Séries Mania: «Osmosis», la série française Netflix qui parle d'amour et d'algorithme

DATING On a vu les deux premiers épisodes d'« Osmosis », la première série d’anticipation française produite par Netflix qui se penche sur une intelligence artificielle qui peut trouver l’âme sœur

Anne Demoulin

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Agathe Bonitzer et Hugo Becker sont les vedettes de la série «Osmosis», disponible sur Netflix.
Agathe Bonitzer et Hugo Becker sont les vedettes de la série «Osmosis», disponible sur Netflix. — Jessica Forde/Netflix
  • Après le foireux Marseille et un gentillet Plan cœur, Osmosis est disponible depuis ce vendredi sur Netflix.
  • Dans cette fiction d’anticipation, une start-up met au point une technologie infaillible capable de trouver l’âme sœur de son utilisateur.
  • Alors on swipe à droite ou à gauche cette nouvelle série française « made in Netflix » présentée en avant première au festival Séries Mania ?

Le perfect match mais à quel prix ? Dans la réalité les applis de rencontres  ne semblent plus capables de nous aider à trouver l’amour, mais les créateurs de série fantasment encore sur cet algorithme sachant nous dénicher le partenaire idéal. Comme dans l’épisode Hang the DJ de l’anthologie Black Mirror, Osmosis imagine un futur dans lequel l’intelligence artificielle permet de trouver l’âme sœur, en un rien de temps. Après le foireux Marseille et le gentillet Plan coeur , doit-on se laisser séduire par cette troisième série française produite par Netflix [disponible depuis vendredi] et présentée en avant-première au festival  Séries Mania ? Voici notre « baromètre de la  swipe »

Un profil attirant

Osmosis a tout pour séduire sur le papier. Librement adaptée de la websérie éponyme d’Arte Creative,Osmosis a été développée par Audrey Fouché, qui a fait ses armes sur Les Revenants et Borgia, puis reprise par un pool de scénaristes, réalisée par Julius Berg (La Forêt), Mona Achache (Les Gazelles) et Pierre Aknine (Souviens-toi) et dotée, selon les chiffres d’Ecran Total, de plus d’un million d’euros par épisode. Cette série d'anticipation met en scène Esther, une scientifique et son frère Paul, le dirigeant d’une start-up, campés par Agathe Bonitzer et Hugo Becker, qui ont développé Osmosis, une technologie révolutionnaire, qui permet de trouver l’âme sœur.

Une situation et une plastique séduisante

« Il y a quelque chose de philosophique, de romantique, de platonicien dans l’idée de l’âme sœur C’est très beau ce que cette technologie propose même si on sent des dérives évidentes », commente Agathe Bonitzer. Tout commence lorsque Osmosis accueille son premier groupe de bêtatesteurs, des cobayes prêts à se faire implanter des nanorobots dans le cerveau et à partager leur mémoire, leurs fantasmes et leurs ressentis en échange du « bonheur permanent ». « Le bonheur, on le ressent en comparaison du reste du temps qui est soit indifférent, soit douloureux, un bonheur constant en vrai, c’est juste l’horreur », analyse Agathe Bonitzer. Aimer sans risques, est-ce toujours aimer ?

Le Paris futuriste d’Osmosis a des atouts plastiques évidents. « L’univers esthétique de la série nous a portés. C’est une sorte d’écrin », se réjouit Agathe Bonitzer. Cette fiction met en scène un casting hétéroclite et aborde de multiples sexualités « sans que cela devienne un sujet », se réjouit encore l’actrice.

Un premier rencard décevant

Les deux premiers épisodes de la série s’attardent à décrire les relations compliquées entre Esther et son frère Paul, tous deux névrosés. « On ne soupçonne pas de prime abord, la vie intérieure de Paul, il apparaît comme dur, asocial, visionnaire et intransigeant », explique Hugo Becker. Paul et Esther « sont des personnages tourmentés. Il porte un masque, elle est taiseuse », raconte l’acteur. « J’aime beaucoup le côté sauvage et déterminé d’Esther, son hypersensibilité, souligne Agathe Bonitzer. Elle apparaît comme très réservée, mais on sent qu’elle est borderline ». Le frère et la sœur ont une relation très fusionnelle : « Il y a quelque chose d’un peu équivoque, d’un peu étrange dans cette relation », note encore l’actrice. Hélas, on peine à s’attacher à ces personnages, servis par des dialogues ronflants.

Ces deux premiers épisodes débordent de pistes narratives : le mystère de la mère malade de Paul et Esther, la disparition de l’épouse de Paul, les problèmes de trésorerie de Paul, et les réactions violentes d’opposants à Osmosis. A force de se disperser, la série passe un peu à côté de son sujet, à savoir « la façon dont la science et la technologie influencent nos vies et nos comportements, jusqu’à notre intimité la plus profonde. Et à quel prix, sommes-nous prêts à laisser cette influence agir », comme le résume si bien Agathe Bonitzer. Parce que son esthétique, son casting et son côté progressiste nous ont séduits, laissons une chance à Osmosis, et acceptons un second rencard. Mais si la suite n’est pas convaincante, promis, on ira vite draguer une autre série !