VIDEO. Avec « Stalk » sur France TV Slash, vous ne regarderez plus vos écrans et vos ados comme avant

123456! La première saison de 10 épisodes est disponible en intégralité depuis venderdi

Vincent Julé

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« Stalk » sur France TV Slash propose de passer du côté obscur des écrans, et de la jeunesse
« Stalk » sur France TV Slash propose de passer du côté obscur des écrans, et de la jeunesse — FTV/ Raphaël Dautigny

Après le phénomène Skam France et la touchante Mental, France TV Slash confirme son statut de the place to be pour la jeunesse, les jeunesses. Dernière preuve en date avec la nouvelle série Stalk, qui propose aux spectateurs et spectatrices de passer du côté obscur non pas de la force, mais des écrans. Comme son titre l’indique, il y est question de stalking, du verbe to stalk (traquer), pratique de harcèlement, punie par la loi, qui a changé de nature avec les nouvelles technologies et les réseaux sociaux.

« Tout est parti d’une photo de Mark Zuckerberg où tu voyais un stick sur sa webcam, raconte Simon Bouisson, le co-créateur et réalisateur de Stalk, disponible depuis vendredi sur Slash. Or, je me suis rendu compte que Donald Trump et le Pape en avaient aussi… Si les grands de ce monde le font, c’est que tu es en pleine parano contemporaine. »

Le portable, l’objet de la jeunesse par excellence

Une paranoïa que la série exploite dans le cadre d’une école d’ingénieurs, avec les futurs génies de l’informatique, et du piratage, à commencer par Lucas (Théo Fernandez). Mais humilié lors d’un week-end d’intégration, il décide de se venger des membres du BDE et de leur leader Alex (Pablo Cobo).

« Il entre dans tous les téléphones, ordinateurs, objets numériques, commente Simon Bouisson. Il peut tout voir, ou même entendre si tu colles un sticker sur la caméra. Ma première intention était à la fois de rendre parano et de conscientiser les gens, qu’ils comprennent que l’objet qu’ils ont en main, l’objet de la jeunesse par excellence, en qui ils ont une entière confiance, peut potentiellement les épier et les traquer tout le temps. »

Une angoisse contemporaine

Lucas devient ainsi rapidement un héros ambigu, immoral, et la série teste ainsi l’empathie du public, à l’instar de Scarface, Breaking Bad, ou plus récemment, et plus jeune, de You sur Netflix. « On est pris à notre jeu, on a envie qu’il ne s’arrête pas, qu’il aille de plus en plus loin, commente l’auteur-réalisateur. Que ce soit lorsqu’il manipule Alex, pour mieux le remplacer, ou dans sa relation avec Alma [Carmen Kassovitz, fille de et du charisme à revendre] qu’il séduit à ses dépens. C’est le classique « rise and fall »

« Lucas, sous son pseudo Lux, représente la société d’aujourd’hui, où on est traqués par les algorithmes, où les publicités sur Instagram sont étonnamment parfaitement ciblées… Il est moins une menace personnifiée qu’une angoisse contemporaine. »

Stalkés et stalkeurs ?

Au test de l’empathie, le « je t’aime, donc je te stalke » passe un peu moins, surtout en ces temps de #MeToo et de cyberharcèlement, auquel 20 Minutes a consacré la série «Pris pour cible». « Alma est d’abord très virulente lorsqu’elle apprend que Lucas est le stalkeur, commente Simon Bouisson. Puis elle lui ouvrira des fenêtres sur sa vie, mais qu’elle choisira, pour reprendre le contrôle sur le stalking. Alma incarne l’exhibitionnisme de certains internautes, qui sont à la fois stalkés et stalkeurs. On passe nos vies à regarder des stories, à accéder à l’intimité des gens. Des gens qui ouvrent leur intimité volontairement. Les rapports s’inversent, sont complexes. Ce qui permet d’avoir des personnages non-manichéens. »

Qu’il s’agisse du hacking lui-même, toujours crédible, à la mise en scène des vidéos piratées, toujours inventive, Stalk est une vraie réussite visuelle et narrative, idéale pour le binge watching, et offre un miroir déformant – un black mirror ? – sur les nouvelles technologies et les nouvelles générations.