« La Flamme » immole le concept de mâle alpha sur l'autel de l'humour à l'américaine

PASTICHE La série de Jonathan Cohen « La Flamme », parodie de téléréalité, a été présentée vendredi en ouverture du Festival Canneséries, et est diffusée à partir de lundi sur Canal+ à 21 heures

Anne Demoulin

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Jonathan Cohen campe Marc dans la parodie de téléréalité « La Flamme ».
Jonathan Cohen campe Marc dans la parodie de téléréalité « La Flamme ». — Julien Panié - MakingProd / Les Films Entre 2 et 4 / Canal+
  • Jonathan Cohen signe la nouvelle création originale de Canal+, La Flamme, présentée vendredi en ouverture du Festival Canneséries et diffusée ce lundi sur la chaîne cryptée à 21 heures.
  • Dans cette série en 9x28 minutes, il s’amuse à parodier les émissions de dating du type Bachelor, le gentleman célibataire.
  • L’acteur a raconté à 20 Minutes les coulisses de cette série hilarante au casting exceptionnel qui réunit notamment à l’écran Géraldine Nakache, Leila Bekhti, Adèle Exarchopoulos ou encore Florence Foresti.

La nouvelle création originale de Canal+, La Flamme de et avec Jonathan Cohen, présentée vendredi en ouverture du festival Canneséries  et diffusée lundi sur Canal+ à 21 heures, s’amuse à parodier les émissions de dating du type Bachelor, le gentleman célibataire. Les coulisses de cette série hilarante au casting exceptionnel.

L’idée de La Flamme est née en 2012-2013 quand Jonathan Cohen découvre la série parodique américaine Burning Love, produite par Ben Stiller, qui suit un pompier célibataire à a recherche du grand amour.

Un « format américain »

« Quand j’ai vu le format américain, avec ces acteurs de comédie américaine que j’adorais, je trouvais ce terrain de jeu génialissime. Je me suis dit que ce serait formidable d’avoir ça chez nous. Depuis mes 20 ans, je regarde ce genre de comédies. Mon rêve, c’est d’en faire une avec ce qui nous constitue en tant que français », explique à 20 Minutes Jonathan Cohen.

Sans trop y croire, l’acteur contacte Red Hour Films, la société de production de Ben Stiller. « Je pensais que c’était impossible mais, on leur a envoyé un mail et ils ont répondu », s’étonne-t-il encore.

Une « fausse téléréalité avec ses codes »

Avec son complice de toujours, Jérémie Galand (Serge, le mytho) et Florent Bernard (FloBer, ex-membre de Golden Moustache), Jonathan Cohen a imaginé « une fausse téléréalité avec ses codes » avec des personnages loufoques et des situations délirantes.

« On sera toujours en dessous des vrais “bachelors” quant aux folies qui se passent à l’intérieur », estime-t-il. Aucune critique de la téléréalité acide à la manière de la satirique série américaine Unreal : « Ce qu’on a voulu montrer, ce sont les situations de comédie à l’intérieur. On ne juge pas la téléréalité. Qui sommes-nous pour juger ? J’en ai vu plein des téléréalités et j’aime ça », explique le comédien, qui confie notamment « être accro » à Koh-Lanta. 

Un Bachelor « profondément à côté de la plaque »

« Ce n’est pas une critique des émissions de téléréalité, mais il y a au final une critique d’un certain regard d’un homme », estime le comédien. Dans La Flamme, Jonathan Cohen campe Marc, un pilote de ligne, qui va chercher parmi 13 femmes, enfermées dans une sublime villa pendant neuf semaines, celle qui saura enflammer son cœur. Archétype du mâle alpha, il est riche, beau, célibataire, égocentrique, immature et stupide.

Jonathan Cohen n’a pas écrit le rôle pour lui : « J’avais du mal à m’imaginer en beau gosse, en homme idéal avec une plastique de rêve. Parce que, mine de rien, il est tellement stupide que s’il n’y a pas la contrepartie physique, ça ne peut pas marcher ». « J’ai fait beaucoup de sport, je me suis vachement bien entretenu, j’avais des coachs pour essayer, j’ai bien dit “essayer” d’être plastiquement plus beau », confie-t-il.

