« The Walking Dead : World Beyond » : Dans le monde d’après, les jeunes n'ont plus peur des zombies

ZOMBIELAND « The Walking Dead : World Beyond », disponible ce vendredi sur Prime Video, résonne étrangement en pleine pandémie de coronavirus

Anne Demoulin

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Aliyah Royale et Alexa Mansour sont les héroïnes de « The Walking Dead: World Beyond ».
Aliyah Royale et Alexa Mansour sont les héroïnes de « The Walking Dead: World Beyond ». — Carlos Serrao/AMC

Après neuf saisons de The Walking Dead et cinq du spin-off Fear the Walking Dead, les zombies de Robert Kirkman envahissent une nouvelle série. The Walking Dead: World Beyond, disponible ce vendredi sur Amazon Prime Video, suit les aventures de deux sœurs, la sage Iris (Aliyah Royale, vue dans The Red Line) et l’intrépide Hoppe (Alexa Mansour, vue dans How to Get Away with Murder), deux adolescentes appartenant à la première génération ayant grandi après l’apocalypse dans l’enceinte d’une zone sécurisée, à l’abri des morts-vivants.

Avec l’aide de leurs amis Felix (Nico Tortorella, vu dans Younger) et Elton (Nicolas Cantu, aperçu dans The Good Place), les deux jeunes femmes vont quitter leur cocon afin de retrouver leur père, bravant tout à la fois la menace des zombies et les adultes de cette mystérieuse organisation dont le fameux logo aux trois anneaux a été aperçu sur l’hélicoptère emmenant Rick Grimes dans la série mère… Cette nouvelle mythologie résonne étrangement avec notre quotidien en pleine pandémie de coronavirus.

La pandémie a « créé une chose intéressante »

La sortie du show, initialement attendu au printemps 2020 sur la chaîne américaine AMC, a été repoussée, pandémie oblige, à l’automne. « Nous mettions la dernière touche aux deux derniers épisodes en postproduction lorsque la pandémie a frappé », raconte Matthew Negrete à 20 Minutes lors d’une interview via Zoom.

Mais ce report a « créé une chose intéressante, estime le showrunner. Dans cette série, vous avez des jeunes qui ont été confinés dans cet espace alors qu’ils aspirent juste à vivre dehors dans le monde. Ils se sentent un peu enfermés. »

« Des parallèles qu’il est impossible d’ignorer »

Si, à l’évidence, les scénaristes n’ont pas anticipé la pandémie, « il y a là des parallèles qu’il est impossible d’ignorer », souligne Matthew Negrete. Une « grande partie de la saison 1 » est constitués de flash-back sur l’apocalypse, cette nuit où tout s’est effondré : « Il y a des indices sur ce que le gouvernement a fait ou n’a pas fait et sur ce que les militaires ont fait ou n’ont pas fait. Cela questionne les systèmes en place aujourd’hui quand quelque chose comme cela arrive. »

Et de poursuivre : « Il y a cette aspiration, je pense, au moins pour moi personnellement, de faire en sorte que le monde redevienne comme il était avant. Il y a eu un changement de vie et d’expérience, et tout semble différent maintenant. Les personnages de la série traversent beaucoup de choses de cette façon. Mais avec le recul, encore une fois, parce qu’évidemment nous ne savions pas que cela allait arriver. Nous avions terminé d’écrire la saison 1 lorsque la pandémie est arrivée. »

« "Stand By Me" a été une grande source d’inspiration »

The Walking Dead : World Beyond est aussi un teenage show, une histoire de passage à l’adulte. « L’un de mes films préférés des années 1980 est Stand By Me, qui suit des enfants qui partent à l’aventure et apprennent à connaître la vie et à se connaître eux-mêmes, et qui reviennent de cette quête. Ils sont très différents et ont grandi d’une certaine manière. Et ce film a été une grande source d’inspiration pour moi », confie le showrunner.

« Quand on est adolescent, toutes les émotions sont exacerbées. Si quelqu’un vous dit quelque chose qui ne va pas, on a l’impression que l’on vous arrache le cœur et que l’on vous déchire la poitrine », explique Matthew Negrete. Sauf que dans l’univers hostile de The Walking Dead, « les zombies peuvent vraiment vous arracher le cœur. Cette métaphore n’est plus du tout métaphorique pour les personnages de la série. Et ces sentiments d’adolescents avec l’apocalypse en toile de fond, c’était irrésistible pour moi », poursuit-il.

« On est reparti de zéro »

Nul besoin d’avoir vu les autres séries de la franchise, l’histoire fonctionne indépendamment des autres. « Nous découvrons de tous nouveaux personnages dans un tout nouveau coin de l’univers dans lequel la bande dessinée n’est jamais entrée », explique le showrunner. Et d’ajouter : « Le développement autour de cette organisation appelée CRM [Civic Republic Military, que l’on peut traduire par République civique militaire] n’a jamais fait partie de la bande dessinée non plus. On est parti de zéro. »

Dans The Walking Dead : World Beyond, Julia Ormond incarne la trouble Elizabeth. « Elle est à la tête de cette grande organisation ou du moins, elle en est l’une des responsables. Je voulais quelqu’un qui a de la présence, et en même temps de la vulnérabilité. Pour moi, Julia incarne tout cela », commente Matthew Negrete.

Un rôle assez inattendu pour l’actrice britannique : « J’ai regardé The Walking Dead avec frénésie quand Matt et Scott [M. Gimple, le responsable du contenu de l’univers de The Walking Dead à AMC] m’ont approchée. J’ai adoré ! J’ai vraiment cherché à savoir si le monde créé autour des personnages était solide. En tant qu’actrice, vous cherchez des rôles différents et j’avais l’impression de n’avoir jamais joué ce type de personnage auparavant », confie l’actrice à 20 Minutes. Un personnage qui risque d’intéresser les fans de l’univers The Walking Dead curieux de savoir quel sort la CRM a réservé à l’emblématique Rick Grimes !