«House of Cards», «Designated Survivor» ou Donald Trump? La présidence américaine dans tous ses états

POLITIQUE Quand la réalité dépasse parfois la fiction, il est difficile de s'y retrouver...

V. J.

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«House of Cards», «Designated Survivor» ou Donald Trump? La présidence US dans tous ses états
«House of Cards», «Designated Survivor» ou Donald Trump? La présidence US dans tous ses états — Netflix / Disney-ABC / Alex Brandon/AP/SIPA

Entre le livre choc Peur : Trump à la Maison-Blanche et la tribune au vitriol mais anonyme d’un haut responsable de son administration, le président américain est cerné de toutes parts. Quasiment à mi-mandat, Donald Trump traverse une grosse zone de turbulences, et peut-être la présidence la plus difficile que l’Amérique moderne ait connue.

Plus que celles de Frank Underwood et Thomas Kirkman ? En effet, deux autres présidents, fictifs ceux-là, s’invitent dans l’actualité avec le nouveau teaser - et un big spoiler - de l’ultime saison de House of Cards et le sauvetage de Designated Survivor par Netflix. Quand la réalité rattrape la fiction, il est parfois difficile de s’y retrouver.

L’impeachment

Si les Etats-Unis ont déjà connu des procédures d’impeachment, avec Richard Nixon et Bill Clinton, on n’a jamais autant entendu et lu ce terme que depuis l’élection de Trump. A chaque nouveau scandale, la rumeur enfle et les bookmakers s'affolent. Mais la réalité d’une destitution de Trump reste improbable grâce à sa base électorale solide.

Il faut voir comment Frank Underwood passe les premières saisons de House of Cards à placer ses pions, et pousser des gens sous la rame du métro, pour obtenir la démission du président Garrett Walker. Avant d’être lui-même obligé de céder sa place à sa vice-présidente et femme, Claire Underwood, face aux témoignages et révélations sur ces années de manipulations. Même le bien-sous-tous-rapports Tom Kirkman n’est pas à l’abri d’un impeachement, pour sa lutte contre le terrorisme et les libertés accordées à l’agent Wells.

Le piratage informatique

La fausse cyberattaque sur la NSA dans House of Cards, le piratage des serveurs de la NASA dans Designated Survivor… Autant d’intrigues parfois complexes mais toujours premier degré, loin de la complexité et des ramifications de la réalité. Avec le Russiagate et l’ingérence russe dans les élections américaines, la présidence Trump offre un feuilleton d’espionnage digne de John Le Carré. Difficile de résumer l’affaire en un simple « Précédemment dans… », mais 20 Minutes s'y est essayé.

La rencontre au sommet

Tom Kirkman a assez à faire sur le sol américain avec la destruction du Capitole par des terroristes maison pour rencontrer d’autres chefs d’Etat. Il fera au mieux de la géopolitique de comptoir depuis sa Situation Room. Frank Underwood, lui, rencontre plusieurs fois le président russe, Viktor Petrov, pour un bras de fer diplomatique sur la situation au Moyen-Orient. Mais rien de comparable au duel de la poignée de main entre Trump et Macron à Bruxelles, et surtout au sommet Trump-Kim, inimaginable avant l’élection de Trump. La fiction l’aurait d’ailleurs traité comme une parodie, à l’instar des films Team America et L’interview qui tue.

La somme de toutes les peurs

PEUR. Déjà à l’origine du Watergate, le journaliste Bob Woodward annonce la couleur dès le titre de son livre, et fait le portrait d’un Trump inculte, colérique et paranoïaque. La réaction du premier concerné ? « De la pure fiction. » Sauf que dans la fiction, le président ne fait pas peur pour son incompétence supposée ou les mauvaises décisions qu’il pourrait prendre, mais parce que la peur, c’est aussi le pouvoir. Frank Underwood en a fait son programme politique quasi unique, surtout en fin de saison 4 où il utilise l’exécution d’un otage américain par des terroristes à ses propres fins. Sur une idée de sa femme Claire, il déclare littéralement la guerre pour mieux infuser la peur chez les Américains. « Nous ne nous soumettons pas à la terreur : nous créons la terreur. »

La tentative d’assassinat

Si Tom Kirkman et Frank Underwood ont tous deux échappé à des tentatives d’assassinat, respectivement en fin de saison 1 et en saison 4, ils ne sont pas les seuls, dans la fiction (24 heures chrono, Dans la ligne de mire, Angles d’attaque…), mais aussi et surtout dans la réalité. On ne compte pas moins de quatre présidents américains morts assassinés (Lincoln, Garfield, McKinley, Kennedy), au point qu’on a parlé d’une malédiction, la malédiction de Tecumseh pour désigner les présidents élus lors d’une année divisible par 20 et qui ne finissaient pas leur mandat vivant. Heureusement, Ronald Reagan, élu en 1980, est arrivé, et s’il a également été victime d’une tentative, il a survécu à ses blessures. Elu en 2016, Donald Trump est donc à l’abri… Jusqu’en 2020 ? !

Le scandale sexuel

De sa relation avec la journaliste Zoe Barnes au plan à trois avec sa femme et leur garde du corps, en passant par le souvenir de son « ami », pouvoir et sexe sont intimement liés chez Frank Underwood. Et même chez Claire Underwood qui accueille dans sa vie et dans son lit l’écrivain Thomas Yates, avec la bénédiction de son mari. Mais pas de scandale, « juste » des morts. Ça évite qu’il y ait un scandale, tout simplement. Heureusement, dans la réalité, on ne tue pas (trop), on paie (beaucoup). C’est ce dont est accusé Donald Trump, pour deux maîtresses supposées, une playmate et une actrice porno. A suivre en ce moment sur tous les écrans.