Séries Mania: «Dans "Soupçons", on m'a proposé un rôle de blonde hitchcockienne», se réjouit Julie Gayet

INTERVIEW Rencontre avec Julie Gayet, venue présenter à Séries Mania le thriller passionnel « Soupçons », une minisérie en 6 épisodes à découvrir bientôt sur France 3

Propos recueillis par Anne Demoulin
— 
Bruno Debrandt et Julie Gayet dans la série «Soupçons».
Bruno Debrandt et Julie Gayet dans la série «Soupçons». — François LEFEBVRE / FTV / ELEPHANT STORY

La passion est-elle soluble dans le doute ? Dans Soupçons, Julie Gayet campe Victoire, une institutrice qui, à la suite de problèmes de santé, vient se mettre au vert dans son village natal du sud-est de la France avec son mari (Thomas Jouannet) et ses deux enfants. Elle y retrouve Florent (Bruno Debrandt), son premier amour, qui a épousé depuis Marion (Marie Dompnier). Victoire et Florent entame une liaison. Marion disparaît soudainement. Florent a-t-il tué sa femme pour vivre avec sa maîtresse ? Le thriller passionnel Soupçons, minisérie en six épisodes prochainement diffusée sur France 3, était présenté ce lundi à Séries Mania en compétition française. L’occasion de poser quelques questions à la pimpante Julie Gayet.

Comment êtes-vous arrivée sur « Soupçons » ?

C’était une envie de Lionel Bailliu [le créateur de la minisérie] au moment de l’écriture, avec son scénariste Yann Le Gal. Ils m’ont appelée assez tôt, je ne sais pas si c’est courant dans les séries télévisées. Je les ai rencontrés et ils m’ont raconté leur envie de faire un thriller qui mettrait en avant une histoire d’amour et des émotions. Ils ont pensé à moi et c’est plutôt flatteur !

Qu’est-ce qui vous a plus dans le personnage de Victoire ?

Il y a quelque chose d’hitchcockien dans ce personnage. Ce qui est drôle, c’est qu’avant d’être contactée par Lionel Bailliu et Yann Le Gal, mon amie Hélène Fillières, qui joue dans Mafiosa m’avait dit : « C’est fou comme tu fais très blonde hitchcockienne, on ne t’a jamais proposé ce type de rôle ? ». Quand j’ai accepté le rôle, je l’ai appelée pour lui dire : « Tu sais on m’a proposé un rôle de blonde hitchcockienne ! »

A Séries Mania, Laurence Herzberg mise sur un jury volontairement féminin, la place des femmes est-elle meilleure que dans les séries qu’au cinéma ?

Ce n’est suffisant nulle part en réalité ! Même si la France est le pays où il y a le plus de réalisatrices, nous ne sommes pas assez ni dans les séries, ni au cinéma, ni dans l’animation, ni même aux postes de direction dans la presse.

Vous œuvrez activement pour que cela change…

Oui, je fais partie de groupes de réflexion. J’ai envie que les choses bougent. Il faut désormais qu’on se regroupe. J’ai porté Maintenant on agit parce que nous, les comédiennes, avons eu l’affaire Harvey Weinstein. Il fallait vraiment travailler spécifiquement sur les violences faites aux femmes et le harcèlement. Il fallait trouver de l’argent pour les associations sur le terrain qui aident les femmes qui ont eu des problèmes de violences conjugales, de viols, d’agressions ou de harcèlement. Après le ruban blanc porté par Vanessa Paradis aux Césars, on a fait une campagne avec des acteurs. Maintenant on agit, 5050 2020 et Pour les femmes dans les médias avec Laurence Bachman doivent trouver quelque chose pour qu’on soit encore plus fortes, qu’on ne lâche pas ce combat qui a pris tellement d’ampleur. Il ne faut pas baisser la garde.

Avez-vous envie de produire une série ?

Oui ! Je développe quelque chose justement. Cet engouement autour de la série est assez incroyable. On s’en rend compte à Séries Mania, tous les producteurs disent qu’ils manquent de scénaristes, de projets. Sur certains sujets, la série peut ouvrir des portes. J’ai été impressionnée par Le P’tit Quinquin de Bruno Dumont ou Carlos d’Olivier Assayas par exemple. On peut prendre plus de risques, faire des trucs fous… Alors finalement, ça ressemble à ce que je produis.