VIDEO. «Channel Zero», la meilleure série horrifique que vous ne regardez pas (alors que c'est Halloween)

HALLOWEEN Depuis trois saisons, la série d’anthologie « Channel Zero » célèbre l’horreur sous toutes ses formes, et la quatrième commence pour Halloween, donc plus d’excuses…

Vincent Julé

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«Channel Zero», la meilleure série horrifique du moment, sur Syfy
«Channel Zero», la meilleure série horrifique du moment, sur Syfy — Universal Cable Productions 2018

De La Quatrième Dimension à The Walking Dead en passant par Les Contes de la crypte ou X-Files, la télévision n’a jamais eu peur… de se faire peur. Rien que pour cet Halloween 2018, le téléspectateur a le choix entre la saison 8 apocalyptique d’American Horror Story, Castle Rock d’après l’univers de Stephen King, ou The Haunting of Hill House, la série Netflix qui fait autant flipper que chialer. Même Sabrina l'apprentie sorcière s’y met. Mais ces séries versent finalement plus dans le fantastique, le drame, l’humour, voire le méta, que dans l’horreur pure. Contrairement à Channel Zero, dont la saison 4 commence mardi à 22 h 35 sur Syfy, pile pour la fête de Halloween. Méconnue du grand public, cette série célèbre l’horreur sous toutes ses formes, en adaptant des creepy pastas. Des quoi ?

« Les creepy pastas sont les légendes urbaines 2.0, des histoires que l’on ne se raconte plus autour d’un feu mais sur Internet, explique Nick Antosca, romancier et créateur de Channel Zero. Elles appartiennent au folklore moderne, et sont le miroir déformant de notre société, ses peurs collectives, ses croque-mitaines, etc. » La creepy pastas la plus célèbre est sans nul doute le Slender Man, à la fois mème et mythe d’Internet, qui s’est déjà invité dans les jeux, les films, les séries et même les pages des faits divers. Lorsque son agent l’appelle pour savoir s’il est intéressé pour adapter Candle Cove, l’histoire d’une étrange émission télé pour enfants, Nick Antosca découvre qu’il existe des milliers d’autres creepy pastas et propose d’en faire une série, une anthologie.

Maison des horreurs, porte mystérieuse, boucher du coin…

« Chaque saison, nous cherchons l’histoire qui a le plus de potentiel, car elles sont souvent courtes, voire très courtes, explique le showrunner. L’idée est donc moins de les adapter littéralement que de les revisiter, les amener dans de nouvelles directions. J’aime présenter la série comme le cauchemar que vous auriez après avoir lu chaque creepy pastas. » La saison 2, intitulée No-End House, montre des amis qui affrontent leurs peurs dans une maison des horreurs, la troisième porte bien son titre Butcher’s Block et fait le lien entre des disparitions et la boucherie du coin, tandis que, dans la quatrième et dernière en date, The Dream Door, apparaît une mystérieuse porte dans la cave d’un jeune couple.

Vous l’aurez compris, Channel Zero n’essaie jamais d’être réaliste, et annonce direct la marchandise. « Nous sommes dans l'horreur, la terreur, le surréel, le cauchemar », affirme Nick Antosca, qui ne se met aucune limite : « Nous avons les demandes habituelles d’une chaîne américaine, à savoir la nudité et l’ultraviolence, mais je ne me suis jamais senti limité ou frustré. Il n’a jamais été question de tomber dans la surenchère, le gore pour le gore, ce n’est pas l’idée que je me fais de l’horreur. »

Traumas cinéphiles

Si Channel Zero plaira aux amateurs de sensations fortes, c’est parce qu’elle fait souvent écho à nos traumas cinéphiles. Le créateur cite ainsi l’écrivain d’épouvante Thomas Ligotti ou le sculpteur français Olivier de Sagazan comme influences, mais aussi et surtout les cinéastes John Carpenter, David Cronenberg, Dario Argento ou Brian De Palma. Nick Antosca lui-même s’apprête à passer du petit au grand écran en adaptant un de ses romans pour le réalisateur Scott Cooper et le producteur Guillermo del Toro.

« Au cinéma comme à la télévision, on vit une période très intéressante pour les auteurs et réalisateurs de genre, confie-t-il. Même s’il ne s’agit pas d’histoires originales, ils trouvent un moyen de se les réapproprier, et d’apporter une vision unique, à l’instar des nouveaux Halloween et Suspiria. » Et de Channel Zero.