Comment terminer une sitcom comme «The Big Bang Theory» en beauté

TELEVISION La bande à Sheldon entame sa 12e et dernière saison ce lundi, aux Etats-Unis...  

Philippe Berry

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Jim Parsons et Mayim Bialik dans la saison 11 de «The Big Bang Theory», avec Mark Hamill en guest.
Jim Parsons et Mayim Bialik dans la saison 11 de «The Big Bang Theory», avec Mark Hamill en guest. — CBS

Quand The Big Bang Theory a débarqué en septembre 2007, George W. Bush était encore président, Netflix envoyait surtout des DVD par la Poste et presque personne n’avait de smartphone. Le monde a bien changé, et la télé aussi. La sitcom de CBS tire sa révérence avec une 12e et ultime saison diffusée à partir de lundi aux Etats-Unis. Elle devrait s’achever au printemps prochain après 279 épisodes. C’est plus que Friends (236), How I Met Your Mother (208) et Seinfeld (180).

Les créateurs, Chuck Lorre et Bill Prady, l’ont répété à plusieurs reprises : ils ne savent pas comment se terminera leur série. « On a la même approche pour cette dernière saison que pour les autres : on n’a jamais planifié aucun arc narratif à l’avance, on écrit juste la prochaine histoire. » Comment satisfaire les fans qui ont investi autant de temps et d’émotions dans une fiction ? « Dans une sitcom, il faut rendre hommage aux personnages et donner au spectateur un sentiment d’apaisement », estime John Vorhaus, auteur du guide d’écriture The Comic Toolbox.

« Happily ever after »

Friends représente l’exemple typique de la fin « conte de fée ». Rachel et Ross terminent ensemble, Monica et Chandler ont des jumeaux, Phoebe épouse Paul Rudd. « C’est une comédie. Les spectateurs ont grandi ou vieilli avec les personnages, ils veulent leur ''happily ever after'' (''Ils se marièrent et vécurent heureux'') », insiste l’auteur. Pour The Big Bang Theory, Penny et Leonard se sont déjà dit oui, Sheldon et Amy aussi, avec la bénédiction de Mark Hamill. Il ne reste pas grand-chose à part avoir des enfants, obtenir un Nobel et réparer l’ascenseur.

De la joie, on passe souvent aux larmes. Car un épilogue, c’est la fin d’une époque. Il est temps de tourner la page, de dire adieu à ses amis (Friends) ou à sa maison, comme Will Smith qui jette un dernier regard avant d’éteindre la lumière dans Le Prince de Bel Air.

Fin controversée pour « Seinfeld »

Faire original, c’est risqué. Le finale de How I Met Your Mother, notamment, a divisé les fans. Ils ont enfin découvert l’identité de la mère, mais il s’agissait d’une fausse piste. De nombreux téléspectateurs se sont sentis trahis, mais pas autant que ceux de Seinfeld : la série s’achève par le procès des quatre amis, qui terminent en prison, coupables d’être des personnes peu charitables.

Twitter n’existait pourtant pas en 1998 mais le clash fut monumental aux Etats-Unis. Ses créateurs ont passé des années à s’excuser. « On avait la pression pour faire les choses en grand, mais la comédie fonctionne mieux dans l’intime », regrettait Jerry Seinfeld l’an dernier. Larry David, lui, a été tellement traumatisé qu’il a juré de ne pas écrire de fin pour Curb your Enthusiasm. Quitte à laisser le spectateur sur sa… faim.