VIDEO. Pourquoi «Sex Education» va rendre accros les ados et leurs parents?

PEPITE Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur « Sex Education », la nouvelle comédie dramatique lycéenne de Netflix avec Gillian Anderson, sans jamais oser le demander…

Anne Demoulin

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Asa Butterfield et Gillian Anderson sont les vedettes de «Sex Education».
Asa Butterfield et Gillian Anderson sont les vedettes de «Sex Education». — Sam Taylor/Netflix
  • « Sex Education » est une nouvelle série, disponible ce vendredi sur Netflix.
  • Gillian Anderson y campe une sexologue et mère intrusive d’un adolescent, puceau et refoulé.
  • Cette série britannique aborde les questions de la sexualité chez l’adolescent probablement comme aucune autre ne l’a fait.

Sans mauvais jeu de mots, on aura rarement été autant excité par une série pour ados que par Sex Education. Cette comédie dramatique lycéenne, créée par Laurie Nunn et disponible ce vendredi sur Netflix est tellement plus que dans la grande majorité des « teens » comédies, qui ne touchent jamais vraiment le sujet. Sex Education renouvelle subtilement le genre, parce qu’elle est à propos, sans être d’actualité, parce qu’elle parle librement de sexualité, sans être lourde, parce qu’elle est tolérante sans être militante. Bref, on frôle le chef-d’œuvre. Pourquoi cette pépite britannique risque de rendre accros les ados, mais aussi leurs parents ?

Gillian Anderson, formidable drôle en mère abusive

Dans Sex Education, Gillian Anderson campe Jean Thompson, une sexologue très réputée et sans tabou, croqueuse d’hommes et mère célibataire intrusive d’un adolescent. Outrageusement sans bornes, elle n’hésite pas à s’informer au hasard du petit-déjeuner des habitudes masturbatoires de sa progéniture. Sans surprise, l’ex-héroïne de X-Files et The Fall est formidable dans les moments dramatiques, mais révèle ici surtout sa force comique.

Asa Butterfield, impeccable en improbable sexologue refoulé

Asa Butterfield, vu notamment dans Hugo Cabret, joue Otis, le fils de Jean, un adolescent de 16 ans, extrêmement intelligent mais aussi profondément refoulé à cause de cet environnement familial un peu trop libéré. Au lycée, son objectif est de passer inaperçu, mais vivre avec Jean lui a donné une compétence inattendue : ce puceau est un expert de la sexualité.

Des personnages secondaires pas stéréotypés

Un don qui n’échappe pas à Maeve (Emma Mackey) qui le convainc d’ouvrir un cabinet de sexothérapie clandestin pour adolescents. Viagra, fellation, MST, avortement ou mutilations corporelles, Otils ne va pas tarder à distiller ses sages conseils à tous ses camarades. Sex Education repose sur sa galerie de personnages. A première vue, ils semblent clichés. Maeve est ainsi la fille rebelle aux cheveux rose, Eric (Ncuti Gatwa), le copain rigolo du héros, etc. Laurie Nunn s’amuse avec ces stéréotypes des teen drama pour les sortir de leur moule. Eric, l’ami d’Otis, est par exemple également homosexuel. Et Sex Education montre comme jamais l’amitié entre deux jeunes hommes, fondée sur la confiance et le respect de l’autre.

Le sexe, traité sans tabou

Soyez averti, les scènes et les propos sur le sexe dans Sex Education sont explicites. La série ne convient probablement pas aux adolescents les plus jeunes. Cette production réussie à aborder avec l’humour cru d’un Big Mouth et la subtilité d’un Masters of Sex un sujet très délicat : l’éducation sexuelle.

Le sexe, traité avec beaucoup d’empathie

Sex Education n’est certainement pas le premier show qui dépeint les adolescents comme de vraies personnes - on pense notamment à Skins -, mais son ambition d’explorer les relations entre jeunes, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles, est rare et responsable. « Les rapports sexuels peuvent être merveilleux. Mais cela peut aussi causer une douleur énorme. Et si vous ne faites pas attention, le sexe peut détruire des vies », explique Jean à un très jeune Otis dans un flash-back. Chacun des huit épisodes aborde un cas, sous la forme procédurale.

Une force comique maîtrisée

En regardant Sex Education, on se dit que la question de la sexualité des adolescents manquait cruellement d’humour anglais. La puissance comique de Sex Education est évidente. Mais qu’un ado puceau et refoulé se révèle un thérapeuthe sexuel accompli est une idée aussi drôle que potentiellement casse-gueule. Mais, comme Otis, la série est toujours empathique et non critique. Dans Sex Education, le sexe n’est pas gratuit. C’est une manière d’explorer qui vous êtes ou ce à quoi vous aspirez.

Un formidable hommage au genre « teen drama »

Sex Education joue avec les codes des films American High School. A la manière de The Breakfast Club de John Hughes, on y trouve des tyrans qui martèlent des casiers en métal et des méchantes filles extrêmement populaires… Le tout dans une série effrontément britannique, tournée au Pays de Galles. Les jeunes y trouveront du réconfort, les plus vieux des clés pour appréhender l’adolescence. Vous savez, cette époque lointaine où vous étiez fans de La Folle Journée de Ferris Bueller