VIDEO. Adam Scott:«Le nouveau "The Twilight Zone" joue toujours plus avec l'esprit du spectateur»

INTERVIEW Anthologie incontournable de la SF, «The Twilight Zone», alias «La Quatrième Dimension», revient avec un nouveau «revival» et un remake d'un des ses épisodes cultes, porté par l'acteur américain Adam Scott

Propos recueillis par Vincent Julé

— 

L'acteur Adam Scott joue dans l'épisode «Cauchemar à 30.000 pieds» du nouveau «Twilight Zone», remake d'un des épisodes les plus connus de la série originale.
L'acteur Adam Scott joue dans l'épisode «Cauchemar à 30.000 pieds» du nouveau «Twilight Zone», remake d'un des épisodes les plus connus de la série originale. — Robert Falconer/CBS © 2018 CBS Interactive. All Rights Reserved.

A l’instar des classiques de la littérature, des Isaac Asimov, Richard Matheson et Philip K. Dick, The Twilight Zone de Rod Serling, alias La Quatrième Dimension en France, a, plus que n’importe quelle série, influencé la science-fiction, la science et la fiction. Plus que X-Files, Doctor Who, voire Star Trek. Elle s’est d’ailleurs réincarnée et réinventée au fil des décennies avec La Cinquième dimension dans les années 80, La Treizième dimension dans les années 2000, et un nouveau revival en 2019, toujours intitulé The Twilight Zone aux Etats-Unis mais encore inédit chez nous.

Le service de SVOD américain CBS All Access a mis en ligne les deux premiers épisodes lundi 1er avril, mais les spectateurs français, et surtout lillois, ont pu les découvrir en avant-première à Séries Mania. L’acteur Adam Scott, plus connu pour ses rôles de comédie (Parks and Recreation, The Good Place), avait fait le déplacement pour l’épisode Cauchemar à 30.000 pieds, où un passager d’avion écoute un étrange podcast. Il lui prédit tout ce qu’il se passe dans l’avion, dont son futur crash. 20 Minutes l’a rencontré, les pieds bien sur terre (un peu trop même).

Etiez-vous fan de la série originale des années 50-60 ?

Je suis même un bon gros fan. J’ai découvert The Twilight Zone à 11-12 ans, pendant un été. Comme c’était les vacances, j’avais le droit de veiller plus tard. Nous n’avions pas de poste de télévision à proprement dit, mais j’avais ce petit moniteur noir et blanc de 10 centimètres dans ma chambre, le truc typique des années 80. Tous les soirs à 23h, une chaîne locale repassait la série, et j’attendais religieusement chaque épisode. The Twilight Zone a ouvert mon imagination, travaillé ma curiosité, sur le monde, la fiction…

Avez-vous un épisode favori ?

C’est vraiment l’une de mes séries préférées, mais si je devais en choisir un, je dirais Une curieuse montre [A Kind of a Stopwatch en VO], un épisode de la saison 5. L’histoire d’un homme qui trouve un chronomètre et peut arrêter le temps avec. Et, spoiler, il s’en sert pour s’amuser, se venger, jusqu’à ce que cela se retourne contre lui. C’est génial. Ah, il y a aussi le film The Twilight Zone de 1983 produit par Steven Spielberg et John Landis, je l’ai vu et revu en VHS à l’époque.

Votre épisode est un remake de « Cauchemar à 20.000 pieds », l’un des épisodes les plus connus de la série…

C’est moins un remake, qu’une réimagination. Cauchemar à 20 000 pieds avait déjà eu le droit à un remake dans le film, avec John Lithgow à la place de William Shatner. Mais j’ai fait abstraction de leurs deux performances, j’ai décidé de faire ma version à moi de mon côté, je savais que, jamais, je ne serais aussi bon qu’eux.

Le personnage est finalement assez différent, la situation aussi. Ils ont trouvé une nouvelle manière, plus contemporaine, plus 2019, de créer la peur. Ils jouent avec l’esprit du personnage et donc du spectateur, c’est malin. Ce vieux lecteur MP3 sur lequel il tombe et qu’il écoute, c’est un objet inanimé, ce qui le rend encore plus effrayant.

De Get Out à « The Twilight Zone », Jordan Peele est-il la nouvelle voix du fantastique ?

Il est brillant. J’étais déjà fan de lui à l’époque de sa série de sketchs hilarante Key & Peele sur Comedy Central. Après avoir innové en comédie, il est passé à l’horreur et a révolutionné le genre avec Get Out. Un vrai grand écart. C’est assez dingue quand on y pense, et c’est là son talent, réussir à être à la fois terrifiant et drôle.

Avec tous ces « revivals », seriez-vous intéressé par revisiter l’un de vos rôles, de vos séries ? « Parks and Recreation » par exemple ?

Je pense que Parks s’est terminée de la meilleure manière possible. Nous avons même mis en scène ce fameux revival, en faisant un bond dans le temps lors de la dernière saison pour voir ce que les personnages étaient devenus, dans leur vie, leur famille, leur carrière. Après 125 épisodes, il n’y a plus de raison, ni de besoin, d’y revenir. Mais bon… si le créateur Mike Schur et la star Amy Poehler veulent le faire un jour, tout le monde répondrait présents. (rires)