«Umbrella Academy» est un condensé de pop culture

SORTIE Avec son esthétique vintage et ses tubes pop à chaque épisode, Umbrella Academy est un condensé des tendances du moment...

Anaïs Bordages

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«Umbrella Academy» sera sur Netflix le 15 février 2019.
«Umbrella Academy» sera sur Netflix le 15 février 2019. — Christos Kalohoridis/NETFLIX

Tiens, une nouvelle série de super-héros vient de sortir sur Netflix : on doit être mardi. Adaptée d’une série de comics créée par Gerard Way, Umbrella Academy raconte l’histoire d’une fratrie de superhéros, tous nés le même jour dans des circonstances étranges et adoptés par un milliardaire. Après avoir été fâchés pendant des années, ils et elles se retrouvent à l’âge adulte pour l’enterrement de leur père… et doivent soudainement sauver le monde de l’apocalypse. Disponible sur Netflix depuis ce vendredi, la série reflète beaucoup de tendances présentes dans la pop culture actuelle. Petit tour d’horizon.

Un casting diversifié

Au casting, on retrouve Ellen Page, révélée par Juno, et Robert Sheehan, aperçu dans la série Misfits… mais aussi Mary J. Blige, ainsi que des acteurs moins connus comme Emmy Raver-Lampman ou encore David Castañeda. Et c’est peut-être là un des meilleurs atouts de la série : son casting très inclusif, reflet de la société d’aujourd’hui. Ce casting représente un changement de taille par rapport aux comics, comme l’a expliqué Jeremy Slater, le scénariste de la série, au Hollywood Reporter : « c’est quelque chose dont on a beaucoup parlé, parce que dans les livres tous les personnages de la fratrie sont blancs ».

Le créateur de la série Steve Blackman avait ajouté : « Le vrai monde est diversifié et inclusif, et cette famille l’est aussi. » Umbrella Academy rejoint donc Sex Education, The Good Place, Crazy Ex Girlfriend ou Killing Eve, des séries qui ne parlent pas forcément de représentation à chaque épisode, mais pour lesquelles l’inclusivité est naturelle et ne paraît pas forcée.

Un répertoire pop infini

Au bout de quelques épisodes d’Umbrella Academy, une tendance commence à se dégager : la série multiplie les séquences très pop, souvent lors de scènes d’action, rythmées par un gros tube de pop ou de rock. Ça commence dès le pilote avec I Think We’re Alone Now de Tiffany, et ça continue avec Run Boy Run de Woodkid ou encore Don’t Stop Me Now de Queen.

On a aussi droit à un peu de Nina Simone, The Kinks ou The Doors… Bref, une bande-son très pop et vintage qui vient donner du rythme à la série, et nous rappelle d’autres séries récentes qui se sont amusées à dégainer des tubes bien sentis : Sex Education, Legion, The Handmaid’s Tale ou The Marvelous Mrs Maisel, pour ne citer qu’elles.

Une esthétique léchée et des costumes vintage

La mère des héros dans «Umbrella Academy»
La mère des héros dans «Umbrella Academy» - Netflix

Les années soixante ont toujours exercé une forte fascination culturelle, mais depuis Mad Men, les costumes vintage sont partout dans les séries. On les a retrouvés dans des séries d’époque, comme The Marvelous Mrs Maisel, mais aussi dans des séries volontairement anachroniques comme Legion ou Sex Education.

Umbrella Academy n’y échappe pas : les personnages ont beau avoir grandi dans les années 1990, leurs uniformes d’écoliers semblent tout droit sortis d’une autre époque, tout comme le diner dans lequel se déroule une bonne partie de l’intrigue. Sans parler de la figure maternelle des héros, qui est en fait un robot créé à l’image d’une mère au foyer des années 1960. Comme pour Legion, l’esthétique vintage de la série est ici utilisée pour créer un effet étrange : derrière son apparence lisse, ses boucles blondes parfaitement coiffées et ses tabliers vintage, la mère des superhéros est plutôt présentée comme une figure mélancolique et inquiétante.

Une famille dysfonctionnelle

Une fratrie hantée par son trauma, un frère addict que personne ne prend au sérieux, une immense maison vide et un peu flippante… Umbrella Academy évoque forcément d’autres histoires de superhéros et de mutants, notamment X-Men. Mais au cours des épisodes, la série se préoccupe moins des superpouvoirs respectifs des personnages que du traumatisme occasionné par leur enfance hors du commun.

Un traumatisme exploré à travers de nombreux flash-backs, souvent émouvants. C’est pourquoi on lui a aussi trouvé une forte ressemblance avec The Haunting of Hill House, œuvre poignante sur l’horreur du traumatisme familial.

Des méchants sympas

Les méchants d'«Umbrella Academy»
Les méchants d'«Umbrella Academy» - Netflix

Les deux méchants de la série, incarnés par Mary J. Blige et Cameron Britton, sont de dangereux tueurs. Mais ils sont aussi un peu maladroits, parfois réticents à faire leur travail, et commettent régulièrement des erreurs, ce qui entraîne tout un tas de disputes censées apporter un élément humoristique à la série. Or, la figure du méchant maladroit ou attachant est très récurrente dans la pop culture, de Pulp Fiction à Buffy. Ajoutez à ça les masques d’animaux que portent les deux personnages, et ça donne des méchants pas franchement originaux.

Des épisodes plutôt longs

Netflix est une plateforme très réputée pour sa grande souplesse avec les créateurs, et notamment pour ne pas trop les brimer niveau longueur… Ce qui peut parfois donner des séries qui traînent un peu vers le milieu de la saison. Alors qu’il fut un temps où les longueurs d’épisodes étaient très réglementées, souvent entre 40 et 50 minutes pour les séries de network, les règles sont en train d’évoluer. Il est désormais de plus en plus fréquent de trouver des drames avec des épisodes de 20 minutes (Homecoming), d’autres de plus d’une heure (la future saison de Game of Thrones), ou les deux à la fois (Maniac). Les dix épisodes d’Umbrella Academy, eux, durent une heure chacun. A vous de voir si la série vous tente quand même !