« Skam France » : La série « a repoussé tous les champs des possibles », estime Ayumi Roux

INTERVIEW Ayumi Roux crève l’écran dans la saison 6 de « Skam France. » Pour « 20 Minutes », la comédienne se confie sur son arrivée dans la série

Propos recueillis par Clément Rodriguez
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Ayumi Roux incarne Maya, une ado au fort tempérament dans « Skam »
Ayumi Roux incarne Maya, une ado au fort tempérament dans « Skam » — Thibault GRABHERR/ GTV
  • La saison 6 de Skam France poursuit sa diffusion sur francetv slash.
  • Le personnage de Maya, qui a fait son arrivée cette année, est incarné par la jeune comédienne Ayumi Roux.
  • Elle confie à 20 Minutes ses impressions sur le tournage et l’importance de l’impact de la série chez ses fans.

Difficile de passer à côté d’Ayumi Roux ces derniers temps. Sur le petit écran ou au cinéma, la comédienne de 19 ans se taille une place de choix dans les productions françaises. Au casting des séries Amours Solitaires sur Arte et francetv slash, et Vampires sur Netflix, elle incarne en ce moment Maya, l’un des personnages principaux de la saison 6 de Skam. Disponible sur francetv slash, la fiction aux 100 millions de vues aborde le thème de l’addiction grâce à une palette de personnages hauts en couleur dont Maya, une ado pleine de convictions. Une personnalité à laquelle s’est attachée Ayumi Roux, qui revient pour 20 Minutes sur son arrivée dans la série.

Comment s’est organisée votre arrivée sur Skam ?

Tous les personnages de Skam ont passé le casting sans savoir que c’était pour cette série-là. Quand je l’ai passé, l’équipe cherchait des jeunes pour jouer dans une série déjà existante et c’est tout ce que je savais. C’est durant le call-back que j’ai appris que c’était pour Skam. Je n’ai pas tenté de savoir pour quelle série c’était, parce que selon moi, mon casting ne s’était pas très bien passé. Je me suis dit que je n’allais pas chercher et me casser la tête à tenter de deviner. Quand mon agent m’a dit que ça s’était bien passé, j’ai commencé à me poser des questions, mais je ne connaissais pas Skam avant. J’en avais déjà entendu parler parce qu’elle est tellement imposante, mais je ne l’avais pas regardée.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le personnage de Maya ?

Il y a énormément de choses qui m’ont séduite parce que c’est une fille très forte malgré ce qu’elle a vécu. Je trouve ça dingue qu’elle soit aussi souriante, joviale, avenante en permanence et qu’elle essaye de se battre pour les autres alors qu’elle-même s’est fait rabaisser dans le passé. C’est un bel exemple. Ce qui m’a touchée chez elle, c’est le fait qu’elle soit engagée pour différentes causes, comme la cause LGBT ou l’environnement. Ce sont des choses qui sont importantes pour moi. C’est juste normal pour elle de défendre ces causes-là et d’être active.

Est-ce que vous lui avez insufflé des traits de caractère qui vous sont propres ?

Je me suis dit que c’était une fille avec qui j’aimerais être pote. Je l’ai prise comme la fille la plus cool que j’aurais pu imaginer, donc j’y suis allée à fond. Je n’avais rien contre elle, et je me suis dit que son personnage devait être comme ça. Il y a plein de choses dont je peux m’inspirer moi-même, j’essaye d’être active pour la cause écologique et la cause LGBT. C’est sûr que ça m’a inspirée, mais ce n’est que l’avènement de ce pourquoi je me suis battue toute ma vie donc ce n’est pas si loin de moi.

Est-ce que le principe de diffusion en temps réel de Skam ne vous a pas fait peur ?

Comme je ne connaissais pas Skam auparavant, je ne me rendais pas compte de l’ampleur que ça prenait au moment où c’était diffusé. Ça a été un choc, mais un bon choc. J’ai reçu pas mal de messages très bienveillants, c’est hyper chaleureux. Avec la diffusion en temps réel, Skam a vraiment repoussé tous les champs des possibles. Déjà qu’ils représentent au maximum la vraie vie, avec cette histoire de temporalité, je trouve ça complètement ouf.

Comment voyez-vous la relation entre Maya et Lola ?

Je pense que ce sont deux filles qui se complètent très bien. J’ai l’impression que même si elles sont très différentes, il y a des choses marquantes qui sont arrivées dans les vies de l’une et de l’autre, ce qui fait qu’elles se comprennent. Maya représente un peu cette lumière qui va tirer Lola vers la surface, et en même temps j’ai l’impression que Lola aide aussi Maya. Ça me fait penser au yin et au yang, le côté pur et le côté obscur, les deux sont obligées d’être ensemble pour créer un équilibre.

Parler d’addiction aux jeunes sur le service public, c’est important pour vous ?

C’est hyper important. Ça m’a surpris que ce soit diffusé sur un programme de service public, c’est pour cela que ça m’a fait d’autant plus plaisir d’en faire partie. La fin du lycée, c’est la fin de l’éducation qu’on reçoit tous au même niveau, c’est la dernière étape pour nous dire ce qu’on doit faire moralement ou pas. C’est une période très importante de la vie. Ensuite, on rentre dans la vie adulte et on est moins suivis. Si on a des problèmes, c’est plus dur d’en sortir parce qu’on est moins soutenus. C’est à ce moment-là qu’on essaye le plus de choses, donc ça peut arriver plus souvent à cette période-là.

Dans les séries dans lesquelles vous jouez, on vous reconnaît facilement grâce à votre couleur de cheveux. C’est voulu ?

Tout a commencé avec mon premier projet, le court-métrage Yandere. Le réalisateur William Laboury m’avait demandé de me colorer les cheveux. Ça a commencé à ce moment-là et ça ne s’est jamais arrêté. Quand j’arrivais aux castings, j’avais toujours les cheveux colorés, et ça s’est juste fait comme ça. Je n’ai jamais retrouvé mes cheveux normaux. Je ne m’en occupais plus entre les projets, donc j’arrivais aux auditions avec les cheveux décolorés, et on me disait “Ah, tiens, bonne idée !”. Sur Slash, ils ne voulaient pas que j’aie les cheveux de la même couleur sur les différents projets. Ils sont bleus dans Mental, et violets dans Skam. Mes cheveux sont le dommage collatéral de ce métier !

Comment avez-vous occupé votre confinement ? En avez-vous profité pour travailler ?

J’ai bien occupé mon confinement. Je n’ai presque regardé aucun film alors que je fais ça toute l’année. J’ai travaillé les langues, l’anglais et le japonais, j’ai fait de la musique. Je vis avec ma grand-mère à côté de Lyon, elle est comme ma meilleure amie, et on a fait beaucoup de jeux, on profite l’une de l’autre. J’ai aussi passé des castings et des call-backs en vidéo, mais comme ils ne savent pas quand les productions vont reprendre, on est encore en attente pour les étapes finales.