VIDEO. «The Boys» sur Amazon Prime Video: Une déconstruction du mythe super-héros... à la sulfateuse!

BAS LES MASQUES Adaptée d’un comics de Gareth Ennis, la série « The Boys », satire sanglante et cynique des super-héros, tombe à point nommé après le carton mondial de « Avengers : Endgame »

V. J.

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Derrière le masque et le sourire des super-héros de «The Boys», se cachent le pire des anti-héros
Derrière le masque et le sourire des super-héros de «The Boys», se cachent le pire des anti-héros — JAN THIJS/AMAZON PRIME VIDEO

Après leur avènement au cinéma et le règne des Avengers , le temps est venu à la déconstruction du mythe des super-héros sur petit et grand écrans. Le comics n’avait bien sûr pas attendu avec le travail de Mark Millar (Kick-Ass, Nemesis, Jupiter’s Legacy), le monument Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons, la satire Brat Pack de Rick Veitch (enfin disponible en France chez Délirium) ou The Boys de Garth Ennis.

Initialement publié chez DC Comics à partir de 2006, ce dernier a vite été annulé, pour mieux repartir chez l’indépendant Dynamite. Il faut dire que The Boys ne s’interdit presque rien dans son portrait au vitriol, voire à l’acide, de pas si super-héros. Un esprit provocateur et cynique que l’on retrouve dans l’adaptation série, disponible vendredi sur Prime Video.

Le pire du super-héros

Le jeune et naïf Hughie voit sa petite amie mourir sous ses yeux, littéralement pulvérisée par A-Train, un super-héros à la Flash. Il ne l’avait pas vu et lui est passé à travers. En une scène gore, le ton est donné. Si les super-héros existent bien et sauvent le monde, ils sont aussi et surtout un business, que la corporation Vought International exploite au maximum : films, publicités, produits dérivés et même leurs vies de stars. Tiens, tiens, cela ne vous rappelle rien ? Qui a dit Disney ? Parmi tous ces supers, les Seven sont un peu les Avengers, et leur leader Homelander un mix de Superman et Captain America. Le top du super-héros ? Le pire !

Une réflexion percutante

Derrière leurs sourires de façade, les selfies avec les fans, ils sont en effet la lie de l’humanité. La nouvelle recrue Starlight l’apprend à ses dépens lorsque The Deep, un erstaz d’Aquaman, l’agresse sexuellement dès son premier jour. « Un rite de passage. » Si la scène est moins cash que dans le comics, elle n’en reste pas moins traumatisante. Les Boys du titre sont un groupe d’humains, mené par Butcher (Karl Urban) et prêt à tout pour exposer le vrai visage des super-héros, ou alors… leur défoncer la tronche !

La série suit en parallèle Starlight chez les Seven et Hughie chez les Boys, et se révèle, sous ses punchlines irrévérencieuses et ses éclats sanglants, une réflexion percutante sur la figure du super-héros. Une réflexion et déconstruction que devrait poursuivre, plus en profondeur, la nouvelle adaptation et suite spirituelle de Watchmen, à la rentrée sur HBO et OCS.