«Black Mirror»: Les faits divers à (re)lire qui prouvent que le futur est déjà là

VIRTUEL Les épisodes de la saison 5 de « Black Mirror » résonnent étrangement avec des faits divers récents

Clément Rodriguez

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Extrait de l'épisode «Striking Vipers», centré sur la réalité virtuelle
Extrait de l'épisode «Striking Vipers», centré sur la réalité virtuelle — Netflix/Pedro Saad
  • La saison 5 de Black Mirror est disponible sur Netflix.
  • Trois épisodes composent cette nouvelle saison, dont les thèmes sont la réalité virtuelle, les objets connectés et les réseaux sociaux.
  • Il suffit de replonger dans quelques faits divers récents pour se rendre compte que la réalité dépasse déjà la fiction.

Vite, vite, il est temps que cette journée de travail se termine pour se ruer sur Netflix . Depuis ce mercredi 5 juin, la saison 5 de Black Mirror est arrivée sur la plateforme de vidéo à la demande. L’occasion de découvrir trois nouveaux épisodes qui s’installent dans un futur (très) proche pour faire frémir de peur les internautes.

Réalité virtuelle, assistants vocaux, réseaux sociaux, les thèmes abordés s’approchent toujours du danger des dernières technologies. Mais, comme vous allez le voir avec les faits divers qui suivent, la menace du virtuel prend peu à peu le pas sur le monde réel.

« Striking Vipers »

Le pitch : dans le premier épisode de cette cinquième saison, nous faisons la connaissance de deux vieux amis de fac qui se retrouvent dans la réalité virtuelle de leur jeu vidéo préféré. L’un est en couple et a un enfant, tandis que le second est célibataire et coureur de jupons. Alors qu’ils jouent ensemble, les deux héros vont peu à peu faire plus ample connaissance à travers l’écran.

Alors que l’on pourrait penser le domaine du jeu vidéo plutôt sans danger, le monde réel nous a prouvé le contraire à plusieurs reprises. On se souvient par exemple de cette sordide histoire, où une jeune femme avait été agressée sexuellement au cours d'une partie du jeu de réalité virtuelle QuiVR. À travers son casque, la joueuse avait vu un homme frotter virtuellement sa poitrine et son entrejambe. Un traumatisme pour elle, qui s’identifiait à son avatar, et qui a donc ressenti l’agression comme si elle s’était produite dans le monde réel.

« Smithereens »

Le pitch : un chauffeur de VTC londonien provoque une crise internationale lorsqu’il kidnappe un employé travaillant pour un grand réseau social dénommé Smithereens. L’homme, qui semble hanté par l’emprise des réseaux sociaux sur nos vies, ne veut qu’une chose : parler au grand patron de cette entreprise.

Cet épisode a pour particularité de ne pas se dérouler dans le futur, mais bien à notre époque actuelle, en 2018 pour être exact. Pour le chauffeur de VTC, personnage principal de l’histoire, nous sommes happés par les réseaux sociaux, le regard toujours fixé sur nos écrans plutôt que sur le monde qui nous entoure. Cette nouvelle manière de vivre est source d’inquiétudes pour les spécialistes. On a notamment appris que le risque de développer des symptômes dépressifs augmente de 50 % chez les adolescentes qui passent plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux. D’autres personnes alertent sur les effets négatifs des technologies sur la santé. Chez les adolescents, cible privilégiée des harceleurs, la prolifération des applications anonymes est un danger pour leur sécurité. Autant d’exemples qui montrent que Black Mirror n’est peut-être plus si en avance que cela sur son temps.

« Rachel, Jack et Ashley Too »

Le pitch : une ado solitaire se prend de passion pour une poupée robotisée inspirée d’Ashley O, sa chanteuse préférée, alors que la vie de la vraie starlette s’effiloche peu à peu. Avec son air très enfantin, cette poupée peut tenir une véritable discussion et interagir de manière naturelle avec les utilisateurs.

Cette situation, qui met presque les hommes et les robots sur un pied d’égalité, est l’objectif que veulent atteindre in fine les ingénieurs qui se cachent derrière les assistants vocaux. Pour cela, certains employés d’Amazon dépasseraient la limite de la morale. Le 11 avril dernier, Bloomberg révélait que des milliers d'employés d'Amazon écoutaient les conversations des utilisateurs de son enceinte intelligente Alexa. Le but : traiter les données recueillies pour améliorer son assistant vocal. « Nous n’annotons qu’un échantillon extrêmement limité d’enregistrements vocaux » avait expliqué l’un des porte-paroles d’Amazon à l’époque. Toujours est-il que c’est la preuve que derrière les machines se cache toujours un humain.