«Kidding»: La toute première série de Michel Gondry brouille les pistes entre comédie et tragédie

Series La série célèbre les retrouvailles entre Michel Gondry et Jim Carrey…

Antoine Irrien

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Catherine Keener et Jim Carrey dans «Kidding».
Catherine Keener et Jim Carrey dans «Kidding». —

Quatorze ans après Eternal Sunshine of the Spotless Mind, Michel Gondry offre un nouveau rôle à Jim Carrey. Dans Kidding, l’acteur canadien incarne Jeff Pickles, ancien présentateur d’une émission pour enfants et véritable icône du petit écran. L’homme est aujourd’hui rongé par un problème familial, au bord de la crise de nerfs, et en proie à la dépression. Le décès de son fils, Phil, le hante. Alors que Jeff tente de faire le deuil, sa femme semble le réaliser d’une tout autre manière avec un nouveau mari. Oui, Kidding n’est pas vraiment marrant. Tout au long du premier épisode, diffusé sur Canal + Séries, les allers-retours entre le présent chaotique et le passé agréable de Monsieur Pickles sont difficiles à cerner dans un pur style gondrien…

Une montée dans l’absurde

Si la première série de Michel Gondry reste avant tout une comédie, cette dernière est fortement marquée par le drame. Un drame divulgué dans un des nombreux flash-back du premier épisode. On y apprend que le fils de Jeff est mort dans un accident de voiture, avant que tout ne se mélange. On voit l’ex présentateur vedette essayer de parler de deuil dans une de ses émissions éducatives. Son producteur, Seb, incarné par Frank Langella, le lui reproche. On le découvre ensuite se lâcher complètement en invitant des enfants à réfléchir sur la mort et en révélant la perte de son fils devant les caméras… Un véritable puzzle que l’on déchiffre et assemble pendant plus d’une demi-heure.

Kidding est sûrement l’une des comédies les plus dramatiques de ces dernières années. Jeff a quasiment tout perdu, dont son ancienne marionnettiste, Deirde, qui n’est autre que sa sœur. Cette dernière traverse également une crise maritale. Il y a quand même quelques moments d’humour et de comédie qu’incarne à la perfection l’autre fils Pickles, Will, jumeau de l’enfant décédé. Mais ces passages sont toujours teintés d’absurde. Comme cette ruche d’abeilles que le jeune garçon tente de cacher dans le coffre de la voiture de sa mère. Ces situations prennent de plus en plus d’ampleur et se révèlent être, petit à petit, la marque de fabrique de la série.

Jim Carrey crève l’écran

Dans cette introduction, on essaye tant bien que mal d’apercevoir une lueur d’espoir pour Monsieur Pickles. Pourra-t-il surmonter toutes ces épreuves ? Quoi qu’il arrive, Jim Carrey a, dès ce premier épisode, crevé l’écran. Cheveux longs, costume loufoque, démarche un peu gauche, un style qui lui va parfaitement. Ses mimiques et son jeu sont tout aussi remarquables. Cette nouvelle association entre l’acteur et Michel Gondry tient une nouvelle fois toutes ses promesses. Le réalisateur français avait d’ailleurs remporté l’Oscar du meilleur scénario original en 2004 pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind avec en premier rôle… Jim Carrey.