«Mike»: «Je me suis retrouvé le sexe à l’air dans le 14e, à 7 heures du matin», s’amuse Max Boublil

INTERVIEW Rencontre avec l’humoriste Max Boublil, auteur et interprète d’une série pour OCS, intitulée « Mike »…

Propos recueillis par Anne Demoulin

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Max Boublil interprête le rôle-titre dans «Mike».
Max Boublil interprête le rôle-titre dans «Mike». — Cécile Rogue
  • L'humoriste Max Boublil et l'ex-auteur des Guignols de l'info Frédéric Hazan signent une fiction originale pour OCS, intitulée Mike
  • Dans ce 10x26 minutes diffusé à partir de ce jeudi, ils campent respectivement un chanteur has been et son ex-manager.
  • 20 Minutes a rencontré Max Boublil au dernier festival de La Rochelle.

Une comédie loufoque sur un loser magnifique. Ecrite et interprétée par l’humoriste Max Boublil et son compère l’ex-auteur des Guignols Frédéric Hazan, la série Mike, diffusée à partir de ce jeudi à 20h40 sur OCS Max et disponible en intégralité sur OCS Go, suit les tribulations d’un chanteur has been qui vit avec son ancien manager, devenu chauffeur Über. Mike court après la célébrité, qu’il n’a connu que le temps d’un tube, mais aussi après son ex avec laquelle il partage la garde de sa fille de 11 ans. Le hic ? Mike a le chic pour tout gâcher.

Portée par une intrigue trop prévisible et servie par un humour aussi régressif que trash, Mike vaut le détour pour les réjouissantes apparitions de ses très nombreux guest stars. 20 Minutes a rencontré Max Boublil au dernier Festival de la fiction TV de La Rochelle.

Comment est née l’idée de la série « Mike » ?

A la base, j’avais écrit un genre de nouvelle qui parlait d’un chanteur un peu has been qui court après le succès mais surtout, après sa famille. J’en ai parlé à Frédéric Hazan. Il m’a dit : « C’est une super idée de série, viens, on la développe ». On a écrit cette série dans notre coin, dans les troquets, tous les jours. Et puis, je lui ai dit : « Tu te rends compte, ça fait six mois qu’on écrit, on ne gagne pas une thune, et on est même pas signé ! ». Généralement, les gens ne développent pas de série seuls dans leur coin, là, on avait six épisodes dialogués ! On les a montrés à Kabo Family [les producteurs de Scènes de ménages] et ils ont été tout de suite emballés.

Comment décririez-vous votre personnage, Mike ?

C’est avant tout un papa, qui aime par-dessus tout sa fille. Ses mauvais choix l’ont entraîné dans la mauvaise direction et il les paye aujourd’hui. Il est mû par de bons sentiments et a envie de faire les choses bien, mais il fout tout en l’air dès qu’il touche à un truc.

C’est un antihéros, comme les autres personnages de la série…

Plus que les Superman avec leurs capes, j’aime les mecs qui voient quelqu’un dans un immeuble en flamme, qui ont envie de le secourir, mais qui vont se casser la gueule en montant les étages. Je voulais prendre un mec qui est vraiment au plus bas, son père est au plus bas, sa mère aussi… Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, mais ce sont des gens bienveillants. Tous mes personnages ont fait des mauvais choix. Ils se sont retrouvés à faire de la merde, et se retrouvent dans la merde. Je ne sais pas si le mot « merde » est bien choisi pour la presse écrite ? (rires) J’ai beaucoup d’empathie pour ces personnages parce qu’ils veulent faire le bien, mais font quand même de la merde.

Vous avez donné de votre personne pour ce rôle avec ce magnifique « full-frontal » en scène d’ouverture…

Il y a beaucoup de scènes d’amour, parce que Mike est un queutard. Dans cette première scène, il se retrouve à poil à courir après sa femme qui vient de le surprendre avec une autre. Quand on l’a tournée, je me suis retrouvé le sexe à l’air dans le 14e à sept heures du matin, avec des gens qui me demandaient des selfies. Tout d’un coup, j’ai pris la réalité de plein fouet. Putain, c’était drôle de l’écrire cette scène, mais quand on doit la tourner, c’est autre chose. Tourner toute une journée le cul à l’air dans les rues de Paris… Les gens ont été choqués !

Richard Berry, Philippe Katerine, Claire Nadeau, François Rollin, Julien Boisselier, Bruno Lochet, etc. Comment avez-vous réuni ce casting cinq étoiles ?

Les gens ne sont pas venus pour l’argent, mais pour le ton et l’écriture. Des acteurs confirmés qu’on adore, comme Richard Berry, sont venus parce qu’on leur proposait de jouer des personnages hauts en couleur et décalés. Ce n’était pas des copains à nous, mais des gens qu’on voulait sur la série. Richard Berry a accepté parce que cela l’amusait de faire le père de Mike, un mec qui fait de l’hypnose régressive, a une double vie au Maroc et pratique l’amour libre avec sa femme, complètement à l’ouest. Pareils pour Philippe Katherine ou Claire Nadeau, ils ont accepté tout de suite.

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Dans le père de Mike, il y a de mon père et du père de Frédéric Hazan. On ne va pas rentrer dans les détails, parce que ce serait délicat pour la famille. Même si je ne suis pas divorcé et très heureux avec ma compagne et mes deux petites filles, dont je m’occupe très bien, j’ai mis de moi dans Mike. Cet amour paternel, il vient de moi. Le côté maladroit, aussi. Fredéric Hazan est un peu comme Franck, un peu grande gueule et en même temps très tendre, comme il est dans la vraie vie. Bref, on s’est inspiré de ce qu’on avait autour de nous.

Prêt pour une saison 2 ?

On verra d’abord comment la série est accueillie ! Mais s’il y avait une saison 2, on a plein d’idées.