Noémie Schmidt (Stéphanie), Paul Scarfoglio (Toni) et Arthur Mazet (Simon) campent les héros de « 3615 Monique ».
Noémie Schmidt (Stéphanie), Paul Scarfoglio (Toni) et Arthur Mazet (Simon) campent les héros de « 3615 Monique ». — Mon Voisin Productions/Qui Vive !

TELEMATIQUE

« 3615 Monique » : Une dramédie geek pour les nostalgiques du Minitel (rose)

Anne Demoulin

OCS lance ce jeudi « 3615 Monique », une série qui montre que les pionniers du Minitel ont inventé les usages d’Internet avant l’heure

  • 3615 Monique, la nouvelle série OCS Signature, a été produite par Mon Voisin Productions, à qui l’on doit Dix pour cent.
  • La série met en scène un trio d’étudiants qui lancent un service de messagerie de charme.
  • Cette dramédie s’inspire notamment du parcours de Xavier Niel.

N’en déplaise aux millennials, leurs parents et grands-parents n’ont pas attendu Facebook pour découvrir le tchat ! 3615 Monique, nouvelle série OCS Signature, diffusée ce jeudi à 20 h 40 sur OCS MAX et en intégralité à la demande, revient sur l’apparition du Minitel dans la France des années 1980. Comment cette dramédie en 10 épisodes de 22 minutes montre que les pionniers du Minitel ont inventé les usages d’Internet avant l’heure ?

Le Minitel révolutionne la télécommunication

Produite par Mon Voisin Productions (Dix pour cent) et Qui Vive ! (Pile Poil, César du Meilleur Court-Métrage 2020), réalisée par Simon Bouisson (WEI or DIE, Stalk sur France TV Slash), écrite par Emmanuel Poulain-Arnaud (Les Cobayes) et Armand Robin (Polichinelles), 3615 Monique commence dans la France giscardienne de 1980 où l’on découvre le Walkman et le Rubik’s Cube et où résonnent des « ça gaze » et « la classe ».

Après avoir échoué au concours d’entrée à Polytechnique au grand dépit de sa mère huppée, Stéphanie (Noémie Schmidt) débarque sur le campus préfabriqué de la faculté de Jouy au moment où Toni (Paul Scarfoglio) fait un exposé sur une expérimentation gouvernementale.

Des milliers de terminaux informatiques sont livrés gratuitement dans les foyers français pour se connecter au réseau Télétel. Il s’agit du Minitel pour « Médium interactif par numérisation d’information téléphonique ». En 1977, le rapport de Simon Nora et Alain Minc a fait prendre conscience aux dirigeants français d’une révolution technologique, baptisée « télématique ».

« D’ici trois ans, tout le monde aura cette machine pour communiquer, jouer, pour s’informer et stocker », bafouille le sempiternel tchatcheur et dragueur Toni à la vue du joli minois de Stéphanie. L’étudiante s’installe dans l’amphithéâtre aux côtés de Simon (Arthur Mazet), un geek aussi timide que brillant, circonspect sur la technologie mais tout aussi sensible au charme de l’étudiante.

La création du premier réseau social

Afin de payer son loyer à l’internat, l’ambitieuse étudiante va convaincre Simon et Tony de l’aider à lancer le premier service de Minitel rose en France. Le prototype de terminal informatique permet de lancer les premières messageries instantanées.

Sous couvert de révisions sous le toit très catholique de Simon où l’on ne parle pas de la « chose », le trio va bâtir les prémisses des relations dématérialisées en ligne, d’Internet et contribuer à la désinhibition sexuelle de tout un pays (et en particulier de la Monique du titre).

Grâce à eux, des milliers de Français pianotent anonymement derrière leur clavier afin d’assouvir leurs fantasmes sexuels sans savoir qui se cache de l’autre côté de l’écran. Le premier réseau social est né.

Le montage d’une start-up

Quelque part entre Silicon Valley, Le Péril Jeune et The Social Network, 3615 Monique montre à la France de la start-up nation comment on monte une boîte de service télématique : le choix du nom du site (une séquence hilarante), passer une commission d’attribution, recruter et gérer une équipe, gérer les relations avec ses associés, etc.

Un concept qui a aussi fait la fortune d’un jeune étudiant nommé Xavier Niel, dont l’histoire semble avoir inspiré 3615 Monique. A l’instar du personnage de Simon, Xavier Niel a abandonné sa prépa maths sup pour créer des services de Minitel rose, avant de se lancer dans une autre aventure, celle du premier fournisseur d’accès à Internet grand public en France.