« Lupin » : « Notre alchimie, on ne l’a pas construite, elle s’imposait », confie Ludivine Sagnier

INTERVIEW Ludivine Sagnier campe Claire, l’ex-compagne et mère du fils d’Assane Diop (Omar Sy) dans le carton de Netflix, « Lupin »

Propos recueillis par Anne Demoulin

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Ludivine Sagnier campe Claire dans « Lupin ».
Ludivine Sagnier campe Claire dans « Lupin ». — Emmanuel Guimier/Netflix

Cocorico ! La série française Lupin, produite et portée par Omar Sy, fait un carton dans le monde entier. Cette fiction, qui revisite le héros de Maurice Blanc, créée par George Kay (Killing Eve), en collaboration avec François Uzan (Family Business) s’est hissée première du top 10 des séries les plus vues sur Netflix dans une dizaine de pays.

Disponible depuis vendredi sur la plateforme de Los Gatos, Lupin est la première série française à avoir atteint la première place aux Etats-Unis. A l’affiche de Lupin, des grands noms du cinéma français, dont Ludivine Sagnier, qui incarne Claire, l’ex-compagne et la mère du fils d’Assane Diop, le héros copycat d’Arsène Lupin. L’actrice partage sa collaboration avec le gentleman Omar Sy à 20 Minutes.

Comment êtes-vous arrivée sur la série « Lupin » ?

Via Louis Leterrier, qui m’a proposé de faire partie de l’aventure. Au début de l’élaboration de la série, le personnage de Claire n’était pas encore dessiné, mais j’ai vraiment eu envie de le suivre parce que Louis Leterrier est un réalisateur brillant qui a un sens de l’action, de l’aventure et de l’image. Je trouvais que c’était vraiment la personne idéale pour poser les bases de cette série et j’avais envie de partir à l’aventure avec lui. Et puis l’idée que ce soit Netflix était aussi attrayante, parce que Netflix fait partie de mon quotidien et que j’avais déjà travaillé pour eux sur le dessin animé Klaus. J’avais beaucoup aimé travailler avec l’équipe de Netflix France. J’aimais bien l’idée de prolonger cette collaboration, ce rapport de travail et de confiance. Et puis, bien évidemment, un des intérêts principaux était le plaisir de travailler avec Omar que j’aime beaucoup dans la vie et comme acteur. Je me sentais privilégié d’avoir tout ce temps à passer avec un être aussi délicieux que lui.

Avez-vous apporté votre touche personnelle au personnage de Claire ?

Un petit peu. J’ai participé à des réunions de travail avec George Kay, le créateur de la série et les coscénaristes. J’aime l’idée d’être en amont d’un projet, d’être sollicitée. On a l’impression d’être pris au sérieux et de ne pas juste être là pour rendre service. Notre travail et nos propositions sont valorisés. J’ai proposé que Claire soit ostéopathe et qu’elle puisse de temps en temps guérir Assane de ses maux quand il revient, tout fourbu, d’une de ses aventures. C’est une idée qu’ils ont gardée. J’étais assez contente. Comme il y avait beaucoup d’hommes autour de la conception de Lupin, j’avais envie aussi d’apporter une petite touche féminine.

Que représente Claire pour Assane ?

Claire est un ancrage pour Assane. C’est cela qu’on a essayé de construire. C’est une référence, c’est une sécurité affective. C’est la sécurité tout court, puisque c’est elle qui se charge quasiment intégralement de l’éducation de leur enfant. Quoi qu’il arrive, Claire est toujours une porte sur la normalité, sur la vie ordinaire. Ce qui n’est pas péjoratif, mais cela s’oppose à la vie particulière que mène Assane.

Claire est une femme libre et un peu féministe, non ?

Pour moi, être une femme et féministe, c’est plutôt un pléonasme. Claire est une femme, libre parce qu’elle est assez à l’écoute de ce qu’elle veut. Même si elle est très liée à Assane et qu’elle se met parfois à sa disposition, elle décide de refaire sa vie. Je trouve qu’elle a la liberté de ne pas dépendre de lui, ni affectivement, ni financièrement. Elle se débrouille, et peut-être en ça, c’est une idée moderne de la femme. Ce qui pour moi est le minimum quand même. Elle n’attend pas sur l’homme pour exister, et heureusement, on est en 2020 !

La performance de votre version adolescente est troublante… Avez-vous travaillé avec Ludmilla Makowski ?

Figurez-vous que je ne l’ai jamais rencontrée ! J’ai découvert en même temps que vous cette ressemblance qui n’est pas une ressemblance qui repose uniquement sur le physique mais aussi sur la personnalité. J’ai trouvé qu’il y avait vraiment un lien. Je ne sais pas d’où ça vient. En tout cas, pour le coup, c’est un sacré beau casting !

Dès votre première scène ensemble, on sent une vraie alchimie avec Omar Sy, et toute l’histoire qui unit Claire et Assane. Comment s’est passée votre collaboration ?

Même si on n’avait jamais travaillé ensemble, je connais Omar depuis une bonne quinzaine d’années, donc on a des souvenirs anciens, des gens proches en commun, etc. On a un vécu qui nous lie qu’on le veuille ou non. Du coup, je pense que cette complicité, on n’a pas eu trop besoin de la chercher. En fait, on ne l’a pas construite, elle s’imposait. C’était quelque chose d’évident. On s’entend très bien. Après, c’était quand même difficile de ne pas s’entendre avec Omar ! Du coup, c’est vrai qu’on avait ce truc. Je pense que quand Omar est dans la pièce, j’ai quelque chose qui s’allume en moi. Il appelle à pétiller comme une bouteille de champagne.

Je suppose que les spectateurs vont rêver d’une réconciliation entre Claire et Assane. Comment voyez-vous l’évolution de leur relation ?

C’est un peu mal barré pour la fin de la saison 1. C’est tout ce que j’ai à vous dire. On verra. Je leur souhaite, mais ça va être compliqué.

Prête pour une éventuelle saison 2 ?

J’ai hâte !