«Killing Eve» sur Canal+: Sandra Oh, Jodie Comer, Phoebe Waller-Bridge... Trois femmes pour une série unique

SERIE La chaîne cryptée diffuse jeudi soir la série «Killing Eve», face-à-face génial entre Sandra Oh et Jodie Comer, orchestré par Phoebe Waller-Bridge...

Vincent Julé

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Jodie Comer et Sandra Oh, face-à-face génial et drôle dans la série «Killing Eve» présentée à CanneSeries
Jodie Comer et Sandra Oh, face-à-face génial et drôle dans la série «Killing Eve» présentée à CanneSeries — BBC America

Malgré son absence au palmarès, Killing Eve a dominé la sélection du premier CanneSéries en avril dernier. Renouvelée pour une saison 2 avant même sa diffusion sur BBC America, la série était donc très attendue, moins pour son pitch a priori simpliste (un jeu du chat et de la souris entre une agent du MI5 et une tueuse) que par les talents engagés : les actrices Sandra Oh et Jodie Comer, et la créatrice Phoebe Waller-Bridge. Canal + commence la diffusion des huit épisodes de la saison 1 jeudi soir en prime, l’occasion de revenir avec ces trois femmes sur une série prenante, tordue, drôle… unique ?

Sandra Oh, le retour

«Je préfère ne pas parler de Grey's Anatomy, je suis là pour Killing Eve Ok, le ton est donné. Après dix ans au Seattle Grace Hospital, l’actrice est clairement passée à autre chose, même si elle s’est faite plutôt rare sur les petit et grand écrans. On se souvient surtout de sa participation à la saison 3 de la méconnue American Crime. « Je n’étais pas à la recherche d’un nouveau premier rôle dans une série de network, explique-t-elle. Mais je n’y étais pas fermée totalement non plus. » Et Killing Eve est arrivée.

« Dès la première page de script, j’ai su que ça allait être fou, excitant, jamais ennuyeux, confie l’interprète de l’agent Eve Polastri dans la série. Vous lisez tellement de projets, regardez tellement de séries, il est parfois difficile de faire la différence, mais là, il y avait une voix unique, un esprit frais, et même frondeur. Le genre d’histoires que l’on voit de moins en moins au cinéma, et de plus en plus à la télévision. » Sandra Oh livre une belle performance, « complexe et sauvage », ajoute Phoebe Waller-Bridge, qui n’aurait pas été possible sans l’alchimie avec sa partenaire à l’écran, Jodie Comer.

Jodie Comer, la révélation

A dire vrai, il s’agit plus d’une confirmation qu’une révélation, car les amateurs de séries britanniques ont déjà pu se rendre compte du talent caméléon de Jodie Comer dans Doctor Foster et Thirteen. « Villanelle est loin des stéréotypes de l’assassin, commente la comédienne de 25 ans. Elle n’utilise par exemple jamais sa sexualité, elle n’est pas une femme fatale au sens traditionnel du terme, elle a du charisme mais aussi un côté bizarre. » C’est le moins que l’on puisse dire, son personnage est tour à tour insaisissable, dangereux, hilarant et même touchant.

« La comédie, c’est comme la danse pour moi, meilleur est ton partenaire, meilleur tu deviens, raconte Sandra Oh. C’est ce que j’ai ressenti avec Jodie. Notre première scène ensemble était longue de neuf pages, très difficile à jouer, mais Jodie a cette chaleur, cette humanité pour te mettre à l’aise, à mille lieues de son personnage. Même si je pense que l’on retrouve de cette humanité dans Villanelle, et c’est ce qui fait sa particularité. » Selon la créatrice de Killing Eve, Jodie peut changer la température d’une pièce en une ligne de dialogue, « c’est impressionnant ».

Phoebe Waller-Bridge, là où on ne l'attend pas

Si cette rencontre a été possible, c’est grâce à Phoebe Waller-Bridge. Après la série multi-récompensée et très personnelle Fleabag, elle revient avec un projet qui peut paraître plus classique, plus genré. « Je ne me suis pas dit "tiens, je vais faire un drame et après, je ferais une série d’espionnage", explique la scénariste. C’était quelque part en moi, et même si le cadre est déjà vu, il a fallu faire du neuf. Je ne revendique d’ailleurs aucune influence sur Killing Eve. »

La série reste ainsi à l’image de sa créatrice, à la fois enlevée et profonde. Car il ne s’agit pas seulement de la rencontre entre une espionne et une tueuse, mais aussi entre deux femmes, deux générations, deux mondes. Je voulais être le plus réalise dans le portrait de ces deux êtres, détaille Phoebe Waller-Bridge. Montrer leur intelligence mais aussi leur sottise, comment elles font des erreurs, comment elles s’inspirent, sont l’ombre l’une de l’autre. » Sandra Oh parle d'ailleurs d’un jeu du chat… et du chat.