« Mon personnage n’est absolument pas en adéquation avec l’époque d’aujourd’hui. Il a un regard passéiste sur les choses, un peu arriéré, un peu stupide. Il fait des raccourcis, pense avoir la science infuse ou détenir une vérité, alors qu’il est profondément à côté de la plaque. Cela raconte un truc intéressant sur la société d’aujourd’hui, sur ce décalage du monde qui avance et un regard qui lui reste fixe sur ses acquis », analyse Jonathan Cohen. Le Bachelor « raconte encore cette histoire sempiternelle des contes de fées, de l’homme idéal et de la femme idéale ».

Des « comédiennes et des comédiens que j’estime plus que tout »

Géraldine Nakache, Leila Bekhti, Doria Tillier, Camille Chamoux, Adèle Exarchopoulos, Florence Foresti, Ana Girardot, Céline Sallette, Léonie Simaga, Laure Calamy, Marie-Pierre Casey, Youssef Hajdi et la chanteuse Angèle incarnent les 13 femmes qui vont tenter de séduire Marc. « Dès que j’ai eu les droits, je suis allé voir les comédiennes, avant même d’avoir commencé à écrire », raconte-t-il.

Pour trouver leur personnage, les actrices se sont prêtées au jeu de l’interview à la manière d’un casting de téléréalité. « J’avais envie d’espaces de création où les personnages viennent d’une manière très naturelle sans aller le chercher », commente le réalisateur Jonathan Cohen, qui avait « peur de ne pas être la hauteur pour diriger des comédiennes et des comédiens que j’estime plus que tout. »

Un « espace de liberté et de création »

L’improvisation était de mise aussi sur le plateau. « Parfois, il y a des moments de grâce, de magie, et parfois on se plante », reconnaît Jonathan Cohen. « Entre la façon dont les rôles étaient écrits et cet espace de liberté et de création, il y avait de quoi s’éclater sur tous les rôles », s’enthousiasme Camille Chamoux. « On était tous content d’être là. Il n’y a pas eu une seule fois des problèmes d’ego. Pour la moitié de mes scènes, je ne suis pas dedans parce que je ris de bon cœur », se réjouit Adèle Exarchopoulos. « Jonathan cherche à donner à s’amuser sans craindre de mal faire ou de louper une blague. Du coup, quand est face à quelqu’un qui a envie de s’amuser, on baisse les armes et on rit avec lui. On est entraîné par cette générosité-là », félicite également Dora Tillier.

Vincent Dedienne, Pierre Niney, Vincent Macaigne, Ramzy Bedia, Stephan Wojtowicz, Olivier Baroux, Laetitia Casta, François Civil, Seth Gueko, Gilles Lellouche, Noémie Lvovsky, Gilbert Melki, Helena Noguerra, Orelsan et Marina Rollman complètent cette distribution titanesque. Un vrai « casse-tête » côté production pour accorder les emplois du temps des uns et des autres.

Une « fille avec le cœur à prendre » en saison 2 ?

A l’écran, on se régale à voir la complicité de cette bande dans des rôles si farfelus : Adèle Exarchopoulos en femme à cœur de singe (vraiment), Camille Chamoux le sexe à l’air (vraiment, vraiment), Leïla Bekhti en psychopathe ou encore Laure Calamy en bigote. Malgré quelques gags un peu datés (comme ce travesti parmi les candidates, également présent dans la version US), on rit de bon cœur grâce aux répliques absurdes du type « Quelle est ta plus grande peur dans la vie ? – Le Puy du Fou. »

Si le succès est au rendez-vous, Jonathan Cohen a déjà sa petite idée pour une saison 2 : « Une fille avec le cœur à prendre et que des mecs prétendants ? On a envie de travailler dessus. »