VIDEO. «Veronica Mars» est de retour: Pourquoi le monde (des séries) a toujours besoin d'elle

A LONG TIME AGO La saison 4 de «Veronica Mars», prévue ce vendredi sur Hulu, a été mise en ligne par surprise une semaine plus tôt en plein Comic Con

V. J.

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«Veronica Mars» est de retour pour huit épisodes inédits, douze ans après la fin de la série et cinq après le film
«Veronica Mars» est de retour pour huit épisodes inédits, douze ans après la fin de la série et cinq après le film — Michael Desmond/Hulu
  • Veronica Mars est de retour pour une quatrième saison
  • Bien qu’elle ait joué dans d’autres séries, Kristen Bell incarne toujours à merveille l’héroïne.
  • Le monde a changé, la série aussi, elle qui a su être en avance sur son temps

 

Il aurait pu s’agir d’un énième et opportuniste revival, à l’instar de La Fête à la maison, Prison Break ou bientôt Beverly Hills. Mais Veronica Mars avait déjà fait son retour en 2014 avec un film financé en partie  par le crowdfunding et destiné en priorité aux fans. Il offrait une conclusion discrète mais sincère à une série qui, à défaut de cartonner dans les audiences (sur UPN et CW aux Etats-Unis, et 13e Rue et M6 en France), avait touché au cœur ses téléspectateurs. Il faut dire que pour son créateur Rob Thomas (iZombie, Party Down) et le casting, Kristin Bell en tête, Veronica Mars n’était un job comme les autres, mais un vrai projet passion.

Depuis la fin de la saison 3 et l’annulation de la série en 2007, ils militent activement pour sa résurrection sous quelque forme que ce soit, un film, des romans, un spin-off, et maintenant une saison 4 de huit épisodes sur la plate-forme Hulu – et bientôt en France ? Et personne n’y voit jamais rien à dire. Comme si c’était une évidence pour les critiques, les fans, l’industrie. Comme si le monde et les séries avaient régulièrement besoin de Veronica Mars. Mais pourquoi ?

Parce que Kristen Bell est Veronica Mars

De Columbo à Luke Skywalker en passant par James Bond, certains rôles collent à jamais à la peau de leurs interprètes. Qu’ils le veuillent ou non. Certains préfèrent ainsi l’embrasser, comme Sylvester Stallone avec Rocky, ou Kristen Bell avec Veronica Mars. Bien qu’elle ait joué dans d’autres séries (Heroes, The Good Place) et ait une voix reconnaissable entre toutes (La Reine des neiges, Gossip Girl), l’actrice est et restera notre adolescente, détective, féministe, amie, tchatcheuse… préférée !

Il suffit d’ailleurs d’un plan, d’une poignée de secondes, pour que Kristen Bell, pourtant parfaite dans l’actuelle The Good Place, redevienne Veronica. Au début du premier des huit épisodes inédits, elle rentre a priori par effraction dans une propriété. Et cette manière dont elle range ses affaires dans son sac, le met en bandoulière et escalade un portail… le fan est plongé quinze ans en arrière, pour son plus grand bonheur.

Parce que la série était en avance sur son temps

Il ne faut pas oublier que Veronica Mars est à l’origine un teen show, mais elle arrive après les références du genre (Beverly Hills, Dawson, Buffy…) et en condense le meilleur, l’essence. A l’instar d’une série ado qui lui est contemporaine, The O.C. alias Newport Beach. Si cette dernière est presque méta, Veronica Mars privilégie la maturité et la complexité. Chaque épisode, chaque enquête est l’occasion de questionner la société en général, et américaine en particulier, qu’il s’agisse de racisme, de justice, d’égalité des sexes, de lutte des classes… La saison 3 tourne ainsi autour d’une affaire de viols et présage #MeToo dix ans avant, alors que la série elle-même annonce les teen shows plus adultes et responsables d'aujourd'hui.

Parce que le monde a changé et la série aussi

« I’m still angry. » Lorsque l’adolescente Matty, future Veronica en puissance, lui demande si elle était en colère après le meurtre de sa meilleure amie Lily, la détective lui répond qu’elle est toujours en colère. Et le spectateur comprend qu’elle ne parle pas que de Lily. En une décennie, la société a changé, mais pas assez, et pas dans le bon sens. Veronica s’est endurcie, a le regard plus noir, parle toujours autant mais dégaine aussi plus vite son arme ou son taser. Le monde est plus dangereux, et la série en rend compte avec son mystère (un serial killer poseur de bombes) et son ton, plus sombre.

Le monde avait plus que jamais besoin de Veronica Mars, de sa relation dynamique avec son père, de son histoire dysfonctionnelle avec Logan, mais aussi de sa place et de son combat en tant que femme. La saison 4 est d’ailleurs un beau portrait de femmes, avec également la nouvelle shériff ou la propriétaire d’un night-club. Les huit épisodes sont presque trop peu, là où il en aurait fallu 22, et on ne peut qu’espérer que la série revienne pour une nouvelle saison. Mais pas dans dix ans, c’est maintenant qu’on a besoin de toi, Veronica !