« Hartley coeur à vif » en intégral sur MYTF1 : Pourquoi la série n'a rien à envier aux teen dramas actuels

NOSTALGIE L’intégral de « Hartley cœur à vif » arrive sur MYTF1 ce vendredi

Laure Beaudonnet

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Anita (Lara Cox) et Drazic (Callan Mulvey) dans "Hartley coeur à vif"
Anita (Lara Cox) et Drazic (Callan Mulvey) dans "Hartley coeur à vif" — Gannon Television Production
  • La série culte « Hartley cœur à vif » revient en intégral sur MYTF1.
  • Cette série d’ado a marqué les années 1990.
  • Retour sur un anti « Berverly Hills » avant-gardiste en son temps.

La madeleine de Proust d’une génération entière s’apprête à revenir sur nos écrans. Hartley Cœur à vif, la série teen australienne culte des années 1990 créée par Ben Gannon et Michael Jenkins, fait son retour en intégral sur MYTF1 ce vendredi. L’occasion pour les générations Y et Z de prendre conscience que le petit écran n’a pas attendu Euphoria, 13 Reasons why, ou Riverdale pour jeter une lumière crue sur la jeunesse. Retour sur un feuilleton, diffusé en 1995 en France, qui n’a rien à envier à ses concurrentes actuelles.

A travers ces sept saisons (et 210 épisodes), on suit le quotidien de deux générations successives de lycéens de Sydney portées, chacune, par un couple iconique : d’abord Nick et Jodie, et ensuite Anita et Drazic. Des histoires d’amour, de désamour, de rivalité, des amitiés passionnelles avec l’océan en toile de fond (on est en Australie, ne l’oublions pas). Des thèmes intemporels et chers aux teen dramas.

Un anti- « Beverly Hills »

Dans la veine d’Angela 15 ans (1994), cette série grunge a su faire la différence avec ses rivales télévisuelles de l’époque. Beverly Hills 90210, en tête. Si les deux séries partagent les paysages de plage, la comparaison s’arrête là. Avec des personnages issus d’un milieu social plutôt populaire, Hartley Cœur à vif s’est rapidement démarquée, peignant un portrait ultra-réaliste de la génération 1990.

Les jeunes de la série australienne, souvent livrés à eux-mêmes, doivent composer avec un quotidien pas toujours facile où les problèmes d’argent sont légion. Ils troquent le shopping à L.A. contre les parties de billard dans un rade nommé Sharkpool. Loin des grandes villas américaines, certains lycéens qui ont quitté leur foyer cohabitent dans un vieil entrepôt délabré. Bref, on est à des années-lumière du bling bling de Kelly, Brenda et leur clique. Les jeunes apprennent la vie à la dure et certains doivent bosser à la sortie des cours pour gagner leur vie.

Hartley Cœur à vif a su prendre le contre-pied de la majorité des teens grand public centrés sur des personnages blancs, beaux et riches. Elle montre au contraire des gueules cassés, des cheveux gras, des styles débraillés ambiance Kurt Cobain… On sort des physiques lisses et peroxydés des beaux quartiers de Beverly Hills. Surtout, la série a su montrer une certaine diversité de la société, chose rare sur le petit écran à cette époque.

Une série avant-gardiste

On rencontre de nombreuses origines à Hartley High : grecque (Nick Poulos, Katerina, Costa), sud-américaine (Chaka Cardenes), libanaise (Rose Malouf), asiatique (Mai Hem)… Certes, la série aurait encore de gros efforts à faire sur le terrain de l’inclusion. Elle pâtit notamment de l’absence de personnages LGBT (à part un vague prof dans la saison 1) mais elle reste avant-gardiste sur certaines questions de société abordées : contraception, grossesse, suicide, drogue… Sans oublier qu’elle a su s’émanciper de l’archétype de la figure féminine qui ne s’intéresse qu’aux mecs. Les personnages féminins sont complexes, indépendants et survoltés, comme Jodie, chanteuse baba cool qui rêve de vivre de sa musique, Katerina au caractère bien trempé, ou encore, l’excentrique Mai.

La révolte n’est jamais très loin dans ce teen show qui met en scène des rebelles à la dérive, parfois ostracisés, à travers les traits de Rivers, Bolton et surtout l’inoubliable Drazic dont le couple avec Anita figure parmi les plus mythiques du petit écran. N’oublions pas que la qualité d’une série adolescente repose en partie sur son couple vedette. Newport Beach ne serait rien sans Summer et Seth, Beverly Hills sans Brenda et Dylan, Dawson sans Joey et Pacey (sorry pour les fans de Dawson), Angela 15 ans, sans Angela et Jordan Catalano…

Une histoire d’amour mythique

Si l’histoire d’amour entre Nick et Jodie des premières saisons avait déjà retenu l’attention du public, la passion entre Drazic et Anita, devenue culte, a offert une version ultra-efficace au canevas classique de la jeune fille de bonne famille détournée par le bad boy insensible. Une trame indémodable qui a traversé les âges des comédies romantiques et teen en tous genres -d’Orgueil et Préjugé à Dix bonnes raisons de te larguer, en passant par les séries Newport Beach, Gossip Girl, Good Trouble ou On my block- et qui atteint des sommets dans cette variante du « fuis moi je te suis ».

Hartley Cœur à vif a marqué son époque et pourrait bien séduire aussi les nouvelles générations. Pour peu qu’elles arrivent à entrer dans un monde exempt de la plupart des outils numériques.