« The Witcher » : Par où commencer pour adapter en série 3000 pages de romans de fantasy ?

SAGA Netflix dévoile ce vendredi l'adaptation très attendue de la saga « The Witcher »

Anne Demoulin

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Freya Allan et Anya Chalotra campent respectivement Ciri et Yennefer, les deux héroïnes aux côtés de Geralt de Riv dans la saga « The Witcher ».
Freya Allan et Anya Chalotra campent respectivement Ciri et Yennefer, les deux héroïnes aux côtés de Geralt de Riv dans la saga « The Witcher ». — Katalin Vermes/Netflix

​Une série attendue de pied ferme par des millions de fans ! Netflix dévoile ce vendredi la première saison de The Witcher, l’adaptation des romans et recueils de nouvelles d'Andrzej Sapkowski, surnommé le « Tolkien polonais ». La saga littéraire, dix tomes publiés de 1990 à 2013 et un succès planétaire traduit en 27 langues, a d’ores et déjà été déclinée en jeux vidéo, écoulés à plus de 30 millions d’exemplaires, en comédie musicale, film et série en Pologne. « Le plus grand challenge a été de trouver parmi les quelque 3.000 pages de l’œuvre d’Andrzej Sapkowski par où commencer pour introduire au mieux ce monde », raconte Lauren Schmidt Hissrich, aux manettes de ce projet titanesque.


A l’instar de Tolkien avec la Terre du Milieu, l’auteur polonais a imaginé le Continent, un monde divisé en deux (d’un côté les Royaumes du Nord, au sud, l’Empire de Nilfgaard). The Witcher suit les pérégrinations de Geralt de Riv ( Henry Cavill, le Superman des trois films de Zack Snyder), un puissant chasseur de monstres. Lorsque Netflix a proposé à Lauren Schmidt Hissrich, qui a notamment travaillé sur Marvel’s Daredevil, Umbrella Academy et The Defenders, d’adapter la saga, elle a refusé. « J’ai dit : “non” au départ. The Witcher une franchise tellement aimée par les fans, je me demandais si j’étais la bonne personne pour le faire », confie-t-elle. Les patrons de Netflix ont insisté et lui ont demandé comment elle aimerait raconter l’histoire. « J’ai alors réalisé qu’au-delà des monstres et de la magie, cette histoire parlait d’une famille, de trois personnages destinés à être réunis alors qu’ils pensent chacun n’avoir besoin de personne », explique la scénariste.


Deux « femmes fortes, puissantes et indépendantes d’esprit »


Au cours de son périple, Geralt de Riv va croiser la route de deux femmes, Yennefer, une puissante magicienne (Anya Chalotra, vue dans ABC contre Poirot) et Cirilla de Cintra, dite Ciri, une princesse rebelle des Royaumes du Nord (Freya Allan, que l’on verra aussi le 30 décembre sur TF1 dans La Guerre des mondes). La première saison se concentre sur le recueil de nouvelles, Le dernier vœu où « on rencontre Geralt, qui semble très bien s’acquitter de sa tâche, à savoir tuer des monstres, et qui est pourtant universellement détesté. C’était un point d’entrée intéressant pour introduire ce personnage et son monde », commente la scénariste. Ce livre raconte aussi la rencontre entre le héros et Yennefer : « Un moment que les fans attendent beaucoup ! La difficulté était d’amener Ciri dans cette histoire. »

Ces deux personnages féminins prennent ici autant d’importance que dans les livres, sinon plus. « L’heroic fantasy a longtemps été considérée comme un genre masculin, déplore la scénariste. J’ai été surprise de voir dans les livres, écrits en Europe de l’Est dans les années 1990, ces femmes fortes, puissantes et indépendantes d’esprit. Avec mon équipe, nous avons pris ces personnages tels qu’Andrzej Sapkowski les a créés. Nous leur avons juste prodigué un passé plus important », raconte la showrunneuse.

« Yennefer est un personnage iconique de la saga, perçue comme insensible. J’étais intriguée. Connaître son passé m’a semblé très pertinent », se réjouit Anya Chalotra. Et de poursuivre : « Les voix féminines sont tellement importantes. The Witcher rassemble plein de femmes en salle d’écriture. Lauren, non seulement parce qu’elle est une femme, mais par sa personnalité de leader, a une approche très intelligente des personnages. » « Quand j’ai lu le scénario, c’était important de voir des personnages féminins forts, qui ne servent pas juste de faire-valoir à l’histoire de Geralt. Elles ont de la profondeur, on voit vraiment qui elles sont et comment elles en sont arrivées là », se félicite Freya Allan.

« Nous avions besoin de connaître leurs peurs, leurs compétences pour saisir ce qu’elles sont devenues, renchérit Lauren Schmidt Hissrich. L’histoire de ces personnages féminins est aussi exaltante et importante que celles des personnages masculins. Elles ne sont pas plus importantes, mais aussi importantes, ce qui est rare dans l’heroic fantasy », conclut-elle.