«Les Rivières pourpres»: «J’ai travaillé avec des flics comme Pierre Niemans»

INTERVIEW France 2 diffuse ce lundi l’adaptation en série du roman « Les Rivières pourpres » de Jean-Christophe Grangé, déjà transposé au cinéma avec Jean Reno. Rencontre avec Olivier Marchal qui lui succède dans le rôle du commissaire Pierre Niemans…

Propos recueillis par Anne Demoulin
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Olivier Marchal joue Pierre Niemans dans la série «Les Rivières pourpres».
Olivier Marchal joue Pierre Niemans dans la série «Les Rivières pourpres». — Storia Television

Olivier Marchal succède à Jean Reno dans le rôle de l’emblématique commissaire Pierre Niemans. France 2 diffuse ce lundi à 21 heures Les Rivières Pourpres, une série en huit volets créée par Jean-Christophe Grangé d’après son roman éponyme et réalisée par Ivan Fegyveres, Julius Berg et Olivier Barma.

Depuis l’affaire de Guernon au milieu des années 2000, Pierre Niemans a été muté à la tête de l’Office central contre les crimes de sang (OCCS), le capitaine fait équipe avec Camille Delaunay (Erika Sainte) qu’il considère comme sa fille spirituelle. Ensemble, ils sont amenés à résoudre les crimes les plus odieux et avec le moins d’indices. 20 Minutes a rencontré Olivier Marchal au Festival de la Fiction TV de La Rochelle  durant lequel il a présenté en avant-première cette série très attendue.

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’accepter le rôle ?

J’ai lu quasiment tous les livres de Jean-Christophe Grangé et j’avais même un projet d’adaptation d’un de ses romans, La Ligne noire. Quand il m’a proposé le rôle, j’ai accepté sans lire, tout simplement parce que je connaissais l’univers.

Aviez-vous vu également les films adaptés de ses best-sellers ?

Oui, j’ai vu les deux. Je tire une certaine fierté à passer derrière Jean Reno. J’ai revu le premier avant de tourner et je n’ai pas été au bout. Le film a très mal vieilli. Les clichetons sur les flics avec les gardiens de la paix qui ont le képi de travers, le sandwiche, la bière, ça, ça m’a gavé, grave. Jean Reno livre une très belle interprétation parce qu’il est sobre.

Ce n’est pas difficile quand on a vu quelqu’un incarner un rôle de lui succéder ?

Ça ne m’a pas gêné du tout ! J’ai gardé de Jean Reno le côté taiseux du mec, parce que dans les bouquins Pierre Niemans est comme ça. Ivan Fegyveres, qui a été mon assistant sur tous mes films, un mec génial que j’ai fait passer à la réalisation, a donné le ton artistique de la série. C’est lui qui a eu l’idée de me mettre en costume cravate, de me looker un peu, de casser un peu mon image de blouson de cuir. J’ai même accepté d’avoir les cheveux courts !

Pierre Niemans est aussi homme qui a une certaine violence en lui. Ce n’est pas difficile à jouer ?

Je suis un acteur du type « moteur, action, coupé », et voilà. Je joue. Je déteste les acteurs qui intellectualisent tout. Pierre Niemens est un mec torturé, capable d’une grande violence, mais cette violence je l’ai en moi. Je sais la faire sortir quand on me le demande. Elle vient peut-être de mon métier de flic. Je n’ai aucun problème pour l’exprimer et c’est même quelque chose d’assez libérateur. Quand je fais les scènes de bastons de Niemans, après je suis apaisé. On a tous ça en nous, non ? Après, il faut le reconnaître, c’est compliqué à accepter. Ce métier d’acteur nous permet de nous lâcher et c’est bien.

La relation entre Camille Delaunay et Pierre Niemans est ambiguë…

C’est un rapport père-fille. Et en même temps, c’est assez trouble. Niemans est secrètement amoureux d’elle, mais en même temps il sait qu’elle pourrait être sa fille. Il s’interdit ça et c’est ce qu’on a joué avec Erika… On a installé cette relation un peu trouble qu’on peut avoir avec quelqu’un de plus jeune.

Lorsque vous étiez flic, avez-vous croisé des types comme Pierre Niemans ?

Il est une figure de flics à l’ancienne que j’ai connue quand j’ai démarré dans les années 1980. Aujourd’hui, des flics comme Niemens, il y en a plus beaucoup parce que c’est impossible. J’ai travaillé avec des flics comme ça, des mecs supertaiseux, des grands flics, des mecs qui étaient là et qui, en même temps, pouvaient partir au quart de tour, et faire n’importe quoi. Ils avaient leurs lois à eux, leur façon d’agir et de se comporter. Je me suis inspiré des premiers chefs de groupe avec qui j’ai travaillé pour le rôle.