Préquel des «Sopranos»: Le fils de James Gandolfini se confie sur la douleur de jouer Tony Soprano

SUCCESSION Michael, le fils de James Gandolfini, raconte le douloureux processus pour succéder à son père décédé dans le rôle de Tony dans le préquel des Soprano

Anne Demoulin

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Michael, le fils de James Gandolfini, aux 20 ans de la série «Les Sopranos» le 9 janvier 2019 à New York.
Michael, le fils de James Gandolfini, aux 20 ans de la série «Les Sopranos» le 9 janvier 2019 à New York. — Charles Sykes/AP/SIPA

Voici vingt ans que Tony Soprano (James Gandolfini) et les différents personnages de son syndicat du crime du New Jersey ont fait leur apparition sur le petit écran et la popularité du chef-d’œuvre de David Chase ne s’est jamais démentie depuis ce sublime final sur fond noir.The Many Saints of Newark, le préquel des Sopranos, est attendu en salles en France le 23 septembre 2020. Dans ce film, Michael Gandolfini, 20 ans, le fils du regretté James Gandolfini, campera une version adolescente de Tony Soprano, l’emblématique rôle de son père. Ce dernier a raconté à Esquire les difficultés qu’il a eues à regarder Les Sopranos pour la première fois afin d’étudier la performance de son père.

Quand James Gandolfini est décédé d’une crise cardiaque à l’âge de 51 ans, Michael n’avait que 14 ans. Il est né au lancement de la série en 1999 et n’a pas regardé la prestation de son père au moment de sa diffusion sur HBO. Il a regardé la série juste avant d’auditionner pour The Many Saints of Newark.

Ce préquel, coécrit par David Chase, le créateur des Sopranos, et le scénariste Lawrence Konner, suivra les aventures de notre mafioso préféré dans les années 1960, avec pour toile de fond les tensions raciales entre Italo-Américains et les Afro-Américains et l’émeute de 1967. Alessandro Nivola jouera le rôle de Dickie Moltisanti, le mentor de Tony Soprano.

« J’avais l’impression qu’il me parlait »

« La partie la plus difficile de tout ce processus a été de regarder la série pour la première fois », a confié le jeune acteur au magazine américain Esquire. « C’était un processus intense. Parce que, en tant qu’acteur, je devais regarder ce type qui a créé le rôle, chercher ses manières, sa voix, toutes ces choses que je devais répéter. Mais je voyais aussi mon père. Je pense que ce qui a rendu les choses si difficiles, c’est que j’ai dû le faire seul. J’étais assise seul dans mon appartement sombre, à regarder mon père tout le temps. J’ai commencé à faire des rêves fous. J’en ai eu un où je passais l’audition devant David et je regardais mes mains, et c’étaient celles de mon père. »

Michael Gandolfini a particulièrement été bouleversé par deux séquences. Dans l’une d’elle, Tony Soprano lance à sa fille Meadow qui vient de rentrer tardivement : « Tu sais que je t’aime, hein ? » et l’autre, c’est lorsqu’il ramène une pizza à son fils pour s’excuser après une dispute et lui dit : « Je ne pourrais demander un meilleur fils ». « J’avais l’impression qu’il me parlait », confie le fils de l’acteur.

Quelle lourde tâche pour ce comédien de 20 ans de rendre justice à l’une des plus grandes performances d’un acteur à la télévision tout en faisant face à son père décédé. Le talent se transmet-il de père en fils ? Avant de découvrir The Many Saints of Newark, on pourra évaluer le talent de Michael Gandolfini dans la troisième et dernière saison de The Deuce, en septembre sur OCS.