VIDEO. Avant-première Series Mania : Comment «La Quatrième dimension» a ouvert la voie aux meilleures séries d’aujourd’hui ?

CULTE Avant l’arrivée du reboot de Jordan Peele intitulé « Twilight Zone », comment l’anthologie fantastique « La Quatrième dimension » influence encore les séries comme « Black Mirror » ou « American Horror Story »… 

Anne Demoulin

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Rod Sterling, le créateur de «La quatrième dimension», est décédé en 1975.
Rod Sterling, le créateur de «La quatrième dimension», est décédé en 1975. — REX FEATURES/SIPA
  • Séries Mania, dont 20 Minutes est partenaire, commence le vendredi 22 mars, à Lille. Pour patienter, nous vous parlons des séries présentées en avant-premières au festival.
  • Pour aujourd’hui, voici la série Twilight Zone, le reboot du monument de la télévision américaine La Quatrième dimension, qui arrive bientôt aux Etats-Unis et sera à Séries Mania, à Lille, le 30 mars.
  • Comment la série de SF créée par Rod Serling a influencé les séries actuelles, Black Mirror en tête ?

« La Quatrième dimension est presque immortelle », écrivait le maître de l’horreur Stephen King dans Danse Macabre en 1981. La série de science-fiction culte, créée par Rod Serling en 1959 et intitulée Twilight Zone aux Etats-Unis, ressuscite dans une nouvelle version, avec Jordan Peele, le réalisateur de Get Out, aux manettes. Un reboot présenté en avant-première mondiale le 30 mars au festival Series Mania à Lille, la veille de sa diffusion aux Etats-Unis sur CBS All Access. « Ici, pour une fois, il y avait quelque chose de complètement nouveau et différent […] ouvrant un million de possibilités envoûtantes », poursuivait Stephen King. Comment La quatrième dimension a ouvert la voie aux meilleures séries d’aujourd’hui ?

De la SF qui se réinvente à chaque épisode comme « Room 104 »

Diffusée entre 1959 et 1964 aux Etats-Unis sur CBS, La Quatrième dimension se voulait être la concurrente d’une autre grande anthologie, Alfred Hitchcock présente, sur NBC. Introduite par Rod Serling, chacun des 156 épisodes originaux présente une nouvelle histoire avec de nouveaux protagonistes dans un nouveau décor. Un épisode de La Quatrième dimension suit généralement un homme ordinaire dont la vie bascule dans l’étrange. Le chef-d’œuvre de Rod Sterling préfigure toutes les séries d’anthologies de science-fiction de Black Mirror, à Channel Zero en passant par Dimension 404. Comme les occupants de Room 104, les téléspectateurs ne savent jamais ce qui les attend dans La Quatrième dimension. Sueurs froides garanties ! Brièvement diffusée en France en 1965, la série trouvera son public dans l’Hexagone les mercredis après-midi de TF1 dans Temps X, l’émission des frères Bogdanoff.

De la SF qui aborde des questions morales complexes comme « Westworld »

Pas de pistolets laser comme dans Flash Gordon, ni d’engins comme dans Buck Rogers, ni de complots intergalactiques comme dans Zombies of the Stratosphere, ni de héros enveloppés dans du papier aluminium comme dans Lost in Space, Rod Sterling, qui signe 80 % des scénariis, raconte des histoires hors du monde, dans un superbe noir et blanc, sans effets spéciaux. La série a montré que la télévision pouvait poser des questions morales complexes, des histoires aussi intelligentes et significatives que celles écrites par Arthur C. Clarke ou Isaac Asimov comme Westworld aujourd’hui.

De la SF qui laisse le spectateur sur sa fin comme « Lost »

L’Œil de l’admirateur (The Eye of the Beholder), Le Soleil de minuit (The Midnight Sun), La Flèche dans le ciel (I Shot an Arrow Into the Air)…. De nombreux épisodes, considérés comme des classiques de ce monument télévisuel, se terminent par un twist, qui tombe comme un couperet et laisse le téléspectateur hanté par 1.000 questions. Ce n’est pas un hasard si J.J. Abrams, le créateur de Lost, se présente comme un fan absolu de La quatrième dimension.

De la SF qui reflète la société comme « Black Mirror »

Rod Sterling a choisi de se lancer dans le fantastique afin d’échapper à la censure omniprésente dans les médias d’une Amérique qui sort à peine du maccarthysme. Sous couvert de science-fiction, La quatrième dimension dresse le portrait d’une société, l’Amérique des années 1950 et 1960, en proie à la peur du nucléaire, lancée dans une coûteuse conquête spatiale et où la chirurgie esthétique commence à faire des ravages. Au final, le format fantastique ou horrifique permet de questionner la nature humaine comme le fait actuellement Black Mirror.

De la SF qui ressuscite comme « Star Trek » avec « Star Trek Discovery »

La série est devenue si populaire qu’elle a donné naissance à long-métrage en 1983 (un film à sketchs réalisé par Steven Spielberg, John Landis, Joe Dante et George Miller), une série radiophonique, un comics, un magazine, et plusieurs spins-off : La Cinquième dimension en 1985, une série de 110 épisodes dont certains réalisés par des pointures comme William Friedkin ou Wes Craven, puis La Treizième dimension en 2002, présentés par Forest Whitaker. La Quatrième dimension est devenue un de ces objets télévisuels cultes qui a donné naissance à toute une saga comme Star Trek ou Doctor Who. Le passager paranoïaque de Cauchemar à 20000 pieds (Nightmare at 20.000 Feet) ou le monde postapocalyptique de Question de temps (Time Enough at Last) font partie des références classiques de la pop culture.

De la SF qui se paye un casting cinq étoiles comme « American Horror Story »

Robert Redford, James Coburn, Robert Duvall, Peter Falk, Buster Keaton, Dick York, Lee Marvin, Ron Howard, Dennis Hopper, Martin Landau, William Shatner, Sydney Pollack, Agnes Moorehead, Burgess Meredith,… La série originale a accueilli de nombreux guests stars. Une recette reprise par les séries d’anthologies actuelles comme American Horror Story. John Cho, Sanaa Lathan, Kumail Nanjiani, Adam Scott, Allison Tolman, Greg Kinnear, DeWanda Wise, Tracy Morgan, Jessica Williams, Taissa Farmiga, Rhea Seehorn, Luke Kirby, Ike Barinholtz, Steven Yeun, et Jacob Tremblay sont attendus dans les dix épisodes du reboot. Alors « Préparez-vous à entrer dans la Quatrième Dimension… », comme disait Rod Sterling.