VIDEO. « Marianne » sur Netflix, la série d’horreur française coche toutes les cases (clichés ?) du genre

BOUH Si vous aimez les « Conjuring », « Annabelle » et autres films d’horreur à la mode, vous prendrez bien un petit binge de « Marianne », nouvelle série Netflix qui ne cherche pas à révolutionner le genre mais juste à vous faire flipper

Vincent Julé

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«Marianne», nouvelle série française Netflix et incursion dans l'horreur à la «Conjuring»
«Marianne», nouvelle série française Netflix et incursion dans l'horreur à la «Conjuring» — Emmanuel Guimier / Netflix
  • « Marianne » est la nouvelle série française de Netflix, après « Marseille », « Plan coeur », « Osmosis » ou encore « Family Business ».
  • Elle est la nouvelle création de Samuel Bodin, à qui l’on doit déjà les séries « Lazy Compagny » sur OCS et « T.A.N.K. » sur Studio +.
  • Véritable série d’horreur, elle ne s’excuse pas de jouer avec les codes et de s’inspirer des classiques du genre ou du cinéma de James Wan («Conjuring »).

Après Marseille, Osmosis, Huge in France, Family Business, Netflix accélère la quantité de ses séries françaises avec Marianne, la saison 2 de Plan coeur le 11 octobre et bientôt Mortel, Vampires, La Révolution… De la quantité ok, mais synonyme de qualité ? Disponible symboliquement ce vendredi 13, Marianne est présentée par Netflix comme « la première série d’horreur française », ce qui est un peu rapide quand on se souvient des Revenants sur Canal+, Au-delà des murs sur Arte, et plus loin encore de Noires sont les galaxies sur Antenne 2 ou même Belphégor à l’époque de l’ORTF.

Une histoire fantastique

« Loin de nous l’idée, ou la prétention, d’arriver tels des colons, en disant qu’on est les premiers, rectifie Samuel Bodin, créateur et réalisateur de la série. Marianne est née avant l’arrivée de Netflix, lorsque le producteur Raphaël Rocher [ils ont fait Lazy Compagny et T.A.N.K. ensemble] m’a demandé si j’avais une histoire fantastique ou horrifique à raconter. Il s’avère qu’il s’agit de la première série d’horreur française sur Netflix. » Marianne suit Emma (Victoire Du Bois), romancière à succès qui décide de mettre fin à sa saga horrifique, pour se rendre compte que la sorcière qu’elle mettait en scène n’est peut-être pas qu’une fiction. Elle retourne dans sa ville natale découvrir la vérité sur la mystérieuse et maléfique Marianne.

Un exercice formel et ludique

« Le défi était de transformer cette histoire en série, or les récits horrifiques se racontent souvent en un et unique geste, explique Samuel Bodin. La série, elle, appelle à plusieurs gestes, à les allonger, les déformer, et nous manquions de références avec mon coauteur Quoc Dang Tran. De références françaises, mais aussi étrangères. Il existe des séries anthologiques d’horreur, comme American Horror Story, mais pas de feuilletonnantes. Il a fallu chercher dans notre imagination, et bien sûr au cinéma, mais avec une respiration différente. » Marianne est donc aussi, et même surtout, un projet de mise en scène. « L’exercice de l’épouvante part de l’histoire, ajoute le réalisateur, mais il a une dimension formelle, technique, ludique. Je voulais qu’il y ait toujours ce frisson. »

De « Shining » à « Conjuring »

Un frisson très (trop?) proche que ce que proposent les films d’horreur modernes, des Conjuring de James Wan aux productions incontournables de Jason Blum. « J’avais en tête des classiques comme The Shining et L’Exorciste, et leur terreur blanche, mais je n’avais pas la prétention de créer un récit aussi profond et effroyable, avoue Samuel Bodin. En revanche, j’aimais beaucoup l’idée d’un train fantôme, comme le fait James Wan dans Conjuring ou Insidious. Sa mécanique de l’horreur bien huilée, presque virtuose, m’a beaucoup inspiré. Il est très généreux, comme peut l’être aussi Sam Raimi avec les Evil Dead et Jusqu’en enfer. »

« Ado, je faisais toujours le même cauchemar »

Dans Marianne, la peur a un visage, un visage qui hante son auteur depuis longtemps : « Ado, je faisais toujours le même cauchemar où j’étais poursuivi par une sorcière qui prenait la tête des gens de mon entourage. J’ai appris que je n’étais pas seul, c’est un rêve que les jeunes ados font fréquemment. Le réalisateur d'It Follows  le faisait aussi. Cela a duré un an et demi, avant que je commence à regarder des films d’horreur (rires) ».

Pour le look de la sorcière Marianne, il s’est basé sur les peurs enfantines, les contes de fées, la reine-sorcière de Blanche-Neige par exemple : « On voulait quelque chose d’instinctif, d’universel. Lui cacher le visage, la dévoiler petit à petit. C’est très moderne. »

Esprit français, es-tu là ?

« La première série d’horreur française » de Netflix réussit à ménager de beaux moments d’ambiance et de tension. Sous influences c’est sûr, mais c’est assez rare dans le paysage sériel et cinématographique français pour être signalé. Peut-être parce que Marianne parvient aussi à faire oublier, d’une certaine manière, qu’elle est française. « C’est une question que je me posais déjà sur mes séries Lazy Compagny et T.A.N.K., rebondit Samuel Bodin. L’important est, selon moi, de créer un monde, une petite bulle à neige, où mon histoire peut exister. Un peu comme le village d’Astérix ou Springfield des Simpson. Il s’agit de monter le niveau de fiction à un tel point que le spectateur se dise, dans ce contexte-là, dans cet univers-là, l’histoire peut exister, j’y crois. On ne cite d’ailleurs jamais la France ou la Bretagne. Cela permet d’ouvrir l’imaginaire. »

Sur les huit épisodes que compte la série, le téléspectateur devrait avoir le droit à quelques coups de flippe, comme au début de l’épisode 2 où l’agent d’Emma se réveille en pleine nuit et aperçoit les parents de cette dernière lors d’un clin d’oeil à The Visit de M. Night Shyamalan. Samuel Bodin cite également l’épisode 5, un flash-back et une séance de spiritisme, à laquelle il a beaucoup réfléchi, qu’il a voulu différente et… effrayante !

Pourquoi aime-t-on autant les films d'horreur?