« Skam France » : « Le confinement a confirmé ma vocation d’acteur », confie Maxence Danet-Fauvel

INTERVIEW Maxence Danet-Fauvel a repris son rôle d'Eliott dans « Skam France » pour un spot de sensibilisation à l’importance des gestes barrières

Propos recueillis par Anne Demoulin

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Maxence Danet-Fauvel est connu pour son rôle d’Eliott Demaury dans l'adaptation française de la série norvégienne « Skam ».
Maxence Danet-Fauvel est connu pour son rôle d’Eliott Demaury dans l'adaptation française de la série norvégienne « Skam ». — Thibault GRABHERR
  • France Télévisions lance ce jeudi une série de trois spots avec les héros de « Skam France » afin de sensibiliser les jeunes à l’importance des gestes barrières.
  • Maxence Danet-Fauvel, qui campe Eliott dans la série, fait partie du casting.
  • Il raconte cette expérience et revient sur l’évolution de son personnage en saison 6.

Comment sensibiliser les jeunes à l’importance des gestes barrières afin de limiter la propagation du Covid-19 ? France Télévisions mise sur l’incroyable influence des héros de Skam France sur les jeunes adultes. Maxence Danet-Fauvel campe le charismatique Eliott Demaury depuis la saison 3 dans la série à succès de France TV Slash, qui diffuse actuellement la saison 6. L’acteur de 26 ans a participé à l’un des trois spots de prévention qui mettent en scène les héros de Skam pendant le déconfinement et seront diffusés sur la chaîne publique dès ce jeudi. Le comédien raconte cette expérience à 20 Minutes et revient sur l’évolution de son personnage, l’un des plus appréciés des fans de la série, en saison 6.

Pouvez-vous nous parler des spots que vous avez tournés mardi ?

Tout s’est fait très vite ! France Télévisions nous a proposé de participer à ces spots vendredi soir. L’idée est de dire : « Ok, il y a le déconfinement, mais si on commence tous à faire n’importe quoi, on va repartir pour un tour. » Dans ces spots, on met en scène des situations de la vie courante des jeunes comme croiser un pote que l’on n’a pas vu depuis longtemps ou se passer un paquet de chips assis dans l’herbe. L’idée est de montrer qu’aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, les règles ont changé. Il faut les respecter pour aller de l’avant et pour en finir avec le coronavirus le plus rapidement possible !

Dans quelles conditions le tournage s’est déroulé ?

C’était très particulier ! Les règles sanitaires étaient hyperstrictes. Généralement, dans le camion loge, on maquille trois, quatre ou cinq comédiens en même temps. Là, on s’est fait maquiller un par un et, entre chaque comédien, le camion loge était entièrement désinfecté. Les comédiennes ont ramené leur propre maquillage. Les comédiens ont été maquillés légèrement avec de la poudre. Sur le tournage, le port du masque était obligatoire. On a tous mangé à midi en respectant les règles de distanciation. C’était particulier parce que l’ambiance sur les tournages de Skam est généralement très joyeuse et chaleureuse… et là, alors qu’on s’adore tous très fort, on s’est vu sans pouvoir se faire de câlins ou se prendre dans les bras. Mais c’était cool que les tournages reprennent et s’adaptent parce qu’on a tous envie de travailler.

Comment avez-vous vécu cette expérience de confinement ?

J’ai été confiné dans un appartement de 15 m2 à Paris. Mentalement, c’était un peu compliqué parce que j’ai énormément travaillé ces dernières années sans prendre de vacances. Je n’étais donc pas habitué à me forcer à me reposer. Et on tourne facilement en rond dans 15 m2. Ça a donc été un peu dur au début. Avec les médias et l’annonce quotidienne du nombre de morts, c’était très anxiogène. Au bout d’un moment, je me suis dit puisqu’il faut se couper du monde, autant le faire ! J’ai arrêté mes notifications et de regarder les infos macabres le soir. Je me suis concentré sur le repos et j’ai pris du temps pour moi !

Qu’en avez-vous tiré ?

La pensée la plus redondante pour moi pendant le confinement, c’était « J’ai envie de retourner travailler ! ». Le confinement a été un bon moyen de savoir si on était bien dans ce qu’on faisait et heureux dans sa vie. Mon travail me manquait et je me suis dit : « C’est génial, la seule chose à laquelle tu penses c’est de reprendre le taf ! » Il y a quatre ans, je ne me serais jamais dit cela. Le confinement m’a conforté dans l'idée que je voulais être acteur, que c’était ça que je voulais faire de ma vie.

Quelles séries avez-vous binger pendant le confinement ?

J’avais complètement arrêté de le faire depuis deux ans et là, je m’y suis remis ! Je me suis fait tout The Office ! J’ai bouffé les neuf saisons en deux semaines ! J’ai maté Chernobyl. Je me suis fait la première saison de The Handmaid’s Tale, cinq saisons de Vikings et l’intégrale de How I Met Your Mother. J’ai aussi regardé tous les  Miyazaki… Je n’étais abonné à rien avant et, pendant le confinement, comme il y a un mois gratuit, je me suis abonné à tout et j’en ai profité à fond. 

