«Game of Thrones», l'épisode qui a changé ma vie: «Les vents de l'hiver» m'a révélé ma sociopathie

OH MON GOT On a (presque) tous un épisode de la saga qui a bouleversé notre existence. La rédaction de « 20 Minutes » témoigne

Clio Weickert

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Cersei guette.
Cersei guette. — Copyright HBO
  • « Game of Thrones » s’achève avec une saison 8 très attendue par des centaines de millions de fans.
  • La série a eu un retentissement mondial mais aussi des impacts pour chaque spectateur.
  • Les journalistes de « 20 Minutes » racontent quel épisode a bouleversé leur vie, et pourquoi. Aujourd'hui, on vous parle de «The Winds of Winter».

« Je me souviens, c’était un lundi, il y avait cet épisode de Game of Thrones… » Combien de souvenirs sont rattachés à un moment précis de la saga de HBO ? Multipliez les centaines de millions de fans par tous les épisodes de la série (bientôt 73), et vous aurez une vague idée.

Phénomène culturel à l’impact mondial, Game of Thrones a aussi eu des répercussions sur les vies de chaque fan. Durant la diffusion de la saison 8 de la série, la rédaction de 20 Minutes se livre. Chaque jour, l’un(e) d’entre nous raconte comment un épisode a changé sa vie.

Aujourd’hui, je vous raconte comment Les vents de l’hiver a changé ma vie, malgré les chants d’enfants qui donnent envie de mourir (façon de parler).

La page blanche

Bon, pour être honnête, cet épisode n’a pas changé ma vie. J’ai menti. Il n’y a pas eu un avant et un après Les vents de l’hiver, je ne suis pas une nouvelle personne depuis, Game of Thrones n’a pas fait de moi une créature meilleure, ou pire. Enfin je ne pense pas. Néanmoins, cet épisode m’a apporté un éclairage supplémentaire sur l’existence et sur ce qu’est vraiment l’être humain. Spoiler : une ordure.

Avant de revenir sur ce constat terrible, j’ai aussi dû me prendre la platitude de ma vie en pleine face. En fait, si vous voulez tout savoir (ce qui est probablement le cas sinon vous auriez déjà décroché), je pensais que l’idée originelle de cet article était de raconter son épisode préféré. Exemple : « Cet épisode est vraiment trop bien parce que Cersei tue tout le monde et Jon devient chef ». Comme ça, ça a l’air chiant, oui, mais dans ma tête j’y mettais un suspense de dingue. Bref. Mais quelle ne fut pas ma stupéfaction (il m’arrive de surréagir), d’apprendre qu’en fait je devais expliquer ce que cela avait changé dans ma vie et/ou dans quelles circonstances extraordinaires j’avais regardé cet épisode. Et là, page blanche.

Car si j’ai découvert la série après m’être éclaté la cheville un soir de Nouvel an aviné (mauvais karma) et après avoir passé six heures aux urgences un 1er janvier, seule, dans le froid et pleurant toutes les larmes de mon corps, mon expérience avec GoT s’est poursuivi très classiquement : seule devant mon écran. Et ce, quasiment chaque lundi de lendemain de diffusion d’un nouvel épisode, depuis cinq ans. Une vie aussi prévisible et palpitante qu’un burger au poisson pané. Et encore. Il en va donc de même pour cet épisode que j’ai aimé mais qui n’a pas changé ma vie. Mais c’est bien parfois la solitude. Et la routine. Et puis c’est important de se donner rendez-vous à soi-même régulièrement. Non ?

Meurs meurs meurs

Sinon, pour ceux que ça intéresse, revenons à cette histoire de Vents de l’hiver. Pour faire court : le Grand Moineau, une espèce de gourou illuminé et tyrannique, fait la misère à Port-Réal, et en particulier à Cersei. Mais Cersei en a marre, et comme elle y va rarement par quatre chemins, elle fait tout péter. Ses sbires, tous âgés entre 6 et 10 ans (des enfants travaillent pour elle, oui) mettent le feu aux souterrains de la ville, et le grand septuaire de Baelor, une sorte de salle des fêtes où le Grand Moineau et tous les gens de sa secte organisent un procès terrible, explose. Beaucoup de méchants meurent, mais aussi des gentils, comme Margaery, la femme de Tommen, le jeune roi, fils de Cersei. Dans la foulée, Tommen se suicide. Un épisode haletant, où chaque événement succède à l’autre comme un déferlement de dominos, le tout sur une musique dramatique à souhait, qui a pour seul défaut des chants d’enfants assez insupportables (pour ceux qui n’aiment pas les chants d’enfants).

Et le plus jouissif dans cette histoire ? Bien évidemment le fait qu’un nombre incalculable de personnes meurent broyées sous les gravas, sous d’atroces souffrances, avec des bruits terribles d’os qui craquent (j’exagère un peu). L’épisode est si bien fait que l’on se projette à la place de Cersei qui observe de haut le carnage qui se déroule à ses pieds, en prenant le même plaisir de revanche. Rappelons tout de même qu’en plus de coucher avec son frère, Cersei est l’un des personnages les plus sadiques et malsains de la série. Le pire ? Même le suicide de son enfant procure une certaine forme de plaisir, dans le sens où la défenestration de Tommen apporte un élément dramatique aussi soudain qu’inédit. Quant à cette pauvre Margaery, tant pis, finalement sa vie valait nettement moins qu’une scène de destruction massive. Diffusé le 26 juin 2016, The Winds of Winter aura donc mis trois ans à me faire comprendre que je ne suis qu’un être humain assoiffé de sang, de cris et de douleurs, porté par un esprit de revanche qui n’est même pas le mien.

Conclusion de cet article qui, à la base, devait être un chouette projet : ma vie est plate et prévisible, et je suis un monstre hautement influençable. Merci Game of Thrones, du coup je ne suis pas mécontente que ça se finisse.