l’appel. Alors, Sex and the City peut-elle revenir sans être has been (et sans Kim Cattrall !) ?

Il fut un temps où Sex and the City était l’une des plus grandes séries de télévision à l’antenne. Cette série a marqué dans les années 1990 un tournant dans l’histoire de la représentation des femmes à la télévision. La série, en avance sur son temps, réussissait le test de Bechdel avec brio. Cette fiction mettait au cœur de son intrigue quatre héroïnes féminines, et se concentrait sur la sororité qui unissait ces quatres femmes.

Un « Sex and the City » sur l’âge d’or des femmes

Le nouveau Sex and the City mettra en avant les aventures d’un groupe de femmes quinquas, l’âge d’or des femmes, une configuration encore inédite.

Si Carrie, Miranda, Samantha et Charlotte consacraient beaucoup de temps à parler de sexe et de leurs intérêts amoureux, Sex and the City ne réduisait pas l’épanouissement féminin à trouver un époux. « La relation la plus excitante, la plus stimulante et la plus significative de toutes est celle que vous entretenez avec vous-même », affirmait Carrie dans un épisode.

Les quatre héroïnes s’amusaient, buvaient, faisaient l’amour, et s’éclataient dans leur travail respectif. Le hic ? Les films (nettement moins réussis que la série) ont vu Carrie, Miranda, Charlotte et même Samantha se caser, pour le meilleur et, souvent, le pire. Même Anthony et Stanford se sont fait attraper dans le dernier film. A cinquante ans passés, Carrie va-t-elle enfin ouvrir les yeux sur sa relation dysfonctionnelle avec ce mufle de Mr Big ?

Nous avons eu droit à la lutte de Samantha contre le cancer, au questionnement autour de la maternité avec Miranda, à la lutte de Charlotte pour la fertilité, et au combat de Carrie contre les attentes injustes à mesure que les femmes vieillissent. La thématique de l’âgisme mériterait sans doute d’être encore développée.

« Sex and the City » peut briser le « Last fuckable day »

Au travers ses six premières saisons, Samantha, Carrie, Miranda et Charlotte ont beaucoup décomplexé les téléspectatrices en matière de sexualité. Jamais encore on n’avait parlé de la femme aussi crûment sur le petit écran. Souvenons-nous par exemple de comment l’épisode 9 a popularisé le vibromasseur Rabbit.

La pierre angulaire de cette émancipation sexuelle était le personnage de Samantha Jones, un des premiers personnages féminins de la télévision à vivre son désir librement, et à tout assumer. Mais depuis sa diffusion, en matière de sexe, de nombreuses séries sont allées plus loin comme Girls, I Love Dick ou encore SMILF. Le revival de la série peut avoir une carte à jouer s’il aborde pleinement la question de la sexualité de la femme à la cinquantaine avec la subtilité de Men of A certain Age, et prouver que 55 ans n’est pas le « last fuckable day » (le « dernier jour baisable ») pour une femme.

« Sex and the City » avec une Samantha noire

Kim Cattrall ne semble pas vouloir participer à cette suite. La série pourrait s’ouvrir sur les funérailles de Samantha et développer le thème du deuil en amitié. Mais Sex and the City peut-elle surmonter à l’absence de Samantha. Sur Twitter, de nombreux fans en doutent.

Le rôle de Samantha pourrait être attribué à une autre actrice. Sur les réseaux sociaux, certains imaginent Sharon Stone ou Jane Krakowski reprendre le rôle, tandis que d’autres rêvent à une Samantha incarnée par une actrice noire américaine.

Alors que la série se déroule dans l’une des villes les plus cosmopolites du monde, New York, le casting de Sex and the City est majoritairement caucasien. Dans le premier film, les producteurs ont tenté de résoudre le problème en intégrant Jennifer Hudson à la distribution. Hélas, cette dernière joue Louise, l’assistante personnelle de Carrie Bradshaw… Il est temps pour Sex and the City d’intégrer davantage de personnages issus de la diversité, et surtout de traiter les personnages LGBT de façon moins caricaturale.

« J’aimerais voir où les personnages en sont dans leur vie. Je suis curieuse, le monde a bien changé depuis les films, surtout avec la technologie et les réseaux sociaux. Mais aussi la politique sexuelle et le mouvement #MeToo… Je pense que Carrie Bradshaw serait tout simplement avide de partager ses sentiments et ses pensées », a commenté Sarah Jessica Parker à l’annonce du revival.

A la manière de Bel Air, le redémarrage du Prince de Bel-Air, qui va s’interroger sur la place des noirs dans la société américaine, Sex and the City pourrait trouver une seconde jeunesse si elle réussit à questionner avec finesse et subtilité la place de la femme quinqua dans notre société.