Plus de conventions, plus de séances de projection en public, comment gardez-vous le lien avec les fans ?

C’est vrai que c’est dur sans ces événements de se rendre compte réellement de notre impact. Depuis le début de la saison 6, je vais voir sur les réseaux sociaux ce que les gens disent à la fin des épisodes. C’est cool, c’est très positif. Mais l’effervescence des projections, ces petits coups d’adrénaline avant de rentrer dans les salles de cinoche, et ces prises de paroles autour de ce que la série défend et les combats qu’on mène, manquent. Ces événements permettent de communiquer plus sur la série et de pouvoir aider aussi. Avec Axel [Auriant, qui joue son petit ami Lucas dans la série], on a beaucoup travaillé avec SOS homophobie par exemple. Cela nous permettait de mener des actions. Sans ces événements, récolter des fonds pour des assos, c’est très dur. Bref, on a eu un petit manque de retour humain sur cette saison !

Comment voyez-vous l’évolution d’Eliott dans cette 6e saison ?

J’ai adoré ce qu’on m’a donné à jouer dans cette saison. C’est cool, parce que même si la saison n’est pas centrée sur Eliott et contrairement à la saison 3, on découvre le personnage dans son environnement à lui au travers les choses qu’il aime faire quand il n’est pas avec Lucas, son mec. C’était agréable de développer ce personnage en dehors d’être « le mec de ». C’est sympa de le voir au vidéo club, dans ces petites soirées un peu clandestines urbex la nuit… Tout cela donne de la profondeur à ce personnage un peu mystérieux dans les saisons précédentes. C’est cool de le voir évoluer seul et de le voir assurer ce rôle de grand frère pour Lola.

Et justement, jouiez-vous aussi ce rôle de grand frère avec Flavie Delangle ?

Quand j’ai rencontré Flavie, il y a eu tout de suite ce truc où je me suis dit qu’elle était comme ma petite sœur. Elle a presque dix ans de moins que moi. Ce côté grand frère est un peu inné en moi, parce que j’ai une petite sœur dans la vie, et ce côté protecteur est très ancré en moi. Plus jeune, j’étais un grand frère poule (rires). Avec Flavie, ça a poppé direct. Sur le plateau, c’était génial, on avait juste à laisser couler ce truc-là. On n’a même pas fait de répétitions alors qu’en saison 3, on a répété pendant un mois et demi avant le tournage. J’étais un peu sceptique par rapport à son jeune âge et j’ai eu tort. Quand j’ai vu le monstre sur le plateau, j’ai dit « Ok » : elle est hypertalentueuse et nourrissante. C’est un bonheur de jouer avec elle ! Elle est sérieuse et impliquée. J’ai kiffé sa manière de bosser.

Cette saison, c’est un peu un passage de flambeau, comment l’avez-vous vécu ?

Quand on a tourné la scène de fin de saison 5 où tous les personnages se donnent la main face au mur, il y a eu vraiment un truc en nous tous. Tous les anciens se sont dit qu’ils étaient en train de passer le flambeau. Quand je vois en saison 6 les petits nouveaux, je me dis qu’ils sont géniaux, on a trop envie d’être pote avec eux. Ils sont trop cool dans ce nouveau gang : ils font de l’urbex, ils ont les cheveux violets et ils ont vraiment des dégaines de dingue comme la petite Louise Malek, qui joue Jo, avec ses survêts Lacoste et son bob. En plus, j’ai la chance avec Eliott qui a une place importante dans l’histoire de Lola, d’être le flambeau en question. On passe le relais et après ils peuvent voler de leurs propres ailes et ce sera très cool.

Etes-vous prêt à assurer ce rôle de grand frère de cette nouvelle génération dans d’autres saisons ?

Complètement ! Mais il n’en ait pas encore question, on ne m’a encore rien proposé. Il y a énormément de facteurs à prendre en compte : est-ce qu’on me le proposera ? Si oui, dans quelles conditions ? Avec quelle histoire ?

Avez-vous d’ores et déjà d’autres projets ?

J’ai plein de projets, c’est cool. Je suis en train de tourner une série pour TF1 qui s’appelle Grand Hôtel, avec un super casting : Bruno Solo, Carole Bouquet et Victor Meutelet, un jeune comédien qui déchire. Si c’est possible, on va reprendre le tournage début juin, il me reste sept jours à faire. J’ai tourné un film l’an dernier pour France 2, Le Diable au cœur, pour lequel j’ai gagné un prix du meilleur espoir masculin au Festival des créations télévisuelles de Luchon. Il ne devrait pas tarder à sortir. J’ai hâte de montrer ça aux gens. Je joue un rôle de délinquant criminel loin de celui de Skam et de moi. C’était trop amusant à tourner. La suite, on va voir. Je ne sais pas du tout comment la reprise des castings et des tournages va se faire pendant le déconfinement.