«Insatiable», «Plus belle la vie», «13 Reasons Why», ces séries qui font polémique

CONTROVERSE Alors que la série Netflix «Insatiable», est au cœur d’une polémique, retour sur les controverses qu’ont suscité les récentes séries télé…

A.D.

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«13 reasons why»
«13 reasons why» — © tmdb
  • La nouvelle série Netflix Insatiable est au cœur d’une polémique après la diffusion de sa bande-annonce.
  • Depuis qu’elles sont devenues un véritable phénomène de société et parce qu’elles portent un regard sur la société, les séries télé alimentent toutes les conversations des cafés aux bureaux en passant par les cours d’école.
  • Retour sur les polémiques qu’ont suscité récemment des fictions télévisées.

Alors que personne n’a vu un seul épisode d’Insatiable, la série est déjà au coeur d’une polémique après la diffusion de sa bande-annonce. La nouvelle production Netflix, qui sera disponible sur la plateforme le 10 août, suit Debby Ryan, une adolescente en surpoids moquée par ses camarades. Devenue filiforme, la jeune fille décide de se venger de ses camarades. Estimant que ce show encourage le fat-shaming et la grossophobie, et plus de 132.000 internautes ont déjà signé une pétition  demandant l’annulation de la sortie de la série.

Depuis qu’elles sont devenues un véritable phénomène de société et parce qu’elles portent un regard sur la société, les séries télé alimentent toutes les conversations des cafés aux bureaux en passant par les cours d’école. Avant Insatiable, de nombreux programmes se sont retrouvés au cœur de la controverse.

« Confederate », la série sur la délicate question de l’esclavage

A l’instar d’Insatiable, la prochaine série des créateurs de Game of Thrones a fait l’objet d’une polémique alors même que le projet n’est… qu’en développement. Leur nouveau projet, une uchronie intitulée Confederate, imagine que ce ne sont pas les Nordistes, mais les Sudistes qui ont gagné la guerre de Sécession aux Etats-Unis. Conséquence de cette victoire, l’esclavage n’a pas été aboli et est devenu une institution moderne. Au moment où le pitch a été dévoilé en juillet 2017, les commentaires ont été virulents sur les réseaux sociaux. Alors qu’un internaute estime que cette série allait mettre en en scène « un fantasme de suprémacistes blancs.» « Même si Confederate est une critique du racisme de nos jours, avons-nous vraiment besoin d’une nouvelle série sur la souffrance des personnes de couleur, écrite par des hommes blancs ? », s’interroge un autre.

« Plus belle la vie », une audacieuse série populaire

La série phare de France 3 Plus belle la vie, ne cesse de faire parler. La fiction française aborde des sujets de sociétés qui divisent. Depuis plus de 10 ans, elle a notamment affiché son soutien au mariage pour tous, à l’accueil des migrants, montrer les prémices d’un plan à trois et une scène ambiguë sur l’inceste. Récemment, la série a abordé début mars le sujet de la transidentité et a créé un précédent avec le premier acteur transgenre à l’écran, Jonas Ben Ahmed dans le rôle de Dimitri. Un sujet qui a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux en très grande majorité positifs. « Tout est fait pour rendre la démarche de cette jeune fille incompréhensible », avait déploré Anne-Gaëlle Duvochel, qui dirige le Groupe d’étude sur la transidentité. « On essaie juste d’aborder le sujet avec humilité », avait rétorqué le producteur Sébastien Charbit.

« The State », la série controversée sur Daech

Lancée outre-Manche au lendemain du double attentat de Barcelone et de Cambrils, la mini-série de l’ancien reporter de guerre, Peter Kosminsky a divisé la Grande-Bretagne lors de sa diffusion. En quatre épisodes de 52 minutes, The State, diffusée sur Channel 4 au Royaume-Uni et sur Canal + en France, raconte le quotidien de quatre jeunes britanniques dans les rangs de Daesh. Plutôt que de traiter de la radicalisation, le réalisateur débute son récit à leur arrivée à Raqqa, en Syrie.

C’est la première fois qu’une fiction télévisuelle abordait le terrorisme uniquement du point de vue des djihadistes. Le show a été accusé de rendre le djihad « cool » ou « glamour » par certains médias. Le tabloïd Daily Mail a dénoncé « un film de propagande digne de ceux réalisés par les nazis dans les années 1930 pour grossir les rangs des chemises brunes », tandis que le Guardian considèrait cette œuvre dérangeante comme une excellente « vidéo anti-recrutement pour Daesh ».

« Urban Myths », un casting vivement discuté

La série d’anthologie Urban Myths de la chaîne Sky Arts, équivalent privée et britannique de notre Arte franco-allemande, a provoqué une controverse qui a secoué les deux rives de l’Atlantique. Le show met en scène des événements anecdotiques auxquels auraient participé des personnalités célèbres. Selon les dires de Tim Mendelson, assistant personnel d’Elizabeth Taylor au magazine Vanity Fair, Michael Jackson, Elizabeth Taylor et Marlon Brando se seraient trouvés bloqués à New York au lendemain du 11-Septembre, en raison de la suspension du trafic aérien. Ils auraient traversé les Etats-Unis dans une modeste voiture de location pour rejoindre la Californie. Le hic ? Pour camper Michael Jackson, Ben Palmer, réalisateur de l’épisode a choisi Joseph Fiennes, un acteur blanc. De quoi susciter de vives critiques et l’occasion d’invoquer un entretien avec Oprah Winfrey dans lequel le Roi de la pop se déclarait horrifié à l’idée qu’un Blanc l’incarne à l’écran. « On a voulu montrer Michael Jackson en 2001. C’est un véritable défi en termes de ressemblance physique », s’est défendu le réalisateur qui a ajouté que Joseph Fiennes s’était montré le plus convaincant des candidats lors du casting.

« 13 Reasons Why », la série choc sur le suicide des ados

« J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée », lance Hannah Baker dans la première des 13 cassettes qui structurent le récit de 13 Reasons Why. En mars 2017, Netflix créé l’événement avec cette série choc, le suicide des adolescents. Alors que le show bouleverse les spectateurs du monde entier, la production Netflix divise. Si certains voient dans le programme une série éducative qui libère la parole, d’autres s’interrogent et se demandent si la série ne peut pas entraîner un risque d’identification et avoir des effets néfastes sur des personnes fragiles psychologiquement. En réponse à la polémique de la première saison et aux inquiétudes soulevées par la série, Netflix renforce les messages de prévention avant les épisodes, et encore plus pour la deuxième saison. La série a, une fois encore, lancé une discussion d’une ampleur rare sur les réseaux sociaux sur un sujet toujours tabou.