VIDEO. «Les nouvelles aventures de Sabrina» sur Netflix: Adieu l'apprentie sorcière, bonjour la reine de l'horreur

HALLOWEEN Oubliez les sorcières apprentie ou bien-aimée, la nouvelle série «Sabrina» verse dans la magie noire, le film d'horreur et l'action féministe...

Vincent Julé

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De «Nouvelles aventures de Sabrina» plus sombres et moins kitsch que la série des années 90
De «Nouvelles aventures de Sabrina» plus sombres et moins kitsch que la série des années 90 — Netflix

Diffusée à partir de 1997, Sabrina, l’apprentie sorcière est tout sauf une série culte, au mieux un plaisir coupable. Une de ces séries, ici une comédie kitsch et inoffensive, devant lesquelles on comatait ou chillait le samedi matin sur France 2. Et surtout, il y avait Salem, le chat animatronique et sarcastique. Mais qui se souvient qu’elle comptait sept saisons (!), faisait suite à un téléfilm avec Ryan Reynolds, et était adaptée d’un comics ? Un comics Archie pour être plus précis, comme la série Riverdale. C’est d’ailleurs le succès de cette dernière qui a poussé Netflix à produire de Nouvelles aventures de Sabrina. La première saison est disponible ce vendredi.

La série n’est pas un reboot

« Je n’ai pas vu la série des années 1990, s’excuse presque Kiernan Shipka, nouvelle interprète de Sabrina après Melissa Joan Hart. Je lui ai parlé rapidement via les réseaux sociaux, histoire d’avoir sa bénédiction. Mais notre série n’est pas un reboot, il s’agit d’une nouvelle adaptation du comics. Je les ai relus, surtout les derniers, pour passer l’audition, je savais donc que le show serait plus sombre, très différent de l’image que les téléspectateurs avaient de cet univers. »

Le scénariste Roberto Aguirre-Sacasa est à l’origine de cette approche plus sérieuse et plus adulte avec le comics Afterlife with Archie, qui lui vaut d’être promu directeur créatif chez Archie Comics en 2013, avant de créer Riverdale et Sabrina pour la télévision.

Sabrina, fais-moi peur

A l’aube de ses 16 ans, Sabrina doit plus que jamais trouver l’équilibre entre sa part humaine et sa part sorcière, son éducation à l’Académie de magie et sa vie au lycée Baxter. « Les références citées par les auteurs et réalisateurs étaient plutôt Rosemary’s baby, L’Exorciste, La Nuit des morts-vivants, des chefs d’œuvre du cinéma d’horreur », explique l’actrice découverte en Sally Draper dans Mad Men.

On peut ajouter une scène tout droit sortie d’Evil Dead et d’autres visions cauchemardesques auxquelles nous ont plus habitué les séries B que les séries ados. « Sabrina est un show horrifique, je crois qu’on peut le dire, commente Kiernan Shipka. Au sens classique du terme. Plusieurs membres du casting ont été surpris de voir jusqu’où la série allait, à quel point elle était effrayante. Lorsque tu joues la scène, tu ne t’en rends pas forcément compte, mais à la projection, il y a eu quelques sursauts. »

La saison des sorcières

Entre les reboots de Charmed et Buffy et le livre de Mona Chollet, Sorcières. La puissance invaincue des femmes (éditions La Découverte), Les nouvelles aventures de Sabrina participe également à la réhabilitation et revisitation de la figure de la sorcière. « Elles ont largement passé l’épreuve du temps, il y a tellement d’interprétations possibles, d’histoires à raconter, réagit la jeune interprète. A de nombreux égards, les sorcières étaient des femmes à qui l’on a fait du tord, elles étaient les premières féministes. »

En écho au traditionnel coven de sorcières, Sabrina et ses amies humaines du lycée fondent ainsi un club WICCA, dont les initiales signifient « Women’s Intersectional Cultural and Creative Association » et dans le but de défendre les droits des femmes. « Sabrina est un personnage engagé, bienveillant, intelligent, affirme Kiernan Shipka. J’espère qu’il servira de modèle à toute une génération de filles. »