Au Royaume-Uni, « The Crown » vivement critiquée pour son portrait de Charles et Diana

PRESSE La dernière saison de la série « The Crown » est accusée de prendre trop de liberté

20 Minutes avec AFP

— 

Josh O'Connor et Emma Corrin dans les rôles du prince Charles et de Lady Diana dans la série «The Crown» sur NEtflix
Josh O'Connor et Emma Corrin dans les rôles du prince Charles et de Lady Diana dans la série «The Crown» sur NEtflix — Des Willie / NETFLIX

« Totalement partiale », « calomnie », « attaque au vitriol » contre le prince Charles. La dernière saison de la série The Crown est accusée de prendre trop de liberté. En ligne de mire : le traitement que la série à succès de Netflix fait de la relation entre le prince Charles, héritier de la couronne, et sa première femme, feu la princesse Diana.

La saison 4 consacre l’entrée de « Lady Di » dans la famille royale, qu’Emma Corrin campe en fiancée esseulée, puis jeune mariée angoissée face à un époux froid et infidèle, toujours épris de son amour de jeunesse Camilla. Le créateur de The Crown, Peter Morgan, assume une part de fiction, notamment pour les scènes les plus intimes, provoquant à chaque saison un grand exercice de « fact checking » parmi les fans. Mais pour bien des chroniqueurs royaux et des proches de la famille royale, cette fois, il est allé trop loin.

Diana décrite en victime

The Crown « fait de Diana la victime et de Charles le méchant, alors qu’ils étaient tous deux victimes », s’indigne la spécialiste de la royauté Penny Junor. Cette dernière lui reproche notamment d’avoir imputé la boulimie de Diana à son union avec Charles, ou d’affirmer que celui-ci continuait d’entretenir une relation avec Camilla juste après son mariage.

« La façon dont Charles est représenté est une calomnie », ont dénoncé, selon le Times, des amis du prince. Toute la série est « une attaque au vitriol » contre lui, a ajouté Dickie Arbiter, ex-attaché de presse à Buckingham Palace. Dans le Guardian, le biographe royal Hugo Vickers dénonce, lui, une saison « totalement partiale ».

Pour Ioanis Deroide, historien auteur de L’Angleterre en séries, la relation entre le prince Charles et Diana reste « vraisemblable ». Selon lui, au-delà de « la vérité » de chaque personne, c’est « le rôle qu’il joue dans la dynamique générale de la famille royale » qui est intéressante, et qu’en cela The Crown fait du bon travail.

Une « charge affective »

Il explique la réaction épidermique d’une partie du public par la « charge affective » qui entoure encore les événements abordés. « Pour les saisons précédentes, on parlait d’événements anciens et de personnages parfois oubliés », donc les débats sur la véracité tenaient à des « querelles de biographes ». « Là on touche à des choses récentes qui ont beaucoup marqué la conscience collective », souligne-t-il.

Le mariage raté de Diana et Charles reste un sujet très sensible depuis la mort tragique de la princesse de Galles à Paris en 1997. Et depuis, l’héritier du trône, remarié avec Camilla, a réussi à réhabiliter son image.

Le Mail on Sunday milite pour que Netflix indique clairement que The Crown relève de la fiction. Dimanche, le tabloïd a reçu l’appui du ministre de la Culture Oliver Dowden, qui « craint qu’une génération de téléspectateurs qui n’ont pas connu ces événements prennent cette fiction pour la réalité ».