« Grand Hôtel » : Comment TF1 a dépoussiéré la grande saga familiale ?

SOAP Quinze ans après « Dolmen », TF1 renoue avec la grande saga familiale grâce à « Grand Hôtel »

Anne Demoulin

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Solène Hebert (Margaux) et Victor Meutelet (Anthony) dans « Grand Hôtel ».
Solène Hebert (Margaux) et Victor Meutelet (Anthony) dans « Grand Hôtel ». — François LEFEBVRE/CAPA/TF1
  • TF1 diffuse ce jeudi à 21h05 Grand Hôtel, une grande saga familiale en huit volets portée par Carole Bouquet.  
  • Un pari pour TF1 qui renoue avec le genre quinze ans après Dolmen
  • La recette pour dépoussiérer la saga. 

Il fut un temps où les sagas françaises constituaient une valeur sûre pour les grandes chaînes. Sur TF1, il y avait eu d’abord Le Vent des moissons (1988) avec Annie Girardot, puis Les Cœurs brûlés (1992) et sa suite, Les Yeux d’Hélène (1994) avec Mireille Darc. Quinze ans après Dolmen, TF1 renoue avec ce genre grâce à l’adaptation de Gran Hotel, série espagnole à succès diffusée de 2011 à 2013. « C’est TF1 qui nous a demandé de faire une grande saga. La chaîne pense que le public a envie de revoir ce genre à la télévision », explique Paloma Martin y Prada, productrice chez Capa Drama. Avec Grand Hôtel, diffusé dès ce jeudi à 21h05, feuilleton en huit épisodes emmené par Carole Bouquet, TF1 compte bien dépoussiérer le genre. La recette d’une saga version 2020.

« On s’est demandé comment ne pas être pas être mièvre et comment remettre au goût du jour la saga avec des ressorts dramatiques épiques qui accrochent le public », raconte Paloma Martin y Prada. Du Downton Abbey à la sauce espagnole d’origine, les scénaristes Aurélie Belko et Sébastien Le Délézir ne vont pratiquement rien conserver « à part le point de départ, à savoir un homme se fait embaucher dans un grand hôtel à la recherche de sa sœur qui a mystérieusement disparue », résume la productrice.

La nouvelle fiction de TF1 suit donc les aventures d’Anthony Costa (Victor Meutelet, repéré dans Le Bazar de la Charité), qui, sous couvert d’une fausse identité, devient serveur dans un luxueux palace de la Côte d’Azur afin d’enquêter sur la disparition de sa sœur, femme de chambre dans l’établissement. Le jeune homme va vite s’apercevoir que la propriétaire de l’hôtel, Agnès Vasseur (Carole Bouquet, impeccable dans le rôle de la matriarche froide et autoritaire) et son futur gendre Sam (Virgile Bramly) cachent de sombres secrets. Il va aussi vite succomber au charme de la fiancée de ce dernier, Margaux (Solène Hebert, vue dans Demain nous appartient), une des héritières du palace.

S’amuser avec les codes du genre

Une histoire de famille contrariée, des secrets de famille enfouis, des trahisons… Grand Hôtel embrasse tous les codes du genre, en joue et assume. « On respecte le genre en lui rendant hommage tout en le modernisant. A partir du moment où l’on accepte ces codes, tout devient possible, et si on se laisse embarquer, c’est très addictif », commente la productrice. Et d’ajouter : « On s’est dit : c’est une saga alors on met les gaz et on y va à fond. On ne s’interdit rien. » Sur le plateau de tournage, Carole Bouquet « riait de son personnage en disant : “Je suis vraiment atroce”, tout comme Anny Duperey qui joue aussi une méchante et disait, morte de rire, “Mais comment peut-on parler comme ça à ses enfants ?” », se souvient la productrice.

S’inspirer des grands soaps américains

Les auteurs, Aurélie Belko et Sébastien Le Délézir, sont des « aficionados » de ces grandes fresques où de riches familles s’entre-déchirent. « Leurs références sont américaines », souligne la productrice énumérant Gossip Girl, le reboot de Dynastie ou encore Succession. Au sein de la famille Vasseur, comme dans la série de HBO, « tout le monde se déteste et ils ont tous envie de tuer la mère », résume Paloma Martin y Prada. Si Grand Hôtel est beaucoup moins acide et féroce que Succession, elle compte sur sa French Touch pour séduire. « C’est une série très française avec Carole Bouquet habillée par Chanel, la côte d’Azur », annonce la productrice.

Rajeunir le casting

« La saga est un rendez-vous familial », rappelle l’experte. Le casting mixte donc des « gens venus d’horizons différents ». Avec d’un côté, des talents confirmés comme Carole Bouquet, Hippolyte Girardot, Anny Duperey ou encore Bruno Solo, de l’autre, des jeunes talents comme Maxence Danet-Fauvel, connu pour son rôle d’Eliott dans le phénomène Skam, Victor Meutelet, Solène Hebert de Demain nous appartient, et Alain-Fabien Delon (oui, le fils de…) Bref, un casting qui devrait séduire toutes les générations. « Ce mélange a donné naissance à une vraie troupe », se réjouit la productrice qui raconte comment le confinement, survenu « au beau milieu du tournage » a soudé l’équipe. « On a vécu quelque chose de fort tous ensemble et on a été parmi les premiers à reprendre le chemin du plateau », confie-t-elle.

Miser sur une bande-son moderne

Exit « les grandes propriétés avec des cigales » un peu poussiéreuses, pour les décors, « On a choisi l’hôtel de Saint-Jean-Cap-Ferrat parce que c’est un palace qui a été récemment rénové, on ne voulait pas quelque chose qui fasse ancien », explique la productrice. La réalisation, signée Yann Samuell et Jérémy Minui, se veut aussi plus moderne avec d’amples plans larges sur le luxueux établissement réalisés à l’aide de drones, des plans aussi qui imitent l’esthétique visuelle des réseaux sociaux. La production mise aussi sur sa bande originale contemporaine avec des tubes tels que Human de Rag’n’Bone Man ou Can’t Hold Us de Macklemore & Ryan Lewis feat. Ray Dalton.

De beaux jeunes gens, du soleil, et des tonnes de rebondissements… Ces ingrédients qui ont d’ores et déjà fait recette en access prime time avec les audiences majuscules de Demain nous appartient. Grand Hôtel devrait donc tenir en haleine les téléspectateurs de TF1 durant quatre semaines, au moins : « Nous sommes en réflexion pour une saison 2 », confie la productrice.