VIDEO. «Plan Coeur» ou plan foireux? On débriefe notre rendez-vous avec l'équipe de la nouvelle série française Netflix

SERIE Après la cata «Marseille», Netflix retente sa chance avec une nouvelle série 100% française...

V. J.

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Zita Hanrot, Sabrina Ouazani, Joséphine Draï, héroïnes de «Plan Coeur», nouvelle série française Netflix
Zita Hanrot, Sabrina Ouazani, Joséphine Draï, héroïnes de «Plan Coeur», nouvelle série française Netflix — Stephanie Branchu / Netflix

Il y a trois ans, Netflix lançait sa première série française originale, Marseille, un de ces accidents industriels et artistiques à côté desquels on ralentit pour voir l’étendue des dégâts. On peut faire un tumblr  aussi. Il y a une semaine, son concurrent Amazon Prime Video répondait avec un Deutsch-les-Landes tout aussi problématique. C’est dans ce contexte de la SVOD du pire que débarque vendredi Plan Coeur, la deuxième série française Netflix et nouvelle création de Noémie Saglio, à l’origine de Connasse  avec Camille Cottin. Le plan du titre, c’est celui imaginé par deux amies (Sabrina Ouazani et Joséphine Draï) pour soutenir Elsa (Zita Hanrot), leur meilleure pote et éternelle célibataire. Elles engagent un escort boy, sans la prévenir bien entendu, sinon c’est pas drôle.

Netflix, le nouvel Eldorado ?

« Ce n’est pas Netflix qui m’a contactée directement, mais le producteur pour me proposer d’adapter l’idée originale d’un auteur britannique, Chris Lang, raconte Noémie Saglio. Ils ont sûrement vu ce que j’avais fait, et se sont dit que cela correspondait à leur ton, leur cible, les jeunes adultes. » Le géant a la réputation de laisser une totale liberté aux créateurs, mais la scénariste et réalisatrice n’a pas vu de différence notable avec ces précédentes collaborations, que ce soit pour le cinéma ou la télévision.

« Ah, si, tu es plus libre sur le casting. » Le cast masculin (Marc Ruchmann, Syrus Shahidi, Tom Dingler, Yvan Naubron) assume d’une même voix avoir été emballé par l’idée d’être sur Netlix, et donc dans des centaines de pays. « Je suis fan de séries et donc de Netflix, ajoute Joséphine Draï. C’était un peu un fantasme de s’y retrouver, mais aussi d’installer des personnages sur la longueur, de faire partie d’une bande. »

Une question d’alchimie ?

L’esprit de bande est clairement ce qu’il y a de plus réussi dans la série. « Quand j’ai écrit les personnages, je ne leur ai donné aucune caractéristique physique ou autre, explique la créatrice. Je voulais voir les meilleures actrices pour les rôles, qu’elles viennent du théâtre, de la pub, du stand-up ou du cinéma d’auteur. » Plan Coeur marque ainsi la première incursion dans la comédie pour Zita Hanrot, séduite par le personnage d’Elsa. Joséphine Draï et Sabrina Ouazani, elles, ont échangé leur rôle le jour de l’audition, et Noémie Sanglio ne s’explique toujours pas comment la sauce a pris d’elle-même : « Je les ai mises toutes les trois ensemble, et elles ne pouvaient plus s’arrêter, c’était fou. Je me suis très bien démerdée » (rires)

Toutes des « Connasse » ?

Mais alchimie ne rime pas toujours avec sympathie, et les héroïnes peuvent être antipathiques, au détour d’une scène (dans une friperie) ou d’une phrase (sur les VTC). « Mais on les aime quand même ?, demande Noémie Sanglio. Oui, elles sont parfois méchantes, gratuitement, pour rien. Mais c’est aussi la réalité, je voulais montrer leurs travers. On le fait souvent avec les mecs, moins avec les meufs. Avec Connasse, on me disait "ah non, une femme méchante, c’est pas possible". Or, tout le monde l’a trouvé super sympa. Les filles ne sont pas trop choux, trop gentilles, elles disent des saloperies, elles peuvent être d’horribles Parisiennes. Et elles ont le droit. »

Les femmes ont-elles besoin des hommes ?

Influencée par les séries Friends et Sex and the City, les rom-com anglaises, mais aussi le film  Crazy Stupid Love « pour son mélange de comédie et d’émotion », Plan Coeur est une série sur les femmes, par une femme (et un homme, le coauteur Julien Teisseire). Noémie Sanglio se dit féministe, mais ne veut pas accoler de label à sa série : « J’ai envie de dépasser les débats, de faire comme si l’égalité homme-femme était intégrée à la société. C’est en montrant tout simplement, que l’on peut aussi faire avancer les choses. »

Dès son premier épisode, le trio d’héroïnes se pose la question : La femme a-t-elle besoin de l’homme pour s’épanouir ? « Elles ont chacune leur idée, commente la réalisatrice, cela peut être aussi les potes, la vie professionnelle, les voyages, ou encore une bite, et oui, peut-être le grand amour. » Sauf que la série les case toutes avec des mecs. « Leurs histoires ne sont pas finies, et leurs couples ne fonctionnent pas forcément. Selon moi, elles ont grandi, mais pas grâce aux hommes, grâce à leur histoire d’amitié. »